Est-il possible d’avoir un style intemporel ? – Sapristi #11

Temps de lecture : 5 minutes

couverture sapristi 11 média style intemporel

Publié par le 16 décembre 2020

Chers amis, c'est un plaisir de vous retrouver pour le dernier Sapristi de 2020.

Depuis les débuts même de ma passion pour le vêtement, une question m’a toujours obsédé : est-ce vraiment possible d’avoir un style intemporel ? 

Alors, évidemment, on ne parle pas d’un style qui dure 100 ans.

C’est tout bonnement impensable, car en 100 ans la société, se transforme complètement et même les vêtements les plus robustes ne peuvent pas être portés régulièrement sur un siècle.

Cent ans plus tôt, Janvier 1920 à Monaco. Même le style sartorial  n'est pas 100% impérissable (Chaussures, chapeaux, cannes, coupes de vestes...) (Photo by Topical Press Agency/Getty Images)

Cela dit, je pense malgré ce constat, que l'on est tous en droit de vouloir des vêtements qui durent dans le temps. Et pas que du point de vue de l'usure, mais aussi du point de vue du style.

Premièrement, je me souviens en y repensant, de mon objectif lorsque je me suis mis à m'intéresser à la fringue : investir dans de la belle qualité, dans des vêtements bien choisis, pour avoir un style qui s'enrichit et se bonifie avec le temps, plutôt qu'un style qu'on change tous les cinq jours.

Et j'essaye de faire honneur à ma démarche initiale, malgré les changements dans ma propre vie, et les bias évidents induits par ma profession : quand on voit de la fringue, qu'on parle de fringue, et qu'on respire de la fringue 5j/7 pendant cinq ans, on peut se fatiguer plus rapidement que la moyenne de choses qui nous plaisaient à l'origine.

Deuxièmement, je commence à ressentir une dissonance cognitive à laquelle je peine de plus en plus à ne pas prêter d'attention : à quoi ça sert d'essayer de faire la promotion d'une mode plus responsable, plus durable, plus robuste, si on se lasse des fringues en un ou deux ans, avant même qu'elles soient usées ?

Pour toutes ces raisons, je pense qu’à l’échelle individuelle, un des choix les plus forts que l’on puisse faire, c’est de vraiment ESSAYER de son mieux, de se construire un style intemporel. 

Et vous allez voir que la tâche est plus ardue qu'il n'y paraît...

Dans cette vidéo, j'ai décidé d'approcher les choses de façon méthodique : j'ai essayé de compiler un peu toutes les réponses que j'ai vu face à la question "construire un style qui dure dans le temps.

Et de montrer en quoi elles étaient valables, mais aussi les limites des différentes approches. 

La réponse de Jean-Sarto : le clacissime

Si vous êtes amateurs de sape, vous avez tous déjà vu un Jean-Sarto. Ca peut être un influenceur. Un forumeur. Un gars dans les commentaires d'une vidéo . Un ami à vous.

Une chose est sûre : Jean-Sarto ne porte que du classique.

Jean-Sarto vous dit qu'il y a un style, LE style, le style des hommes, le vrai style masculin.

L'unique, l'éternel, le même depuis des décennies.

Le style SARTORIAL.

meme style napolitain

Quand on me parle de l'intemporalité du Sarto, je pense toujours à ce meme, qui me rappelle que pour parler "'intemporalité", il faut aussi considérer si elle s'applique au delà d'une niche de style...

Et les plus extrémistes parmi les Jean-Sarto vous diront même que toutes les autres approches stylistiques sont vouées à l'échec.

Ce qui est intéressant, c'est que l'approche de Jean-Sarto semble à la fois la plus plausible (il est indéniable que le costume existe depuis fort longtemps, et reste encore d'usage), et en même temps, la plus déconnectée de la réalité. 

On expliquera pourquoi dans la vidéo, ce qui nous donnera l'occasion de tenter une distinction entre "l'idée d'un style classique", et l'idée d'un style "intemporel", et pourquoi les deux ne sont pas de purs équivalents.

