Dossier : Liverano & Liverano, tailleur italien pour homme

Temps de lecture : 12 minutes

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Si vous vous intéressez à l’univers du vêtement, et en particulier celui du costume, vous avez vraisemblablement déjà dû entendre parler d’Antonio Liverano.

ponte vecchio florence

Cette histoire se passe à Florence...

Sa médiatisation sur Internet est intimement liée à celle de l’excellente équipe The Armoury à Hong Kong.

Ces trois entrepreneurs ont mis en lumière, via de magnifiques photos notamment, le travail des meilleurs artisans mondiaux du vêtement masculin. C’est également eux qui ont produit le film documentaire I Colori Di Antonio.

On va donc vous parler de ce très grand nom de l'art tailleur italien, à travers ce fameux documentaire. Attention les yeux, bienvenue en Italie, action !

Liverano & Liverano, les hommes derrière l'atelier

Itinéraire d'un autodidacte prodige

Le documentaire est construit autour de Liverano. Il a rejoint Florence à l’âge de 20 ans pour travailler avec son frère et sa belle-sœur.

Au début, ils travaillaient ensemble comme "petites mains" pour des tailleurs mieux installés à Florence, avant de se développer petit à petit avec le bouche-à-oreille.

florence ville italie

Antonio est un autodidacte. Bien entendu, son frère et sa belle-sœur lui ont beaucoup appris mais il n’a pas eu de vrai maître. Il n’a cessé de regarder le monde qui l’entoure. Surtout lorsqu’il travaillait au-dessus du restaurant Sabatini, dans lequel il a vu passer des célébrités américaines : Gary Cooper, Gregory Peck…Il s’est forgé un œil critique, notamment grâce aux tenues de ces acteurs hollywoodiens dans leurs films.

Cela a grandement contribué à sa progression. Son œil s’est affuté. Il précise que, encore aujourd’hui, lorsqu’il voit un homme bien habillé, il n’hésite pas à s’arrêter pour observer, toujours dans l’idée qu’il peut se perfectionner et s’inspirer pour son propre travail.

Antonio serait un peu comme Bruce Lee, qui a puisé ce qu’il y avait de meilleur dans chaque art martial afin de créer son propre style : le Jet Kundo. Voilà, Antonio Liverano est le Bruce Lee des tailleurs. Rien que ça.

Et pour ne rien gâcher, il a les pantalons les mieux coupés du monde. Enfin, à mon sens. Pourquoi ? Sans doute parce que je fais partie des personnes qui préfèrent quand le pantalon ne « casse pas » sur les chaussures et qu’il est porté assez haut. Le style années 30 en plus moderne.

liverano cifonelli sexton tailleurs the rake

Ici lors d’un évènement du luxueux magazine The Rake. De gauche à droite : Edward Sexton, Richard Anderson, Lorenzo Cifonelli, Antonio Panico, Antonio Liverano et John Hitchcock. N’a-t-il pas le pantalon le mieux coupé ? Ok, Lorenzo Cifonelli n’est pas en reste non plus. (Crédits : The Rake)

bruce broyer liverano

Autre exemple ici avec Bruce Broyer, auteur notamment du livre True Style dont j’ai commencé la lecture. (Crédits : The Armoury)

Il suffit sinon de regarder ses photos sur Google : je ne le prends quasiment jamais en défaut. Le tombé de son pantalon est tout simplement miraculeux.

Et que dire de ses Alden de 15 ans d’âge ? 15 ans ! Mis à part les plis d’aisance, elles sont comme neuves. J’ai d’ailleurs lu que la marque travaillait également pour des personnes handicapées. On peut donc imaginer qu’ils savent comment réaliser des chaussures confortables.

antonio liverano alden shoes

Oui oui, ce sont bien les Alden d’Antonio (je n’ai pas pris une photo au hasard sur Internet). (Crédits : Ethandesu)

Le bras droit d'Antonio Liverano : Takahiro Osaki, alias Taka

Takahiro vit depuis 10 ans à Florence, arrivé en tant qu’étudiant dans une école de langues où il a appris l’Italien.

C’est ainsi qu’il a connu Antonio. Il accompagnait un ami qui souhaitait un costume bespoke, Taka faisait la traduction. Après quelques autres échanges, Antonio lui a proposé de venir travailler pour lui.

