Dossier : analyse des tendances homme de la fashion week automne/hiver 2015/2016

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Le moment est venu d'aller explorer la mode des podiums. Quels sont les petits nouveaux et futurs grands noms de demain ? Que font vraiment les grands noms historiques de la mode, au-delà des publicités de parfum ? Qui s'est royalement craqué ? La réponse en texte et en image !

Avant cela, juste une petite précision quant à l’exercice de la critique de mode, sujet à de nombreuses interrogations. Il est aujourd’hui possible de le faire (presque uniquement) via les blogs pour une raison simple : l’affiliation et la dépendance aux annonceurs ont cannibalisé les contenus. Cela ouvre la voie aux blogueurs pour prendre le relai de la presse critique, à condition qu'ils soient crédibles dans ce rôle.

À mon sens, la chose la plus importante pour acquérir cette légitimité n'est pas d'aller à des soirées hype faire des selfies avec des hipsters, mais de travailler beaucoup, tout simplement. Matières, coupes, influences historiques et culturelles, tant de choses à apprendre pour comprendre la mode. Heureusement, la passion est un moteur surpuissant.

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Indispensable lors des défilés : le carnet de notes. Parfois, certaines pièces ne donnent rien en photo donc j'en fais un bref croquis (quand je peux) avec remarques et questions concernant les matières. Chacun met en place sa méthode et son charabia pour s'y retrouver !

Dernière petite chose : les défilés ont tendance à être victimes de nombreux amalgames. Les vêtements présentés sont catalogués "importables" ou "perchés", les vidant de tout leur intérêt. Ces étiquettes s'avèrent abusives lorsqu'elles qualifient l'ensemble des défilés sans distinction, et par défaut.

Beaucoup de marques proposent des choses tout à fait portables, à condition d'avoir parfois un brin d'audace. D'autres vont loin, inventent leurs propres codes grâce à une immense rigueur, ce qui est admirable. Enfin, il y a ceux qui ternissent l'image de la mode en faisant n'importe quoi.

Voyons tout cela plus en détail, avec l'essentiel des fashion weeks Automne-Hiver 2015-16.

Les jeunes labels d'une mode nouvelle

Juun J

Jeune marque créée en 2007 par un jeune coréen au style extrêmement puissant et affirmé. Sa notoriété est encore assez faible, mais on ne saurait passer à côté d'un tel talent.

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Sans doute l'un des meilleurs défilés que j'ai pu voir depuis longtemps, qui illustre bien l'importance de prendre du recul afin d'apprécier l'univers de créateurs aussi géniaux.

Les collections de ce jeune designer sont d'une lisibilité exceptionnelle, ce qui traduit l'efficacité de son travail. Ainsi, le vestiaire militaire est revisité à travers des volumes exagérés : épaules enflées, pantalons amples à l'extrême, poches et cols surdimensionnés.

La réalisation est parfaite, comme en témoigne ce long manteau, fusion d'un classique par dessus en drap de laine noir et d'une parka en gabardine kaki, agrémentée d'une collerette posée sur les épaules.

Certes difficile à porter, quoique la dernière tenue plus tailleur soit envisageable, cette collection n'en demeure pas moins l'expression d'une identité construite avec une intelligence folle. Une marque à suivre, assurément, pour le plaisir des yeux !

Note de Benoît : grâce à Romain, j'ai pu assister à ce défilé. Ce que j'en pense : s'il y a quelques répétitions dans les pièces et les couleurs, il n'en demeure pas moins que la collection reste extrêmement claire et compréhensible. C'est le genre de défilé qu'un "novice" peut regarder très facilement. Si je suis toujours très réservé sur le port des pantalons très larges en dehors d'un défilé, les volumes sur le haut du corps sont admirablement gérés et bien travaillés : les carrures sont massives, masculines et bien structurées.

Dernière chose, on aura bouffé de l'inspiration militaire à toutes les sauces, et là, c'est très bien fait, loin d'une interprétation "premier degré". Une vraie réussite !


Ce que l'on admire : les lignes uniques et massives des silhouettes quasi sculpturales.


Craig Green

Il y avait une pression énorme sur ce créateur, qui présentait pour l'hiver son deuxième défilé. Le premier a déclenché une très vive émotion jusqu'à faire pleurer certains invités, émus par l'intense poésie du moment. Encore des modeux perchés dans leur délire, me direz-vous... Eh bien, je n'en suis pas si certain.

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Le style de Craig Green a quelque chose de spontané et de torturé : le défilé est très "parlant" et exprime beaucoup de choses. Au début, nous avons des silhouettes aux volumes assez naturels, parfois réduits au minimum comme avec ce tee shirt blanc optique tiraillé et tendu. Puis on s'achemine vers des carrures plus étoffées, japonisantes si l'on se base sur ce sweat rayé, matelassé et sanglé et à l'allure très robuste. On voit des pièces très imposantes superposées les unes aux autres et parsemées de rubans flottants, tels des tentacules.