La réponse ultra-pragmatique : les basiques

Vous avez sans doute déjà remarqué, au fil des années, que les pièces fortes se démodent plus facilement et rapidement que les basiques. 

Doit on en conclure que le meilleur moyen d'être stylé à long terme serait de n'acheter QUE des basiques ?

Après tout, il est raisonnable de penser que des pièces dénuées de "parti pris" de style, seront épargnées par le vieillissement de ceux-ci.

tee levis blanc échancré

Tee le plus "mode" en 2010 contre...

tee blanc vintage represent clo

... Tee le plus "mode" en 2020. Même la pièce la plus simple n'est pas totalement épargnée.

C'est une approche qui se tient, mais elle a des limites que vous devinez peut-être déjà, et que nous aborderons dans la vidéo. Ce qui nous permettra d'ailleurs de développer l'une de ses limites, sans doute celle qui est la plus affectée par les changements de tendance.

A savoir...

La coupe : tendance contre morphologie 

Si vous prenez d'une époque, disons, une décennie ou deux et que vous en analysez le style, vous verrez que les éléments les plus "difficiles à transposer" si on voulait les réutiliser à une autre époque, ce ne sont pas forcément les couleurs, ou bien les designs des pièces et leurs détails, mais les parti pris de coupes.

Et ces coupes sont le résultat des silhouettes idéales qu'amènent les tendances. 

C'est à dire que quand suffisamment de temps passe, l'allure globale, la façon dont on dessinerait "l'homme stylé" en dix coups de crayon, change. 

nicolo bonnegueule skateboard jean et cardigan

Photo datant d'il y a deux ans et demi. Je suis pas mécontent du rendu du jean slim sur moi durant cette période, mais pas mécontent non plus d'en être venu à plus de confort.

Or, le problème de ces idéaux, c'est qu'ils sont généralement assez hégémoniques : ils ne sont pas pensés pour être applicables à tous, à tous les corps, à toutes les morphologies.

Ce qu'il se passe, c'est plutôt que la mode force les différents corps à s'habiller de façon à ressembler le plus possible à la "silhouette idéale de l'époque". Indépendamment d'ailleurs, de si ça leur "va" ou non.

Mais existe-t-il une approche qui permette de libérer son regard des silhouettes idéalisées, et de s'habiller pour le corps que l'on a...?

La réponse de l'artiste : l'inspiration personnelle

Pour la dernière partie avant la conclusion, je parle de la dernière réponse que l'on peut apporter à la question de la temporalité du style.

L'idée est la suivante : si le problème, c'est de s'habiller selon des tendances, pourquoi ne pas s'habiller plutôt selon ses propres goûts, et influences, pour construire son propre univers ?

Ainsi, lorsque la mode changera, ne devrions-nous pas être épargnés par ce vieillissement ?

citation unique

Pardonnez-mon ironie, mais la citation sur fond de paysage, c'était trop tentant.

La réponse est plus compliquée qu'il n'y paraît. Il est évident qu'il y a une part de vrai : plus vous vous axez sur des goûts personnels qui sont hors des tendances, moins vous serez affectés par leur changement.

Mais dans la vidéo je me permets de poser la question suivante : vos goûts "personnels" le sont-ils tant que ça ? 

La réponse de Nicolò (conclusion)

Pour conclure, nous ferons un petit topo des grandes lignes à retenir : une sorte de synthèse de chaque approche, qui nous donne plus ou moins quatre "règles" à garder en tête si l'on veut parvenir à ce qui est selon moi, le véritable graal : aimer ses vêtements longtemps après les avoir acheté. 

Bon visionnage à vous !

Nicolò Minchillo Nicolò Minchillo

Moi, c'est Nicolò. Concepteur-Rédacteur, je suis chez BonneGueule depuis 2015. J'écris évidemment des articles, et je crée des vidéos sur notre chaîne YouTube, telles que "Sapristi" ou encore "Sape m'en Cinq". Le tout avec un certain amour pour le débat, dont je ne me déferais jamais.
À côté de ça, je prête main forte au pôle produit pour qu'on développe des vêtements inspirés, dans de super matières.

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