Il lui a proposé d’une façon plutôt directe :

« Tu as de beaux yeux, pourquoi ne viens-tu pas travailler pour moi ? »

Véridique ! Ah, ces Italiens…

Après une semaine passée chez eux à voir comment ils fonctionnaient, Taka décida d’accepter.

Il est donc parti de zéro. Il ne connaissait rien à l’art tailleur, Antonio lui a donné sa chance... et à raison ! Taka développe ainsi l’idée capitale qu’être être un gentleman ne consiste pas seulement à porter des vêtements élégants, c’est beaucoup plus large et vaste que cela. Le savoir-être et le savoir-vivre doivent également refléter un style, une certaine beauté.

takahiro osaki liverano pantalon taille haute

Un oeil non averti pourra se dire que la cravate est trop longue au vu des recommandations habituelles. C'est un peu moins simple : le pantalon taille haute ci-dessus change la perspective, la cravate est donc impeccablement portée !

Pour développer votre sensibilité, vous pouvez par exemple allez dans les musées afin de voir comment les couleurs s’accordent. Ou dans la nature. Chaque saison a ses couleurs particulières, qui devraient vous inspirer pour vous habiller.

takahiro osaki liverano tenue

Sur cette photo, la chemise et la cravate, très sobres, n'ont d'autre fonction que de mettre en valeur la sublime couleur de la veste. Les couleurs claires ressortent dans ce beau cadre bucolique.

Petite digression : l'importance de la couleur

Je vous conseille d’aller à Florence, vous comprendrez pourquoi c’est là-bas qu’on fabrique parmi les meilleurs costumes du monde. Je suis naturellement passé devant leur boutique Via dei Fossi mais celle-ci était malheureusement fermée pour cause d’inventaire.

galerie uzzi

Galleria Degli Uffizi (en partie rénovée en 2014 par la maison Fendi)

Pour ceux qui habitent à Paris, le Louvre et le musée d’Orsay vous attendent.

parc versailles automne

Le parc du jardin de Versailles, en automne.

Pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas aller dans des musées, mais s’intéressent tout de même à l’histoire de la couleur, à ses interactions et ses perceptions, il existe quelques livres à ce sujet. Je vous conseille de commencer par ceux de Pastoureau.

Vous y apprendrez des choses peu expliquées :

« Dans une voiture, le plus important pour moi est la couleur de la carrosserie. Je ne suis du reste pas le seul à lui donner de la priorité : différentes enquêtes d’opinion conduites au cours des cinq dernières décennies ont montré que la couleur était non seulement un critère de choix important lors de l'achat d’un véhicule, mais parfois même le critère le plus important après le prix : plus que la marque, plus que le modèle, plus que les performances ou toute autre qualité, ce qui compte pour certains acheteurs, plus qu’on ne croit, c’est la couleur.»

La couleur est un des aspects fort du film. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si le titre du documentaire est "Les couleurs d'Antonio". L’équipe Liverano & Liverano aide le client à choisir les couleurs qui lui vont (en fonction de son teint, la couleur de ses cheveux, de son style général...), et à les associer afin de créer des contrastes agréables à l’œil.

takahiro osaki blazer liverano

Un motif pied-de-poule très joliment exécuté, utilisant subtilement une teinte lavande...

Vous remarquerez que Taka et Antonio ont pour habitude d’utiliser des écharpes aux couleurs vives pour égayer leurs tenues hivernales.

takahiro echarpe liverano

Taka en Barbour et écharpe multicolore Liverano.

Qemal Selimi, la dernière génération

qemal selimi liverano
Qemal fait partie de la nouvelle génération de l’équipe Liverano & Liverano. À ses débuts, il n’a pas hésité à parcourir plusieurs centaines de kilomètres quotidiennement pour travailler avec Antonio.

antonio liveranp

Le deuxième garçon de la nouvelle génération Liverano & Liverano est coréen. Il a fait une école de mode à Milan, mais Antonio n’a pas confiance en ces établissement. Pour lui, ils n'enseignent rien sur l'art tailleur !

Cela rejoint l’avis de Patrick Johnson qui, dans une interview, explique qu’au début de ses études il pensait que « Helmut Lang était la meilleure chose au monde ». Mais ça, c’était avant qu’il ne rencontre un tailleur londonien.