Oscillant entre la légèreté de matières flottantes qui évoquent une certaine fragilité, et de la dureté de silhouettes comparables à celles de "soldats urbains", la profondeur de cette collection raconte VRAIMENT quelque chose.


Ce que l'on admire : la force de l'émotion au travers du vêtement.


MELINDAGLOSS 

La collection FW15-16 étant déjà visible en ligne sur le site de la marque, je vous invite à d'abord la regarder afin de vous faire votre propre avis !

Melindagloss

J'ai toujours apprécié l'honnêteté de la démarche incarnée par la jeune marque française. La recherche autour des matières donne toujours une belle consistance au vêtement, portée ici par la superbe palette de couleurs et d'imprimés.

Néanmoins, si chaque élément pris séparément semble intéressant, j'ai eu beaucoup de mal à trouver un fil rouge à tout cela. La marque s'inscrit habituellement dans une approche rationnelle du vêtement (pratique, bien coupé, belles matières...) et plonge soudainement dans une espèce de rêverie fantasmagorique troublante. On est typiquement face à une nonchalance que beaucoup aiment, mais qui, personnellement, et quelle qu'en soit la finalité, me laisse sur l'impression d'un travail brouillon.

Ce que l'on remarque aux premiers abords, ce sont les volumes du bas. L'ère des pantalons très ajustés aux cuisses se termine peu à peu chez la plupart des créateurs, et MELINDAGLOSS en fait partie. Il en ressort une impression de décontraction des tenues, même sur les pièces très tailleur.

Je ne suis pas un habitué de ce genre de pantalon large, mais j'ai très envie d'essayer pour le confort, je me laisserai sûrement tenter cet été (la collection SS15 s'était déjà faite remarquer avec des bas fluides et amples). Il est intéressant de voir comment la marque va bien au-delà de la silhouette ajustée que l'on retrouve partout dans le milieu de gamme.

J'ai apprécié l'effort de mettre de la couleur dans une collection d'hiver où de nombreuses nuances de gris, de pourpre, de rouges et surtout de beige se côtoient. Cela dit, je reste réservé quant aux quelques épaules sciemment tombantes que j'ai vues sur quelques pièces, mais j'ai été très emballé par certains jeux de couleurs.

Enfin, notons une collection complète sur les chaussures, aux designs plutôt atypiques : j'ai reconnu le goût de Mathieu de Ménonville pour les slippers et autres mocassins, qui fleurissent dans cette collection, malgré une intrigante paire de bottines grises.

Les sneakers ne sont pas en reste, avec un design qui ne s'inspire d'aucun autre modèle. Il semble qu'elles soient montées sur une semelle Margom, mais à confirmer en boutique. Bref, il y a beaucoup de designs forts pour cette première incursion dans le footwear, qui auront réussi à éveiller ma curiosité pour les "voir en vrai". Même si je n'ai jamais été très attiré par des mocassins.


Ce que l'on admire : des couleurs beaucoup plus joyeuses que ce que l'on voit habituellement en hiver.


Lee Roach

Je suis, depuis ses débuts, ce tout jeune designer lancé sur les podiums il y a quelques saisons seulement, et apprécie la rigueur futuriste de son style.

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La marque de fabrique Lee Roach fait parti de mes favorites : il se sert de sangles pour modifier la structure du vêtement. Les pulls à col cheminée (longs !) sont ceinturés, ce qui évite d'ailleurs le risque d'une silhouette trop linéaire. Sur deux tops à l'aspect métal brossé (si je puis dire), les sangles reviennent serrer légèrement la taille mais par les flancs : avec une encolure ras de cou presque "bateau", le résultat est vraiment très intéressant.

Le dernier look fonctionne un peu moins bien, desservi par l'androgynie du mannequin et la référence trop nette des chaussures aux ballerines pour femmes. Les inspirations "techno" et futuristes construisent un style unique, d'autant plus que la fabrication semble suivre : good job !


Ce que l'on admire : des silhouettes futuristes dessinées par des sangles.


Les Maisons historiques

À Londres

Burberry Prorsum

Burberry est un petit empire construit selon un modèle pyramidal avec, au sommet, la ligne Prorsum. Elle incarne un esprit purement British alliant élégance et fantaisie, ce qui ne veut pas dire que ce soit toujours réussi.

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D'abord des capes tricotées et surdimensionnées, du cuir façon poulain imprimé de tâches léopard, de la peau retournée et quelques pièces brodées de centaines de perles : voici pour l'essentiel de la garde robe hivernale selon Burberry.

Au fil des ans, Bailey a marqué la Maison britannique d'une empreinte rustique en utilisant par exemple des lainages très épais, des matières brutes et naturelles. Sa fantaisie rafraîchit ses collections d'imprimés animaliers et kitschs, créditées de quelques pièces extrêmement travaillées, à l'image de la dernière pièce toute rebrodée.

