Décryptage des tendances homme de la Fashion Week Automne / Hiver 2018-2019

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Il y a maintenant un peu plus de deux semaines, la semaine de la mode masculine Automne / Hiver 2018-2019 avait lieu à Paris .

Bien que nous ne nous reconnaissions pas dans une logique de tendances saisonnières, il reste néanmoins intéressant d'y jeter un oeil : d'une part, pour aller y puiser de l'inspiration, mais également pour exercer notre oeil à une esthétique différente.

Balmain.

En effet, les différentes pièces présentées n'ont pas forcément vocation à être portées, et encore moins de la façon dont elles sont présentées . L'idée est plus de piocher ici et là.

Notre Top 3 des meilleurs défilés

Parmi les quelques cent-soixante défilés et présentations, il est difficile de retenir les shows les plus marquants, tant au niveau des collections proposées que de leur scénographie.

Cela dit, trois nous ont marqués plus que d'autres...

Berluti

Outre son savoir-faire incomparable en matière de souliers, la maison française propose, depuis 2012, une ligne de prêt-à-porter très haut de gamme .

Cette année, l'ensemble des looks répondent à une thématique claire : le travail des matières nobles et luxueuses. On assiste à une profusion de pièces en cuir plongé, souvent proposé sur un ensemble manteau/veste et pantalon. Les coupes sont droites et le travail sur les proportions est suffisamment net pour éviter tout plissage disgracieux.

La palette de couleur est large : marron clair, gris souris ou noir, mais aussi kaki et bleu ciel.

La fluidité du cuir est impressionnante.

On retrouve aussi des looks plus facilement portables, avec des coupes droites structurées par de longs pardessus très fittés, aux revers fins et contrastés. Du reste, pulls simples, chemises satinées et pantalons droits, ou en coupe carotte, finissent de composer un vestiaire mature et élégant.

Côté matières, la marque mise sur la laine chevronnée ou, plus audacieux, un velours milleraies qui évite "l'effet carton"...

Les looks sont parachevés par des bottines, s'insérant subtilement dans les looks présentés.

Louis Vuitton

L'un des défilés les plus attendus, notamment parce qu'il a marqué le dernier du créateur Kim Jones.

Cette saison, Vuitton réinterprète l'archétype de l'aventurier urbain, sorte de crapahuteur version mode. Les mannequins défilent habillés de parkas bicolores et légères, au design assez minimaliste, dans une gamme de nuances "terre" ou carrément plus vives.

Dans le même esprit, on retrouve quelques accessoires cocasses comme des colliers avec mousquetons, mais surtout des chaussures à mi-chemin entre les bottes de chantier et les chaussures d'escalade .

On privilégie ici la superposition de couches plutôt que l'utilisation de trop grosses pièces, pour un rendu moins massif. Parmi les exemples de layering, plusieurs de ces parkas s'empilent sur des blousons et des cols roulés en laine.

On reste cependant dubitatifs quant au combo short / legging, fut-il griffé Louis Vuitton.

Le legging, c'est non.

Descendu de sa montagne, l'homme Vuitton se pare également de pièces plus classiques, notamment des pardessus droits assez aériens, proposés dans des coloris originaux qui illuminent la silhouette . Ce classicisme est contrebalancé grâce à des pièces plus sportswear, ce qui offre un joli contraste de styles.

Outre la laine, on note aussi l'intégration de matières plus singulières, comme de la toile enduite sur les chemises ou certains sous-pulls.

Fidèle à son héritage de malletier, la Maison dévoile une nouvelle ligne de sacs en cuir ou en matières plus techniques , allant du sac à dos au 48h.

Officine Générale

Depuis 2012, la marque Officine Générale propose un vestiaire contemporain, élégant et toujours portable . Cette année encore, le label défile au Lycée Henri IV à Paris, et présente des looks dans lesquels on se glisserait bien.