C’est probablement une des raisons qui poussera Antonio à créer une école de tailleur dans les années à venir. Un peu dans l’esprit de l’école de fabrication de chaussures sur-mesure du très respecté Stefano Bremer, parti malheureusement trop tôt. Mais ces projets prennent du temps. Patience, patience…

Un amoureux de l'art sartorial, le réalisateur Gianlucca Migliarotti

Le réalisateur est Gianlucca Migliarotti. Il a en outre réalisé O’mast et È poi c’è.

Pour comprendre sa vision du monde et donc du vêtement masculin, vous pouvez lire cette excellente interview donnée dans le cadre de la présentation de O’mast en 2011.

Une interview pleine de vérité. Je me sens un peu obligé de vous la commenter en quelques lignes. Vous y retrouverez l’explication sur la différence entre le bespoke et le made-to-measure.

Et pour la faire courte, elle rejoint celle d’Hugo Jacomet : le costume bespoke est réalisé à partir d’une feuille blanche. Le costume en demi-mesure s’appuie, quant à lui, sur des patrons déjà existants qui sont réajustés à vos mesures.

savoir faire liverno

Sur un costume bespoke, tout est créé de A à Z selon vos envies.

Le bespoke tailoring est un vrai travail d’ARTisan. Gianlucca le pense imparfait par définition : il est réalisé à partir de rien et entièrement à la main.

Gianlucca est également un observateur très fin. Par exemple, sur la différence entre la culture vestimentaire à Milan et Naples. Entre ceux qui s’habillent en Prada et ceux qui vont chez un tailleur traditionnel ; ceux qui portent du noir (très courant à Milan) et ceux qui préfèrent plus de couleur (à Naples).

« If you have to go to a business meeting, it’s considered much more elegant to wear a navy suit and dark brown shoes. »

“Si vous devez aller à un meeting d’affaires, il sera considéré plus élégant de porter un costume bleu avec des chaussures marron foncé.”

Mais les lignes bougent et, à grands renforts de blogging, je pense qu’on va y arriver en France aussi. Encore dix ans et le noir ne sera plus réservé qu’aux soirées très formelles.

Le McDo en prend lui aussi pour son grade, même si la culture napolitaine résiste plutôt bien au mondialisme. Effectivement, difficile de s’imaginer un garçon habillé de bas en haut en Liverano & Liverano et qui va manger au Mcdo du coin. Impossible. Mais à la trattoria du coin, oui.

La culture sartoriale n’aurait pas pu se développer sur un autre terrain, c’est celle du beau et de la patience. Et une fois que cette sensibilité au beau est développée, celle-ci s’applique partout et tout le temps.

ville de florence

Florence est une des plus belles villes au monde. Il est naturel que les plus grands tailleurs s'y trouvent, comme autrefois les artistes de la Renaissance...

Cette vision de la vie et du vêtement est partagée par le clan Liverano. Un même métier, une même pratique, entraîne souvent une conception semblable du monde.

Le style des costumes Liverano & Liverano

Qu’est ce qui fait la différence entre Liverano et les autres tailleurs ?

Comme le dit Antonio, la veste doit transpirer la passion transmise par le tailleur. Et cela passe par un ensemble de détails qui font qu’un costume de chez Liverano ne ressemble à aucun autre.

Caractéristiques des costumes Liverano & Liverano

  • L’épaule est légèrement débordante pour donner plus de carrure. Au niveau visuel, celle-ci se rapproche de l’épaule romaine. Classique et « propre » donc. Pas de décorations superflues, ni de Spalla Camicia à l’horizon ;
  • Il y a très peu de padding (rembourrage au niveau des épaules). C’est une caractéristique encore assez rare en France, mais là aussi, à coups de blogging, la tendance devrait s’inverser dans les années à venir. Si, si, vous verrez ;
  • Les revers plutôt généreux ;
  • Une poche poitrine plutôt basse pour souligner le col et le revers ;
  • Des vestes à trois boutons en général, mais portées comme des vestes à deux boutons en « roulant » la partie basse des revers. On parle alors de veste «faux trois boutons».

Un costume de chez Liverano reste plus léger dans sa construction qu’un costume romain, mais toutefois plus structuré qu’un costume napolitain.

brioni costume croise

Brioni, le style romain encore très inspiré du style anglais. Ce n'est pas pour rien que James Bond était habillé en Brioni, avant d'être détrôné par Tom Ford.

liverano-et-liverano

Une sublime veste Liverano, l'intermédiaire en termes de structure. Admirez la richesse de la couleur...

luca rubinacci veste

Le style napolitain de Rubinacci, la légèreté par excellence.