Un exercice intéressant, mais parfois un peu essoufflé et répétitif.


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : l'intégration des motifs ou matières très excentriques dans des tenues beaucoup plus formelles.


E. Tautz

L'une des références de Savile Row revisite son style de manière à proposer un prêt-à-porter doté de sa propre identité, en parallèle du bespoke (sur-mesure).

Tautz

En plein dans la mouvance de silhouettes surdimensionnées, Patrick Grant donne une nouvelle perspective à l'esprit tailleur de la Maison. Les coupes amples ont ce côté intéressant qui permet de mettre les matières en mouvement : jouant avec la lumière, elles révèlent toutes leurs nuances.

It's all about grey, mais la palette chromatique déballe un nombre infini de teintes allant de l'anthracite au gris fumé très clair. Notez les manteaux très longs (sous le genou) : ils sont partout sur les podiums et vont, à coup sûr, confirmer leur suprématie chez de très nombreuses marques plus accessibles.


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : les manteaux oversize, qui seront banalisés d'ici très peu de temps.


 À Milan

Dolce & Gabbana

Après quelques années d'errance, la Maison italienne s'est rattrapée juste avant de tomber dans une suicidaire expansion commerciale, mettant en péril son exclusivité. Le duo italien a su pérenniser sa mode, et signe une collection extrêmement représentative de son style unique.

Dolce & Gabbana

Ils puisent dans l'histoire de l'Italie afin d'explorer le style baroque sous différentes formes. Ils se fichent totalement de savoir si leur mode est sobre ou non, et cela fait du bien : les tee shirts en soie et sweats en velours rebrodés d'or et de perles sont un vrai bonheur, tant au niveau de la réalisation que du style.

Niveau tailoring, vous pourrez compter sur des complets 3 pièces col châle, ou des blazers croisés en velours aux applications matelassées, bien taillés et réussissant parfaitement le twist entre pièces modernes et détails médiévaux. Une collection extrêmement cohérente.


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : Les détails dorés donnant une profondeur et un relief très intéressants au vêtement.


Versace

"Versace Versace Medusa head on me like I'm illuminati" dit Migos dans un featuring avec Drake entièrement consacré à la marque italienne. Et pourtant, Versace est une Maison ayant bien plus à montrer que ces énormes chaînes Medusa pour lesquelles Benoît a bien failli comparaître devant le tribunal de la sobriété pour abus de blingbling !

versace

Cette saison marque un assagissement considérable du style après quelques années de délires artistiques discutables. Superbes pièces tailleurs avec en star des vestes asymétriques fermées par un clip de métal doré.

La matière principale de la collection est le cachemire : il est présent absolument partout, à commencer par de superbes manteaux longs aux cols appliqués de fourrure de vison. Le glamour et le luxe sont parfaitement assumés, et il faut bien reconnaître que les silhouettes sont impressionnantes.

J'ai été un peu dérangé par quelques looks trop androgynes, composés de leggings ultra moulants souvent portés sous un pull trop long. On ne peut, en revanche, qu'admirer la noblesse de pièces telles que ce hoodie en cachemire doublé de fourrure, ou ce blouson de biker en agneau plongé parsemé de nombreux détails dorés. Même remarque pour les sneakers façon bottier à tomber par terre !


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : l'opulence assumée des matières nobles pour rehausser une tenue plus simple.


Gucci

Sous la direction de Frida Giannini (qui a quitté la marque précipitamment en début d'année), Gucci a été la seule marque crédible à revendiquer un style dandy, par contraste avec les innombrables usurpations de ce terme. Son travail est précis, rigoureux, d'une élégance renversante. Imaginez la fébrilité des pros du secteur, impatients de découvrir le "nouvel homme Gucci".

gucciPlutôt que de parler de déception, le terme d'incompréhension serait plus approprié. Blouses en mousseline de soie aux imposantes lavallières (les gros nœuds autour du cou), capes nouées, tops en dentelle : le côté androgyne de ce style dénature l'élégance à l'italienne de Gucci.

Et finalement, il n'y a pas grand chose que l'on aurait envie de porter, si ce n'est un blazer aux liserés blancs dessinant le col, ou une veste en cuir suédé qui ira à la perfection avec un pantalon blanc et de jolies solaires aux verres dégradés : rital bien comme il faut.

En tout cas, reste à savoir si Zara & Co oseront copier ce style comme ils le font souvent, ou si la marque d'Inditex se trouvera une autre source d'inspiration/plagia.


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : pas grand chose, si ce ne sont les couleurs très 70's pour apporter un peu de fantaisie à sa garde robe.


 À Paris

Dior Homme

L'un des défilés les plus impressionnants auxquels j'ai pu assister : un long rideau noir s'est soulevé pour dévoiler des musiciens (violonistes, trompettistes, percussionnistes...) assis en file, tous vêtus de costumes noirs et de sneakers blanches. Grosse pression pour cette collection qui se doit d'être à la hauteur d'un tel spectacle !