Au fur et à mesure des passages, on remarque des silhouettes longilignes et plutôt monochromes. Camaïeu de gris, de marron ou de bordeaux, on reste sur des coloris assez basiques et facilement adaptables. Construire sa tenue autour de variations d'une même couleur convoie une certaine sophistication : n'hésitez pas à les dissocier si vous souhaitez plus de spontanéité.

Quelques détails ont retenu notre attention : la présence de pantalons de costume revisités avec une ceinture ultra-longue et débordante , et le retour du pull camionneur dans une version plus moderne.

On apprécie l'utilisation des chaussures pour amener de la décontraction : des sneakers blanches simples à semelle contrastante, plusieurs versions de bottes en cuir ciré et des mocassins en suède marron plus automnaux.

Le cuir est légion, dans des coloris divers, et se décline autant sur des blousons aviateur que des surchemises. Un bon moyen de racer une tenue relativement simple autrement.

Les six idées à retenir (selon nous)

Là encore, nous ne vous conseillons pas de calquer entièrement votre dressing sur les défilés.

Mais après avoir scruté plusieurs centaines de silhouettes, nous avons sélectionné les tendances qui, selon nous, peuvent avoir un intérêt pour notre style.

Quand le tailoring rencontre le sportswear

Le sportswear semble avoir définitivement gagné son ticket d'entrée dans notre vestiaire : depuis plusieurs années déjà, on note une affluence de styles inspirés par les tenues de sport (matières, pièces, coupes). Cette saison, les designers ont décidé qu'il était temps de réconcilier deux mondes, à première vue diamétralement opposés : le sportswear et le tailoring.

Chez Fendi, l'allure italienne — chemise, cravate, pantalon en flanelle — est rehaussée d'un blouson Harrington . L'intégration se fait d'autant plus facilement qu'il présente un motif tailoring : le prince de Galles. 

Stella Mccartney propose une version plus contrastée. Le haut de la tenue — un large blazer croisé et une chemise entièrement boutonnée — est associée à un jean droit délavé et des runnings. Pour le coup, il faut voir le jean comme une "pièce tampon", permettant d'assurer une transition progressive entre les deux styles de la tenue.

Chez Junya Watanabe Homme, le twist réside surtout dans les détails : des bandes réfléchissantes intégrées sur des pantalons ou des blazers à carreaux, ou bien l'ajout de baskets sur un style pourtant classique.

De gauche à droite, Fendi, Stella McCartney, Junya Watanabe Homme.

Chez OAMC, le style de base est classique : pardessus et costume à carreaux, portés sur un col roulé, dans un camaïeu de marron et de kaki. Ce qui dénote, et apporte la touche d'originalité, c'est l'écharpe oversized qui rappelle celle des supporteurs. Pensez à utiliser des accessoires !

Pour Lanvin, le mix est plus abstrait : outre les quelques indices difficilement perceptibles (le sous-pull comparable à un maillot, qu'on discerne sous la chemise), on se concentre surtout sur le contraste entre le formalisme du costume et la parka complètement déconstruite.

Enfin, chez Icosae, c'est plutôt le sportswear qui s'est inspiré du tailoring : une silhouette résolument sportive, taillée comme un costume, assorti non pas d'une chemise et de derbies, mais bien d'un maillot et de sneakers.

De gauche à droite, OAMC, Lanvin, Icosae.

Sortie de pistes (de ski)

Si de nombreuses versions de parkas existent (certaines plus hivernales que d'autres), on la porte souvent en bas des pistes de ski. Volume, détails techniques, couleurs, coupes et matières : on a vu de tout cette année.

Junya Watanabe réinterprète la célèbre Canada Goose version rouge . Au-delà de la couleur pouvant être difficile à porter, ce sont surtout les volumes qui sont bien menés, avec une parka efficace sans être imposante : le tombé et le fit évitent l'effet bibendum.