Bien entendu, pour atteindre une certaine harmonie, chaque détail est étudié comme faisant partie d’un tout : c’est un savant mélange de proportions entre les épaules, les revers ou encore le col. Par exemple, les larges revers contrebalancent les épaules débordantes, eh oui !

Les matières Liverano, toutes plus belles les unes que les autres

tissu liverano costume

Les matières viennent de chez Zegna, Draper’s ou encore de chez le Français Dormeuil. Vous remarquerez que les tissus employés sont plus colorés, plus clairs en fait, que ceux que l’on peut trouver dans le Nord de l’Italie où le gris foncé est majoritaire.

Au-delà des détails techniques, quelles sont les caractéristiques de la Maison florentine ?

Il faut savoir qu’Antonio a toujours le dernier mot. Il laisse le client s’exprimer et proposer ce qu’il aime. Antonio fait mine d’être d’accord mais, à la fin, c’est toujours lui qui choisira. Toujours. Bien entendu, Antonio est habile : il n’impose pas sa vision des choses, il arrive à convaincre le client tout en douceur.

liverano matiere tissu

Petit aperçu des matières utilisées...

Et comme précisé plus haut, vous ne pouvez pas choisir votre tissu en mode open bar. Ce choix sera plutôt effectué en fonction de vos caractéristiques propres et de vos envies, un costume en tweed par exemple.

Ils vous proposeront alors trois ou quatre tissus qui vous correspondent.

antonio liverano atelier tissu

La délicate question du prix

Cela reste très cher pour la plupart du commun des mortels, mais dans la moyenne des prix que l’on trouve dans la grande mesure. Notons également que le mot "cher" reste relatif, surtout quand on sait que la construction d’une veste à la main peut nécessiter plus de 80 heures. Mais c’est un autre débat.

À noter également que les chemises ne sont pas fabriquées sur place mais dans un atelier à Naples.

Créer du beau, la profession d'un tailleur pour homme

Antonio raconte une anecdote sur un client qui, ayant déjà plusieurs tailleurs, voulait s’attacher ses services parce qu’il trouvait son travail plus classique (par opposition à celui des autres, plus modernes).

Antonio lui répond qu’il n’y a pas de costumes modernes ou classiques : ils créent du beau et tout le monde aime le beau.

Noi facciamo il bello (…) il bello piace a tutti

"La laideur se vend mal", disait Raymond Loewy. Mais encore faudrait-il savoir ce qu’est le beau et comment on définit ce qui l'est.

Le beau, c'est quoi ?

Je ne veux pas faire de la philosophie de comptoir, mais le beau peut être compris, au sens classique de la philosophie grecque, comme une harmonie des proportions. C’est un jugement quasi-scientifique.

Si je vous demande "qu’est ce qu’un beau vêtement ?", je sais déjà ce que vous allez me répondre : la matière, la coupe, les détails. En somme, il y a des règles à respecter. Je suis plutôt d’accord, mais je ne sais pas si la réponse est aussi simple.

On peut estimer que c’est un peu réducteur et aimer la transgression de ces principes, comme avec le style dark, qui possède d'ailleurs ses règles propres. Antonio précise d’ailleurs bien que « tout le monde aime le beau ». Y compris ceux qui n’ont pas connaissance des règles a priori.

michel ange david

Le beau se passe de discours, pas besoin de savoir que c'est Michel Ange qui a sculpté ce David à la Renaissance pour le trouver beau !

Il reprend ainsi une partie de la contradiction apparente formulée par Kant (antinomie du goût) - oui, oui, vous êtes bien sur un média de mode - à savoir qu’il existe un sens commun du beau.

Le beau est universel : tout le monde ou presque trouve belle la neuvième symphonie de Beethoven, ou plus simplement un coucher de soleil. Pas besoin de l’expliquer ou de faire une démonstration mathématique… Mais en même temps, le beau passe à travers le filtre de notre propre subjectivité

Cela nous permet d'en finir avec les « à chacun son goût » ; « les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas » ; « l’idée du beau n’est que subjective ». En arrivant à discerner le beau du laid, les hommes choisiront toujours le beau.

Pour clore cette anecdote sur les costumes modernes et classiques, il faut tout de même savoir que les coupes des costumes Liverano ont été réactualisées. Elles sont plus étroites pour coller à l’air du temps. Donc oui, leurs costumes sont beaux, mais ils ne sont pas intemporels.