Dior

Kris Van Assche s'en sort bien en réussissant un bon mélange entre l'affirmation d'un style fort et la maîtrise d'une certaine sobriété : la plupart des pièces peuvent se porter très facilement. La partie tailleur est la plus concordante avec le thème du show, reprenant queue de pie, nœud papillon et autres détails typiques d'un chef d'orchestre.

Pour le casual/sportswear, j'aime particulièrement l'idée de confectionner des pantalons de jogging dans un cuir plongé ou une flanelle rayée : avec une chemise habillée et des sneakers, l'effet est top. Enfin, le plus long des manteaux est chez Dior, et il sera teinté d'un lie-de-vin soyeux. Une belle collection très inspirée !


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : le mix au sein d'une même pièce entre le formel et le casual, succès à tous les coups !


Lanvin

Nombreux sont les lecteurs de Bonne Gueule à beaucoup aimer Lanvin, notamment pour les chaussures que Benoît et Geoffrey affectionnent tout particulièrement. Pour ce qui est du PAP, je serai un peu plus réservé car la vieille Maison française est capable du meilleur comme du pire.

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Le style Lanvin, parce qu'il exprime un langage très spécial, est plus facile à dépareiller qu'à porter en "total look". Ossendrijver et Elbaz semblent s'en amuser, car ils ont composé toute une série de pièces superposées les unes aux autres, comme si l'on devait "effeuiller" la silhouette et choisir ce qui nous plaît.

Je prendrai personnellement cette veste à encolure ronde et poches à rabats, certes un peu féminine par écho à la veste d'un tailleur Chanel, mais diablement bien taillée. À porter avec des sneakers, un jean brut très simple et une chemise à col officier ; pourquoi pas une fine cravate noire.

Le pardessus imprimé Prince de Galles irait parfaitement avec un pull rouge à encolure ronde et un chino foncé, de même que la Parka technique noire complèterait à merveille une tenue "biker" au pantalon surpiqué et près de la jambe.

Le top sans manche mérite le détour pour la manière dont il dessine une carrure vraiment magnifique aux lignes très originales. Tout cela est très inspirant en tout cas, vous ne trouvez pas ?


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : l'idée de dépareiller certains éléments pour casser la monotonie de la tenue, même si cela est très risqué.


Wooyoungmi

La jeune marque coréenne est souvent apparue dans les articles de BonneGueule : elle ne cesse d'évoluer et ne se repose pas sur ses lauriers, malgré une notoriété très forte au sein des défilés parisiens.

WYM

La créatrice sait brouiller les pistes : hormis un sens inouï de la coupe et l'utilisation de matières superbes, elle explore tellement d'univers qu'il est difficile de "codifier" le style Wooyoungmi. Qu'importe, car c'est encore une très belle collection que nous avons là, même s'il m'a fallu voir le vêtement de près pour apprécier la qualité des détails et des matières. À commencer par un tweed à chevrons absolument superbe, si intelligemment utilisé pour tailler un tee shirt aux épaules contrastantes : brillant !

Éléments phares de ce vestiaire hivernal, les peaux d'agneau affichent tantôt une fourrure tondue aux reflets incroyables, tantôt une peau lisse et immaculée... ou les deux, à l'image de ce manteau double face dont l'intérieur est en cuir plongé. La palette de couleurs neutres racontent un crépuscule urbain très poétique : cette balade vespérale est un enchantement à tous points de vue !


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : le tee shirt en tweed ! De quoi sublimer sobrement une tenue.


Les créateurs qui se sont égarés...

Prada

Le nom italien est connu à travers le monde pour ses sacs et son style ultra intello/retro. Miuccia Prada est une précurseur hors paire du sportswear, et a été la première à dériver des matières synthétiques comme le nylon pour en faire du prêt-à-porter. Et pourtant...

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Avec une histoire aussi forte et un héritage si riche, on pourrait imaginer que Prada a tout pour réussir des défilés exceptionnels. Balivernes !

Depuis plusieurs saisons, la marque est vraiment décevante : les collections sont purement insignifiantes, et en boutique le prix apparaît honteusement abusif au vu des finitions et de la fabrication. Si l'on exclu le travail du nylon vraiment réussi pour cette chemisette et ce costume croisé, le reste n'est qu'un enchaînement fade de pardessus droits, de costumes noirs et pulls fins.

La scénographie et la musique sont absolument géniales, mais sortis de là et pris pour ce qu'ils sont, les vêtements perdent énormément de saveur.


À zapper : les coupes droites des pardessus.


Bottega Veneta

"Atelier Vénitien" (traduit littéralement) s'illustre par sa superbe maroquinerie et sa très intelligente technique de tressage du cuir "intreciatto". En revanche, niveau prêt-à-porter, gros coup de gueule pour la saison hiver 2015/16.