En version kaki avec capuche bordée de fourrure chez Gosha Rubchinskiy, elle s'intègre à un style d'inspiration militaire et permet d'accentuer la carrure.

Chez Louis Vuitton, on voit défiler des modèles très travaillés, avec des imprimés inédits et originaux. Les teintes sont douces et sobres ce qui, ici, apporte de la légèreté à la pièce.

De gauche à droite, Junya Watanabe, Gosha Rubchinskiy, Louis Vuitton.

Chez Lanvin, elle est proposée dans une version plus massive, qui englobe et protège celui qui la porte. Quelque part, c'est une version oversized d'une pièce pourtant déjà lourde à porter. Pourquoi pas, à condition de maîtriser parfaitement les proportions.

Avec White Mountaineering, on entre dans la catégorie techwear ninja : de nombreuses poches, un gros travail sur la matière d'apparence assez technique, et des volumes qui restent légers.

Enfin chez Fendi, c'est une version longue qui défile, plus urbaine. Ce genre de design, sans trop de fioritures, correspond bien à qui cherche de la polyvalence.

De gauche à droite, Lanvin, White Mountaineering, Fendi.

Faire peau neuve

Véritable pièce phare de cette saison, plusieurs labels ont proposé leur approche du blouson en peau lainée.

Chez AMI, on la porte longue mais relativement fittée. L'absence de gros contraste de couleurs entre l'extérieur et l'intérieur facilite son intégration à des looks simples et casual.

Pour Officine Générale, la pièce est plus massive et plus longue, avec la laine gardée blanche. L'approche est plus traditionnelle, mais aussi plus connotée workwear. Encore plus avec une chemise à carreaux et un jean, comme ici !

Entre-deux parfait chez Brunello Cucinelli, dans une version plus courte et plus polyvalente.

De gauche à droite, AMI, Officine Générale, Brunello Cucinelli.

On trouve également des pièces un peu plus "créateur" dans de plus grandes Maisons, comme cette proposition gris anthracite par Hermès qui apporte de l'épaisseur à la tenue. Plus que le modèle en lui-même, on retient la capacité d'une grosse pièce en cuir à dessiner la carrure, ainsi que la couleur originale choisie pour cette matière. Idem pour le design rock basé sur le perfecto chez Louis Vuitton.

Et puis il y a aussi des versions plus décalées, comme chez Christian Dada : courte et sans col, elle a l'avantage de mettre plus en avant l'aspect brut de la peau.

De gauche à droite, Hermès, Louis Vuitton, Christian Dada.

Un hiver en blanc

Bien que considéré comme une pièce estivale, cette hiver, le pantalon blanc est partout.

On le retrouve dans plusieurs défilés, à commencer par Band of Outsiders qui le propose en version chino simple. Épuré, déviant légèrement vers l'écru et dans une toile assez épaisse, c'est le genre de design à privilégier pour commencer à porter cette pièce.

Chez Ermenegildo Zegna, on y va franco, en s'habillant entièrement en blanc . Vous pouvez être certains de ne pas passer inaperçus...

Officine Générale, encore une fois, offre un exemple de mode tout à fait portable : un jean blanc que l'on porte avec des boots en daim, un blazer texturé et un pull vert qui tonifie l'ensemble. Si vous réfléchissez votre look autour de pièces casual-chic, considérez presque votre pantalon blanc comme un jean classique lors de sa construction.

De gauche à droite, Band of Outsiders, Ermenegildo Zegna, Officine Générale.

Plus loose chez Lemaire, il présente un autre intérêt : amplifier la silhouette.

Haider Ackerman l'incorpore dans un ensemble très clair , puis couvre l'ensemble d'un long pardessus noir pour encadrer la silhouette. Si ce genre de contraste peut paraître trop marqué, on retient l'idée de la veste foncée pour encadrer une tenue pâle (bleu marine, par exemple).