Cela tombe sous le sens, qui voudrait porter aujourd’hui les costumes d’il y a 50 ans ? Les morphologies ont changé et l'idée que l’on se fait d’un costume aussi.

gary grand la mort aux trousses

Cary Grant, La Mort aux trousses. Pantalon taille haute à pinces, assez rare aujourd'hui.

I Colori di Antonio, le film en résumé

Le film / documentaire est très beau et permet d’aller plus loin dans la réflexion générale autour du vêtement.

Comme dans O’mast, vous n’y apprendrez que peu de notions et de techniques sur l’art de fabriquer un costume. C’est davantage un film sur la vie d’Antonio.

Il s'adresse aux passionnés ET aux autres aussi.

  • Langues : version originale en Italien et sous-titrée dans plusieurs langues : Anglais / Japonais / Italien / Chinois
  • Réalisateur : Gianlucca MIGLARIOTTI
  • Bande son : Jazz, jazz et jazz

documentaire liverano livret
En bonus du DVD, vous recevrez un livret avec quelques photos, ainsi que les remarques du réalisateur et des producteurs.

Vous pouvez vous procurer le DVD sur The Armoury ou Drake's. Je l’ai acheté sur le premier, basé à Hong Kong, et n'ai eu aucun problème pour réceptionner la commande. Il n’y avait pas en revanche pas de suivi de colis.

En cas de problème, c’est un peu pour votre pomme… Je vous conseille donc de l’acheter sur le site de Drake's,  situé en Angleterre. Et si vous êtes de passage à Londres, c’est encore mieux.

Disponible également sur iTunes.

Bon film !

Thomas Mangin

Pour paraphraser Edmond Roudnitska, je pense moi aussi que l'aspiration vers le beau et le sens de la qualité en général sont les seuls fondements solides et durables sur lesquels puissent s'édifier une civilisation digne de l'homo sapiens.

Sinon pour faire plus court, j'aime les Land Rover Defender, les fauteuils de Van Mis Rohe et les chocolats Bonnat.

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  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Romeo !

    Tu me poses une colle malheureusement :/

  • Romeo

    Hello BG, merci pour ce super article !
    Une idée d’où peuvent provenir les bretelles de Taka (7ème photo en partant du haut) ?
    On en trouve des visiblement similaires dans un article récent de The Rake (http://therake.com/our-world/pocket-guides/creative-urgency-birch/).

    Merci 🙂
    Alekos

  • Tiago Monteiro

    Bon, juste pour information, mon ami génois m’a fait découvrir une boutique qui s’appelle Vitali, je ne sais pas si vous la connaissez. Normalement, ils sont de Milan et ils font des chemises en pur coton et en pur lin. J’ai beaucoup aimé leurs chemises, la matière est jolie et je trouve qu’elles sont bien coupés (je me suis acheté deux chemises en lin et maintenant je les portent tous le temps haha). Elles n’ont pas des finitions haute de gamme, mais franchement pour 55 euros, je suis assez content. En plus elles sont faites en Italie, Roumanie et Albanie, donc c’est du made in ue. Si ça vous intéresse j’ai trouvé leur site:

    http://www.camiceriavitali.it/

    Ciao! 🙂

  • Tiago Monteiro

    Merci, Nicolo ! 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Tiago !

    Malheureusement on est pas toujours au fait des boutiques et bonnes adresses à l’étranger :/

    Cherche sur les forums de Superfuture si tu veux trouver des shops intéressants, c’est ce que fait Benoît avant de partir en voyage en général.

  • Nicolò – BonneGueule

    Grazie Cosimo, lo correggo subito 😉

  • Cosimo

    Galleria degli Uffizi SVP!

  • Simon

    Merci de l’avoir confirmé 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Justement, je m’en doutais un peu donc je pense que tu sais toi même quoi en penser 😉

  • Simon

    C’est un milieu professionnel, je pense que leurs avis et opinion sur le sujet se basent sur ce qu’on voit en PAP grand public, 90% de costume noir, appuyé par les vendeurs vous confirmant que le noir c’est l’essentiel à avoir.
    Je vais resté sur mon opinion de base, le gris est bien agressif à l’œil et les nuances de couleurs avec les chemises sont bien plus plaisantes.
    Le costume noir fourre tout c’est le vetement typique que l’on porte par contrainte, dommage !