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C'est tout simplement le défilé le plus minable que j'ai vu. Certains font n'importe quoi mais, à la rigueur, se donne du mal pour cela. Là, on se trouve face à un ramassis de vieilles fringues mal taillées et mal coupées. Les velours se déclinent dans une palette de couleurs totalement bancale, et les mariages de teintes sont purement répugnants. Le créateur a été raconté qu'il voulait parler d'un homme qui ne réfléchit pas quand il s'habille et va vers la simplicité.

Ce qui reviendrait à dire que ne pas se prendre la tête pour s'habiller le matin signifie sortir un vieux jean du grenier, et balancer dessus un pull miteux et un caban trop grand aux emmanchures désastreuses. Mais vous savez la meilleure ? C'est qu'il faudrait débourser plusieurs milliers d'euros pour cela ! À vous d'en juger 😉


À zapper : tout, sauf les accessoires.


Maison Margiela

Il a été l'un des créateurs fondateurs d'une mode minimaliste, poussant à l'extrême sa recherche de discrétion et d'anonymat. Aujourd'hui rachetée par Diesel, la Maison se cherche un peu en termes de style et peine à convaincre. Un épisode passager, à n'en pas douter.

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Le plus difficile est de trouver une cohérence entre les différents looks : une veste bi matière - superbe - côtoie un caban en patchwork importable, un ensemble très sobre couleur taupe ainsi qu'un sweat rose glossy/métal. Les pièces les plus simples sont assurément les plus belles, mais l'on peut attendre un peu plus d'un défilé qu'une présentation d'éléments basiques déjà présents dans nos penderies.

John Galliano, récemment recruté par la Maison, prendra les rênes de la collection masculine dès cet été. On imagine alors qu'un fort parti sera pris au niveau du style et donnera à la marque un nouveau sens.


À zapper : les designs surchargés de type patchwork.


Voici pour l'essentiel : ces reviews ne sont pas exhaustives. Si une marque en particulier vous interroge, qu'elle figure dans cet article ou non, n'hésitez pas à me solliciter ! Je répondrai avec plaisir à toutes vos questions.

Cheers ! 

Romain Rousseau A propos Romain Rousseau

Voir un tailleur marquer sa toile m'impressionne, regarder une brodeuse faire virevolter son aiguille me donne des frissons, admirer un cuir parfait me fait sourire. Je suis passionné par le Luxe pour ce qu'il est (rigueur, excellence, amour du beau), et plus encore j'aime partager et transmettre cette passion. [email protected]

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  • Romain R

    Merci beaucoup Jean !
    Effectivement les amateurs du style Acne ne devraient pas être déçu. Mais à titre personnel, je trouve que présenter un simple lookbook d’une quinzaine de modèles c’est vraiment très light… J’irai même jusqu’à dire que les visuels de l’eshop ont bien meilleure allure !

  • ConstanceBG

    Bonjour Jean,
    Merci pour ton retour positif, ça fait toujours plaisir.
    Les défilés Acne Studios sont toujours très qualitatifs, et celui-ci n’échappe pas à la règle 🙂
    Bonne journée

  • Romain R

    Merci ! Très franchement, je pense que la ligne Prorsum va très vite s’essouffler… Le directeur artistique n’est pas du tout impliqué (en même temps il occupe 80% des postes de direction à lui tout seul) et il semble ne pas avoir trouvé dans son équipe quelqu’un capable de faire le job à sa place. L’insertion de 2/3 pièces extrêmement ouvragées dans le défilé pour donner le la ne fera pas longtemps illusion !

  • Dodo69003

    Bravo pour cet article.
    Très sympa les quelques modèles Wooyoungmi en photo.
    Moi qui suis grans amateur de burberry prorsum et qui on possède de nombreuses pièces, je suis un peu déçu pour leur dernière collection. Difficilement portable a mon sens. Si on reprend le collection automne hiver 2008-2009 – une de mes préférées – tout ou presque était portable y compris en total look. Alors que là…

  • Romain R

    C’est super intéressant comme remarque, pour rejoindre Benoit et Geoffrey. Tu m’offres un bel axe de travail là : comment « neutraliser » le propos face à ce qui n’est autre qu’un choix « artistique » finalement. Maintenant, j’en profite pour te poser la question : qu’est ce que tu attends d’un critique de mode ? Comment tu définirais son rôle ? C’est une question fondamentale mais que j’ai pas souvent l’occasion de poser…

    Au delà du vêtement dans lequel tu peux te projeter ou non, il y a aussi une projection au travers du mannequin. C’est d’ailleurs aussi pour cela qu’il y a une telle diversité à ce niveau là : comme dans les séries TV, le but c’est que tout le monde puisse s’identifier à travers au moins une figure, ou du moins y trouver un « modèle ». Donc à partir du moment où tu ne te retrouves pas du tout dans le casting, il est clair que sans être rédhibitoire, cela complique la bonne réception de la collection.