Enfin, chez Christian Dada, il se porte dans une tenue clinquante. Cela dit, à sa manière, le blanc tempère le motif du bomber.

L'idée, avec ces différentes versions du blanc, est bien de jouer sur les volumes et les tombés, au rendu particulier dans cette couleur.

De gauche à droite, Lemaire, Haider Ackermann, Christian Dada.

Le tartan, roi de carreaux

Chaque année, on assiste une avalanche de motifs et d'imprimés. Cette saison pourtant, il semble que l'un d'eux ait tiré son épingle du jeu : le tartan, d'origine écossaise.

Chez Dries van Noten, il se glisse sur un pantalon oversized rappellant le kilt, mais également sur un simple pull imprimé.Si vous optez pour la traditionnelle version rouge, optez pour des pièces plus discrètes sur le reste de la tenue.

Justement, il s'invite chez AMI sur un mac ample et léger pour un look casual, grâce à un motif fondu presque pixellisé.

De gauche à droite, Dries Van Noten, AMI, Dries van Noten.

Ne dérogeant pas à sa tradition d'exubérance, Versace fait défiler le tartan en version flashy et plus contemporaine dans un ensemble à mi-chemin entre le style pop et le punk.

Fendi le propose sur un manteau ceinturé oversized à chevrons et larges revers. On obtient alors une pièce massive et visuellement saturée, qui apportera de la vitalité à une tenue plus sobre (à condition de l'assumer...).

Enfin, Amiri intègre le tartan sur un cardigan long en mohair. Comme sur le modèle, on vous conseille ce genre de pièce forte si vous souhaitez adopter un look rock et plutôt déstructuré.

De gauche à droite, Versace, Fendi, Amiri.

S'il n'est pas toujours facile à porter, c'est un motif qui réveille toujours une tenue plus lisse, qu'il s'agisse d'une "grosse" pièce ou simplement de petites touches.

Du manteau en long, en large et en revers

Depuis déjà plusieurs saisons, le tout-skinny a laissé place à des coupes beaucoup plus oversized. Le manteau ne fait pas exception à la règle, quitte à parfois se porter extra-long et ceinturé comme un peignoir.

Chez Lemaire ou Stella McCartney, il défile dans une matière molletonné pensée pour le confort : il donne de la texture à la tenue, avec un côté un brin désinvolte. Les imprimés, s'il y en a, accentuent cette amplitude.

De même, les larges revers renvoient une forme de stature et donnent l'aspect d'une pièce plus massive. C'est notamment le cas chez Zegna, où les revers atteignent presque les épaules.

De gauche à droite, Stella McCartney, Ermenegildo Zegna, Lemaire.

Chez Marni, le trench s'y met aussi en descendant jusqu'à la cheville. La silhouette est allongée à l'extrême et pensée pour donner un air sombre.  Aficionados du dark, n'hésitez pas à jouer sur les longueurs.

Triptyque gagnant pour la marque Christian Dada qui, quant à elle, a été très généreuse sur la longueur, la largeur et les revers. On apprécie le rendu esthétique, presque comparable à une cape , qui crée du flou et brouille les lignes naturelles du corps.

Enfin, chez Enfants Riches et Déprimés, bien que les proportions soient finalement raisonnables, on note tout de même les détails déstructurés au niveau des épaules et des manches. On ajoute ainsi de l'amplitude à la pièce, qui prend un accent définitivement grunge.

De gauche à droite, Marni, Christian Dada, Enfants Riches et Déprimés.

L'accessoire de la saison

Pour ceux qui s'intéresse un peu aux Fashion Weeks saison après saison, qu'elles aient lieu à Paris, Londres, Milan ou New-York , il y a toujours quelques accessoires qui pointent le bout de leur nez comme une fulgurance commune à tous les designers — au risque de retomber très vite aux oubliettes.

Cette année, nous avons repéré une nouvelle version de sac pour homme, à mi-chemin entre la pochette, la banane et le fameux baise-en-ville.