  • Thomas

    PS : entre Kant et Bourdieu, j’ai choisi mon camp – et y’a pas photo comme on dit – 😉

  • Thomas

    Bonjour Gouhouf,

    Tu me vois obligé de répondre.
    La dernière partie sur le beau n’aurait « aucun intérêt » ? Tu y vas fort. Excuse-moi, mais si tu es sur Bonne Gueule c’est sûrement parce que tu as un minimum d’intérêt pour les beaux vêtements non ? Peut-être que je me trompe.
    Et dans ce cas, comment définis-tu un BEAU vêtement ? J’aimerai bien savoir.
    Personnellement cette question m’intéresse au plus haut point. Elle est même centrale et loin d’être triviale.

    Après sur le fait qu’il n’existe pas un sens commun du beau…Ok je suis allé très vite dans l’affirmative. Trop de raccourcis. On est d’accord.
    Mais ce que tu ne sais pas, c’est que mon article un peu long a été coupé. Du coup il perd un peu de son sens.
    J’y suggérait d’interviewer Luc Ferry pour avoir un avis sérieux sur la question.
    Alors promis je vais essayer ! 🙂

    Thomas M.

  • Thomas

    Bonjour Suit,

    De ce que j’avais glané sur internet :
    – 2500 à 3500€ : costume de PAP
    – et à partir de 5000€ : costume bespoke

    Sources :
    http://parisiangentleman.fr/2014/04/15/les-recommandations-de-pg-la-selection-de-costumes-en-pret-a-porter-2014/
    -https://scandinaviantraveler.com/en/lifestyle/sartorial-suggestions-from-a-florentine-maestro

    Thomas M.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Suit !

    Etant donné que c’est Thomas qui a écrit l’article en invité je n’ai pas l’info, mais bon pour un grand tailleur en Bespoke tu peux t’attendre à 3000 euros minium pour un costume.

  • Suit

    Bonjour !

    Merci pour cet article, très fouillé.
    Je voudrais quand même revenir sur « la délicate question du prix ».
    Qu’on parle d’artisanat millénaire, de boutons en ivoire cousus à la main, 6 heures de travail par bouton, 15 points par centimètre, toussa, c’est formidable.
    Il n’empêche qu’à « la délicate question du prix », on n’apporte pas de réponse, et c’est dommage.

    All due respect :p

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Simon.

    Le gris n’est ni vieillot ni has been.
    Marron à la limite j’aurais compris la remarque (et encore, ça dépend quel marron, dans quelle matière, avec quel design, pour quel contexte…)
    Après je ne connais pas les gens dans ton entourage dont cette opinion émane, dans quoi ils baignent en termes de goûts et de culture…

    Encore une fois, étant donné il y a un certain niveau de relativité dans absolument tout, le choix final te revient, si c’est un coloris qui ne te satisfait pas ! 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Je suis d’accord avec à peu près tout ce que tu as dit.

    Je ferais juste une distinction entre les différentes « forces », les différentes « tractions » qui poussent une opinion à dire « beau » ou « laid » :

    Celles qui sont presque entièrement dépendantes d’un conformisme culturel et social (on peut prendre certaines tendances hyper passagères et loufoques comme exemple), et celles qui font, au moins en partie, résonner quelque chose de plus profond en nous.

    S’il te paraît difficile d’admettre un beau universel, tu n’as qu’à penser au fait qu’il y a du laid quasi universel (exemple : quelqu’un qui te vomis dessus, je pense que tu auras du mal à trouver une culture où c’est globalement perçu comme « beau ». Oui il y a des fétichismes, mais on s’écarte encore du sujet du coup…).

    Par effet d’opposition je pense qu’on peut mettre en lumière le fait qu’il y a du beau « primaire », au sens où il renvoie à des mécanismes propres à la nature humaine. Même si comme je le disais plutôt, j’admets volontiers que ce soit beaucoup plus insaisissable que le travail d’un seul tailleur / artiste / sculpteur ou autre.