    Plus précisément dans cet article, concernant le défilé Gucci, j’ai plus été gêné pour une histoire de cohérence. La direction artistique vient de changer, et disons que la transition a été super violente… Le subjectif prend parfois le dessus, surtout que j’ai vraiment énormément d’admiration pour Frida Giannini et sa vision extrêmement raffinée de la mode masculine ! En y repensant, il y avait aussi dans son travail une touche très féminine d’ailleurs, notamment dans cette collection (http://www.style.com/fashion-shows/spring-2013-menswear/gucci/collection) contenant de nombreuses soies aux imprimés floraux et une palette de couleurs délicate, très riviera.

  • BenoitBG

    C’est fait !

  • BenoitBG

    Remarque très pertinente, moi-même je m’étais pas rendu compte qu’une morphologie presque féminine me dérangeait.
    Je suis très très loin d’être un ayatollah de la masculinité, comme j’ai pu le voir ailleurs, où tout est bon pour prétexter/crier sur tous les toits qu’on est un homme, mais il est vrai que j’aime moins ces morphologies très fines, car elles me donnent l’impression qu’elles sont sous-nourries !

  • Merci Axel, effectivement, tu as raison de le souligner. Je pense qu’un aspect féminin peut apporter un équilibre en toute chose (tant que ce n’est pas un excès), et c’est aussi vrai en mode (j’adore les longues écharpes et les plissés par exemple). Mais c’est rapidement casse-gueule pour des débutants, du coup on a tendance à écrire ce type de choses. Merci de le faire remarquer, ça me fait effectivement réfléchir.

  • douteur

    Bonjour,
    Merci tout d’abord pour ces critiques complètes des différents défilés de fashions weeks qu’on ne sait pas toujours comment interpréter…
    En revanche ce que je ne comprends pas, c’est la façon que vous avez d’attribuer un bémol à tout ce qui paraît trop androgyne, comme si c’était un point négatif. Je remarque que c’est une constante dans ce blog, de vouloir toujours chercher à être le plus « masculin » et imposant possible, mais je trouve dommage que vous rabaissiez toujours ce qui ne correspond pas à cette image (cf le commentaire de Benoit sur le mannequin en photo ci-dessus : « ça en devient presque féminin », comme si le féminin était quelque chose de mauvais en soi).
    Après, cela ne change rien au reste de vos articles qui sont de très bonne qualité, et que j’apprécie beaucoup, mais ce point m’avait frappé, et je souhaitais vous en faire la remarque.

  • BenoitBG

    Epoque Rousteing !

  • Romain R

    Tout est dit 😉

  • Romain R

    Aucune haine qui m’aveugle, c’est un jugement hâtif. Vous savez depuis le temps que je scrute la mode avec la passion viscérale qui est la mienne, j’ai appris que le recul est essentiel et recherche toujours l’objectivité : lorsque j’émet une critique, vous remarquerez qu’elle est toujours un minimum construite. Oh bien sur, j’ai mes affinités avec certaines maisons, cela ne m’empêche pas de reconnaitre et admirer une démarche artistique honnête, d’où le présence de certains jeunes talents dont les pièces me semblent impossibles à porter. Pour le cas du slim, je dirai qu’il a été éprouvé par la mode ces 10 dernières années, de tellement de façons différentes qu’il devient difficile de les répertorier. J’apprécie le fitting cintré de certains créateurs, et reconnais volontiers toute l’influence de Slimane et sa construction d’un registre nouveau, même si je ne me projette pas dans le vêtement.
    Je suis le premier à faire l’éloge des jeans biker de la maison Balmain, je ne suis cependant pas convaincu ni par la qualité de certaines pièces, ni par l’univers artistique nouvellement créé autour de la marque.
    Mais en tout cas, je suis ravi que vos pièces Balmain vous enchantent, vraiment.

  • BenoitBG

    Ahah encore un débat sur Balmain ! Un jour il faudra qu’on se montre nos pièces Balmain parce que je fais exactement le constat inverse sur mes pièces Balmain : la confection, même pour du made in France, n’est pas du tout à la hauteur du prix…

  • BenoitBG

    Je suis un partisan des physiques bien musclés et de la discipline qui va derrière, mais sérieusement, les jambes aussi fines, ça en devient presque féminin. Il a pas l’air de respirer la santé…

  • Romain R

    Vous aurez remarqué que Bonne Gueule s’intéresse avant tout au produit, au travail bien fait… On est donc bien loin des avis de modeux, et on l’assume parfaitement.