De gauche à droite, Louis Vuitton, Fendi, Dries Van Noten.

Le port de sacs de petits formats est souvent un peu polémique. Cela dit, des efforts clairs sont faits pour redorer son blason.

La sacoche d'aéroport serait-elle en train de connaître sa petite révolution, comme beaucoup de pièces ingrates de notre dressing avant elle ? Affaire à suivre...

De gauche à droite, Lemaire, Études Studio, Dior Homme.

La tendance la plus audacieuse : le pantalon en cuir

On passe à la tendance la plus osée, pourtant redondante : le pantalon en cuir. Pas de panique, on ne vous enjoint pas à vous la jouer cow-boy du Far West ...

Sobre, discret mais qui respire le luxe, voici le parti-pris chez Hermès... et le pantalon en cuir ne fait pas exception à la tradition de la Maison.

Chez Sean Suen, c'est une version beaucoup plus voyante et lustrée qui est proposée, dans une teinte chocolat. Une pièce à l'exécution parfaite, mais qui reste très difficile à assumée.

Du côté de Fendi, le modèle se fait oversized, dans un cuir plongé qui apporte de la texture à cette silhouette éclectique.

De gauche à droite, Hermès, Sean Suen, Fendi.

Chez Wooyoungmi, on l'intègre dans un look plus tailoring — blazer long croisé et chemise à col large — comme une ode à la folie des années 70, leur héritage disco et les soirées interminables des clubs branchés de la capitale.

Enfants Riches et Déprimés présente cette pièce dès son premier passage. Il est incorporé à une tenue relativement simple, assez juvénile et déstructurée, en phase avec son imaginaire désinvolte et rebelle.

Enfin, chez Off-White, c'est carrément le costume que l'on revisite entièrement en cuir : blazer et pantalon sont composés d'une belle matière lisse aux reflets légèrement violets. On est beaucoup moins preneurs de cet ensemble incongru...

De gauche à droite, Wooyoungmi, Enfants Riches et Déprimés, Off-White.

Pour le coup, on vous en parle surtout pour la curiosité. Mais qui sait, peut-être que d'ici quelques années, après nous être doucement et progressivement acclimatés, nous envisagerons aussi de porter cette pièce ?

Les ovnis de la Fashion Week

La semaine de la mode est souvent l'occasion pour les designers de laisser libre court à leur créativité débordante. Au demeurant, certaines approches sont purement et simplement improbables.

Voici une petite sélection des créations les plus barrées, pour finir cet article en beauté.

On trouve une tenue d'inspiration chinoise chez Xander Zhou, une création on ne peut plus conceptuelle pour Craig Green, et une réinterprétation de la ballerine (version masculine) pour Ludovic de Saint Sernin.

De gauche à droite, Xander Zhou, Craig Green, Ludovic de Saint Sernin. Laquelle vous tente le plus...?

Le mot de la fin...

Loin d'être à prendre au pied de la lettre, les Fashion Weeks constituent cependant une bonne source d'inspiration : association de motifs, travail des volumes, contraste de styles, petit gimmick... Certaines marques, comme AMI ou Officine Générale, ont d'ailleurs fait des tenues très portables une marque de fabrique.

Bien sûr, cette synthèse n'est pas exhaustive, les différentes propositions étant si nombreuses qu'il faudrait plus d'un article pour toutes les détailler.

Quoi qu'il en soit, voyez-les plutôt comme un laboratoire d'expérimentations où piquer quelques idées ici et là !

Axel Yvon Axel Yvon

Grand enfant rêveur, un peu bohème, je considère le vêtement comme un mode d’expression du quotidien, qui amuse, qui rassure, qui passionne. Oiseau de nuit, mondain du dimanche, j’adore les chemises de pyjama, les blockbusters Marvel, les nuits d’orage et les pâtes à la carbonara (seulement celles de ma mère). Liste non exhaustive.

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