  • Gouhouf

    Rhooo. De mauvaise humeur. Critique certes, mais de mauvaises humeurs ? :-p

    Je peux détailler un peu plus. Le beau est lié à une culture comme tu le dis, et plus deux cultures sont éloignées, plus la vision de la beauté peut potentiellement être éloignée. En particulier, quelque chose qui, dans une culture, pourra apparaître à une majorité de gens « beau » (même si dans certains cas, c’est plus par automatisme que par véritable réflexion sur le sujet), pourra être vu comme insupportable par d’autres gens. Puisqu’a été soulevé la question de Michel-Ange, c’est le cas typique, où, du côté occidental, beaucoup de gens diront au moins : « C’est pas mal », alors que pour des gens venant de cultures très différentes, le David peut être vu comme insupportable, c’est un jeune homme nu (tabou dans beaucoup de civilisations) et ses proportions sont peu réalistes, inspirées d’un art antique qui n’était pas trop regardant.

    Il y a effectivement une sorte de beauté, que je définirais comme « socialement acceptable ». C’est la beauté définie par la classe dirigeante. Une façon de se reconnaître, dans un entre soi. Ce David, chez nous, en fait partie, d’où le fait qu’on préfère dire qu’on trouve ça beau, sauf à se faire étiqueter « ne comprend rien à l’art vrai ». Si moi-même, je dis que je n’aime pas ce David, justement parce qu’il est disproportionné et qu’il n’a pas d’autre valeur artistique que le fantasme érotique qu’il représente (un porno soft en marbre quoi), je pense être vertement critiqué, alors que ce n’est pas totalement faux, et ce n’est pas Michel-Ange qui aurait dit le contraire. Mais on l’accepte tel qu’il est, car ne pas l’accepter, ce serait refuser la culture dirigeante.

    En particulier, concernant les vêtements, l’obligation est faite dans certains milieux plutôt « dirigeants » (mais pas toujours) de s’habiller en costume. On imagine mal, dans certains postes, venir en workwear. Même si ce workwear est d’excellente facture, parfaitement coupé. Le costume montre qu’on accepte les règles du milieu. Du coup, il peut sembler que la beauté d’un costume soit une beauté « forcée », il faut l’accepter comme telle, au risque de ne pas pouvoir entrer dans le milieu en question. Quelqu’un qui n’appartient pas du tout à ce milieu, n’y verra sans doute pas quelque chose de beau.

    D’ailleurs, et ce n’est que mon avis, l’habillement homme des classes dirigeantes est devenu de moins en moins beau, à partir de la fin du XIXe siècle. Même si, comme on le voit dans l’article du Pitti Uomo, il y a des tentatives plus ou moins maladroites de revenir vers un âge d’or perdu, la sobriété est devenue plus importante que la beauté. Quand on voit les habits du XVIIe, jusqu’au XIXe avec les derniers dandys, quand on voit les tenues d’apparat de ces époques, il y avait une recherche assez exceptionnelle sur les matières, les couleurs, et les coupes. Les coupes, aujourd’hui sont hyper standardisées (à quelques détails près qui ne remettent pas en cause cette standardisation), les matières restent riches, mais hors quelques marques (comme Eclectic), certains standards, comme les super 120s, etc., ont la peau dur, alors que, de mon point de vue, ce n’est pas très joli.

    Heureusement qu’il y a encore des créateurs de vêtements qui tentent des trucs, et qui à mon sens, font de bien plus belles choses que Liverano. Après, oui, Liverano fait ce qu’il sait faire, il le fait très bien, soit, mais non, ce n’est pas le paroxysme du beau.

    Gouhouf

  • Simon

    Merci pour la réponse 🙂

    Pour préciser ma pensée, disons que je préfère construire un style qui me plaise, porter les vêtements par plaisir et non par contrainte MAIS si cela me pousse à ne pas suivre la majorité il faut que le résultat soit plaisant. C’est pour cela que je me posais la question à propos du gris, si le rendu du costume est vieillot, bas been, alors non seulement je m’éloigne de « l’opinion public » mais en plus je n’en tire aucun bénéfice stylistiquement parlant et l’intérêt est alors moindre.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Sylvester !

    Je corrige ça illico, merci 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci pour ton retour Eric 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gouhouf !

    Je te trouve de fort mauvaise humeur aujourd’hui :p

    Je ne rentrerais pas dans le débat outre mesure, car je n’ai pas écrit l’article.

    Ceci dit si l’idée d’un beau universel est discutable (mais pas forcément erronée à mon sens, même si c’est très certainement quelque chose insaisissable) tu admettras peut-être qu’il y a du « beau qui polarise » et du beau qui, contre toute atteinte, touche beaucoup de monde facilement.