  • Frederic

    Je parle de l’omniprésence de Balmain ou SLP par exemple sur les forums de « modeux », type Superstyle ou Stylzeitgeist, qui sont énormément lus et suivis dans le monde. Il n’y est presque jamais question en revanche de Lanvin ou de Dior (ou alors de l’époque Slimane)

  • Romain R

    Bien entendu, comme je le disais, tous les mannequins ne sont pas rachitiques, loin de là ! Néanmoins, le poids et la silhouette de certains sont vraiment assez dérangeants, voir répugnants… _A2X1114.jpg
    Les magazines retouchent dans des proportions à peine imaginables leurs mannequins… Et disons que Tetu, par son orientation, a plutôt intérêt à présenter des hommes « désirables » plutôt que des hommes n’ayant que la peau sur les os.

  • Romain R

    La ligne masculine de Balmain vous semble plus médiatisée que celle de Dior ou de Lanvin ? Avez-vous une idée du nombre inimaginable de photographes et de cameras au travers desquels il faut se frayer un chemin lors de leurs défilés ? Ce sont deux maisons à l’identité forte et reconnaissable, cela va sans dire. Mais pour le cas de Balmain en particulier, voir Rihanna, Kardashian et autres figures discutables de bon goût faire les unes couvertes de passementeries ne devrait pas être considéré comme gage de qualité de la ligne masculine…

  • Frederic

    Regardez des mannequins comme Clément Chabernaud, ou justement toute l’écurie Balmain qui pose ce mois-ci dans Têtu: vous verrez des hommes fins mais extrêmement musclés, et qui de toute évidence font de la salle chaque jour: épaules larges, biceps et deltoïdes développés, abdos impeccables

  • Frederic

    Ce sont de loin les deux maisons les plus médiatisées… Dire que l’influence de Balmain, énorme en Europe et en Asie, est faible, est tout de même surprenant

  • Romain R

    Il existe véritablement différentes morphologies de mannequins, je suis étonné qu’un amateur de Saint Laurent par Slimane ne s’en soit pas aperçu. Je peux assurer, pour les avoir vus de près, que certains sont rachitiques et ne fréquentent aucune salle de sport. A tel point que c’est même devenu un problème de santé publique d’ailleurs.
    Maintenant, chacun son métier Frédéric, et le miens n’est pas d’être mannequin !

  • Romain R

    L’influence de Balmain en matière de mode masculine me parait assez limitée… Mais bon je comprends que certains puissent la prendre en référence. Ici c’était purement une question de choix : je ne pouvais pas traiter TOUS les défilés. Je ne dirai pas que les maisons citées « donnent le la » comme vous dites, car je ne doute pas que vous ayez pu constater à quel point le style des personnes arpentants les rues des « grandes métropoles branchées » est hétéroclite : il n’a jamais été aussi diversifié. L’hégémonie de quelques noms seulement est belle et bien finie !

  • Romain R

    Avec plaisir.

  • Alcandre

    Que du bon ! Merci mille fois !

  • Romain R

    Merci Luca, je vois que tes connaissances t’ont permises de constater par toi même les limites de certaines marques de faux luxe comme Prada ! L’autre revers de la médaille comme tu l’as remarqué, ce sont les vendeurs : malgré un job extrêmement difficile (j’ai moi même travaillé dans le secteur en job étudiant), ils sont très peu reconnus financièrement, mais pas que. Si certaines marques leur offre la possibilité de choisir des tenues parmi une sélection du magasin (ce qui me parait vraiment bien), d’autres les habillent dans des ensembles effectivement mal taillés, fabriqués en Chine, et parfois même… déjà portés et non lavés !

    Le manteau Versace a ceci d’intéressant qu’il est extrêmement luxueux et chic : les matières nobles sont assumées par une coupe impeccable. Il sublimera donc parfaitement une tenue habillée et sobre, mais s’accommodera très bien d’une tenue plus casual, composée pourquoi pas d’un pantalon à la coupe loose, d’un jean… Je ne conseille pas l’oversize : il ne faudrait pas trop tasser la silhouette. Pour le manteau Dior, tout est question de taille : lorsque j’ai fais l’acquisition d’une pièce semblable, les vendeurs m’ont bien fait comprendre que la pièce ne s’était pas bien vendue parce que peu avaient la carrure et la taille pour le porter. Et il est vrai que si tu n’as pas la carrure pour, le manteau long va vite avoir l’air d’une robe de chambre et te désavantager. Cela étant, ce n’est pas mission impossible non plus – loin de là- et ce type de pièce peut avoir l’avantage de « lisser » la silhouette effectivement, mais dans le bon sens, c’est à dire en l’harmonisant. Je ne peux que te conseiller un essayage pour confirmer/infirmer tout cela !

  • Romain R

    Merci ! Alors sur les différents TV par box il y a bien sûr Fashion TV : il y a du bons avec les défilés filmés en HD, des focus sur les designers etc, mais il y a aussi du bien cheap avec des soirées pourries blindées de mineures estoniennes, tout ça tout ça. Du tri à faire. Sinon, la plupart des marques proposent sur leur site les vidéos de leur dernier show, voire même parfois un livestream. Sinon, enfin, il y a l’excellente chaine youtube de fashion channel, sur laquelle on trouve presque tous les défilés du monde https://www.youtube.com/user/FashionChannel/playlists?spfreload=10 .

  • Romain R

    Malheureusement, oui, les mineurs sous alimentés à l’insupportable mine boudeuse ont de l’avenir… Sauf chez certains italiens, qui assument parfaitement leur côte « glamour ».

  • Fred

    Merci pour cette réponse. Ces arguments me semblent tout à fait pertinents.

  • Romain R

    Merci beaucoup ! L’idée de cheminement est intéressante, et effectivement la recherche d’une cohérence entre les looks d’un défilé est un excellent moyen d’affuter son oeil. A partir du moment où tu parviens à capter l’univers d’un créateur à travers ses vêtements cela devient vraiment intéressant, à condition de tomber sur un défilé avec une VRAIE démarche artistique, genre Juun J.
    Concernant Lim 3.1, je trouve que c’est quelqu’un de très honnête et impliqué dans sa démarche créative : on voit sur chaque défilé qu’il y a quelques matières particulièrement ouvragées, comme les mailles de nylon pour l’hiver prochain. Le côté expérimental est encore bien là, et à mon sens on retrouve bien l’intention de re travailler un vestiaire inspiré du sportwear de montagne et de l’escalade à travers les matières et les harnais. Maintenant, on sent que c’est encore fragile et du coup il peut y avoir quelques incohérences dans les différentes pièces du défilé. En terme de réalisation, tout ne semble pas toujours très juste, mais vraiment je dirai que ce qu’il propose est frais et mérite de murir encore un peu !
    Etudes Studio je serai beaucoup plus réservé, mais je dois bien dire que je ne connais pas vraiment le travail de la marque… A première vue, j’y vois un meltin pot de plusieurs marques assez fade. Disons que les imprimés avec des QR codes ou des paysages urbains, ça ne fait pas une collection et que c’est un peu facile quoi. C’est pas suffisamment abouti et « racé » à mon goût, mais c’est très personnel comme avis ! Ce sont des labels que tu apprécies ?

  • Romain R

    Merci pour le retour ! Concernant les méga brands, certaines n’ont effectivement plus vraiment de lien avec ce qu’elles étaient au départ (Gucci, Dior, Lanvin…). En revanche, certaines ont réussi à inventer non pas une mode, mais carrément un style, ce qui est le cas de Versace, de Dolce & Gabbana mais aussi d’autres qui ne sont pas mentionnées ici comme Issey Miyake, Etro, Giorgio Armani… Et comme par hasard (vraiment), on notera que toutes les maisons que je viens de citer sont indépendantes ! Les concernant, elles se sont construites à partir de savoir-faire bien spécifiques qui existent encore aujourd’hui dans leurs collections. Entre toutes les mega brands n’ayant parfois de luxueux que le nom, il ne faudrait pas oublier toutes celles qui n’ont jamais renoncé à leur intégrité en perpétuant les savoirs-faire ayant fait leur renommée.
    Concernant Dunhill, j’avoue ne pas être convaincu par le travail présenté. Rien à dire sur la réalisation et les matières, c’est en terme de style que je trouve la collection « batarde ». J’en profite pour rebondir sur votre scepticisme quant aux défilés : je pense qu’il s’y passe tout de même énormément de choses pour peu que les maisons ait véritablement quelque chose à présenter. Dans le cas de Dunhill, il y a beaucoup de belles choses, mais des choses déjà classiques, déjà vues, voir même déjà portées, et là une belle réalisation ne suffit pas à justifier le défilé. Souvent vu comme une fin en soi par les marques, il DOIT demeurer un moment d’exception durant lequel des marques au style très affirmé (jeunes ou moins jeunes) proposent une vision de la mode masculine à un moment T. Proposer de beaux pulls torsadés avec un joli pantalon à plis : en lookbook pdf ok, pas sur un podium quoi…

  • Fred

    Bonjour, bon article. Dommage de perdre du temps avec certaines « méga-brand », car ce n’est plus que cela et rien d’autre (aucun héritage, aucune cohérence, aucun travail même ?). Content que l’on parle d’ E.Tautz avec Patrick Grant qui fait un gros boulot (travail d’archive, matières, coupes, adn tailleur.) même si ce n’est pas ma cup of tea. Toujours sur le coté anglais et même s’il ne défile pas, j’aurai bien aimer voir une critique du travail de John Ray qui n’a pas un boulot facile avec Dunhill. Je reste assez dubitatif (mais intéressé) par le monsieur pour l’instant. Peut être faut il lui laisser un peu de temps. C’est quand on voit les défilés qu’on se dit que ce n’est pas là que les choses se passent en termes de style masculin.

  • Romain R

    Merci beaucoup Tristan, toujours un plaisir de partager tout ça avec les lecteurs !

  • Tristan

    Toujours très intéressant tes articles Romain! Continue de nous instruire!