    Evidemment qu’il y a toujours une relativité culturelle. Mais en te basant sur un aspect anatomique, tu as probablement de grandes chances de surpasser, dans beaucoup de cas, cette relativité 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Simon !

    Honnêtement tu restes malgré tout libre de tes choix. 🙂

    Quand tu nous dis « J’espère que vous avez vu juste au sujet des costumes noirs en France, appelé à disparaître progressivement dans les prochaines années !  » c’est que quelque part la tendance et l’opinion commune ont l’air de te préoccuper autant qu’avoir quelque chose qui te met réellement en valeur.

    Ceci dit en réaction à « Tout le monde le fait c’est bien qu’il y a une raison réfléchis ! » je dirais juste une chose : il n’est vraiment pas rare que la majorité ait « tort » en matière de goûts ou d’opinions. Et je ne parle pas que de vêtements.

    Idéalement tu ne devrais pas avoir besoin de leur rétorquer quoi que ce soit. Ils s’alignent sur ce que tout le monde fait, et c’est une position qui a également ses raisons. (Et ses influences)

    A toi au final de voir si le besoin de rentrer dans le rang prend le dessus sur l’envie de construire un style à toi 🙂

  • Ericb

    Excellent papier ! Ça donne envie de découvrir le film pour pénétrer, encore mieux les confins de la maison Liverano.

    Antonio Liverano semble être un sacré personnage. On apprécie l’esprit dont il fait preuve.

    Sinon, magnifique tombé de pantalon, oui.

  • Sylvester

    Autre coquille : ce n’est pas « Gary » mais « Cary Grant »…

  • Guillaume Vorreux

    Merci pour cet article très intéressant ! J’ai envie de voir le film !

    PS : Cary Grant, avec un C ! 😉

  • Gouhouf

    Coucou,

    L’article est intéressant, quant au travail de ces tailleurs. Mais la dernière partie sur le beau, est effectivement de la philosophie de comptoir qui n’a aucun intérêt. Non, il n’existe pas de sens commun du beau. Non, la plupart des gens ne trouvent pas la neuvième symphonie belle. Si le beau est un sujet qui t’intéresse, je suis sûr qu’il est possible de trouver de nombreux livres intéressants sur le sujet. Après, que M. Antonio ait les chevilles enflées, ce n’est pas grave, et c’est courant dans certains milieux, mais ça ne justifie pas ce paragraphe. Toutefois, le reste est intéressant.

    Gouhouf

  • Simon

    J’espère que vous avez vu juste au sujet des costumes noirs en France, appelé à disparaître progressivement dans les prochaines années !
    Par contrainte de travail je dois porter des tenues formelles, j’ai donc décidé de transformer ses contraintes en plaisir en choisissant des costumes dans lesquels je me sens vraiment bien aussi bien au niveau du confort que du style.

    Malheureusement je reçois encore énormément de remarques type « pourquoi tu ne portes pas de costume noir ? Le noir cest élégant et chic. Tout le monde le fait c’est bien qu’il y a une raison réfléchis ! »
    Ça me fait sourire mais par contre je ne comprends vraiment pas leur désaveu du costume gris (que je privilégie au noir en supplément du bleu marine) qu’on me dit réservé aux grands pères et autres retraités, que c’est une couleur de costume qui vieillit son porteur, qui est bien triste à porter.

    J’en viens à me demander s’ils n’ont pas raison faite d’arguments à leur rétorquer… Le style est personne certes mais je ne pensais pas faire d’impair, bien au contraire, en portant des costumes gris.

  • Pierre Alanski

    Sur la photo des pantalons, mon préféré reste celui de Lorenzo Cifonelli ?

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Abdel !

    Merci pour ton commentaire ! 🙂
    (Et pour la coquille, je corrige ça de ce pas.)

  • Abdelhamid Niati

    Excellent article très bien sourcé et documenté. Au delà du vêtements, on en apprend plus sur les hommes qui le font. La richesse d’une maison serait elle la résultante des rencontres qu’elle provoque ? c’est la question que je me pose quand je vois des profils aussi variés que celui de Taka.ou Kemal. Les pièces sont aussi vivantes que leur créateurs. Un prolongement d’ADN, un style de vie. tout n’est que « prolongement de ». Merci pour cet article. Godd job Thomas and the BG Team

    PS : coquille « Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si le tire du documentaire »