Dossier : analyse des tendances homme de la fashion week automne/hiver 2015/2016

Temps de lecture : 13 minutes

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Le moment est venu d'aller explorer la mode des podiums. Quels sont les petits nouveaux et futurs grands noms de demain ? Que font vraiment les grands noms historiques de la mode, au-delà des publicités de parfum ? Qui s'est royalement craqué ? La réponse en texte et en image !

Avant cela, juste une petite précision quant à l’exercice de la critique de mode, sujet à de nombreuses interrogations. Il est aujourd’hui possible de le faire (presque uniquement) via les blogs pour une raison simple : l’affiliation et la dépendance aux annonceurs ont cannibalisé les contenus. Cela ouvre la voie aux blogueurs pour prendre le relai de la presse critique, à condition qu'ils soient crédibles dans ce rôle.

À mon sens, la chose la plus importante pour acquérir cette légitimité n'est pas d'aller à des soirées hype faire des selfies avec des hipsters, mais de travailler beaucoup, tout simplement. Matières, coupes, influences historiques et culturelles, tant de choses à apprendre pour comprendre la mode. Heureusement, la passion est un moteur surpuissant.

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Indispensable lors des défilés : le carnet de notes. Parfois, certaines pièces ne donnent rien en photo donc j'en fais un bref croquis (quand je peux) avec remarques et questions concernant les matières. Chacun met en place sa méthode et son charabia pour s'y retrouver !

Dernière petite chose : les défilés ont tendance à être victimes de nombreux amalgames. Les vêtements présentés sont catalogués "importables" ou "perchés", les vidant de tout leur intérêt. Ces étiquettes s'avèrent abusives lorsqu'elles qualifient l'ensemble des défilés sans distinction, et par défaut.

Beaucoup de marques proposent des choses tout à fait portables, à condition d'avoir parfois un brin d'audace. D'autres vont loin, inventent leurs propres codes grâce à une immense rigueur, ce qui est admirable. Enfin, il y a ceux qui ternissent l'image de la mode en faisant n'importe quoi.

Voyons tout cela plus en détail, avec l'essentiel des fashion weeks Automne-Hiver 2015-16.

Les jeunes labels d'une mode nouvelle

Juun J

Jeune marque créée en 2007 par un jeune coréen au style extrêmement puissant et affirmé. Sa notoriété est encore assez faible, mais on ne saurait passer à côté d'un tel talent.

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Sans doute l'un des meilleurs défilés que j'ai pu voir depuis longtemps, qui illustre bien l'importance de prendre du recul afin d'apprécier l'univers de créateurs aussi géniaux.

Les collections de ce jeune designer sont d'une lisibilité exceptionnelle, ce qui traduit l'efficacité de son travail. Ainsi, le vestiaire militaire est revisité à travers des volumes exagérés : épaules enflées, pantalons amples à l'extrême, poches et cols surdimensionnés.

La réalisation est parfaite, comme en témoigne ce long manteau, fusion d'un classique par dessus en drap de laine noir et d'une parka en gabardine kaki, agrémentée d'une collerette posée sur les épaules.

Certes difficile à porter, quoique la dernière tenue plus tailleur soit envisageable, cette collection n'en demeure pas moins l'expression d'une identité construite avec une intelligence folle. Une marque à suivre, assurément, pour le plaisir des yeux !

Note de Benoît : grâce à Romain, j'ai pu assister à ce défilé. Ce que j'en pense : s'il y a quelques répétitions dans les pièces et les couleurs, il n'en demeure pas moins que la collection reste extrêmement claire et compréhensible. C'est le genre de défilé qu'un "novice" peut regarder très facilement. Si je suis toujours très réservé sur le port des pantalons très larges en dehors d'un défilé, les volumes sur le haut du corps sont admirablement gérés et bien travaillés : les carrures sont massives, masculines et bien structurées.

Dernière chose, on aura bouffé de l'inspiration militaire à toutes les sauces, et là, c'est très bien fait, loin d'une interprétation "premier degré". Une vraie réussite !


Ce que l'on admire : les lignes uniques et massives des silhouettes quasi sculpturales.


Craig Green

Il y avait une pression énorme sur ce créateur, qui présentait pour l'hiver son deuxième défilé. Le premier a déclenché une très vive émotion jusqu'à faire pleurer certains invités, émus par l'intense poésie du moment. Encore des modeux perchés dans leur délire, me direz-vous... Eh bien, je n'en suis pas si certain.

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Le style de Craig Green a quelque chose de spontané et de torturé : le défilé est très "parlant" et exprime beaucoup de choses. Au début, nous avons des silhouettes aux volumes assez naturels, parfois réduits au minimum comme avec ce tee shirt blanc optique tiraillé et tendu. Puis on s'achemine vers des carrures plus étoffées, japonisantes si l'on se base sur ce sweat rayé, matelassé et sanglé et à l'allure très robuste. On voit des pièces très imposantes superposées les unes aux autres et parsemées de rubans flottants, tels des tentacules.

Oscillant entre la légèreté de matières flottantes qui évoquent une certaine fragilité, et de la dureté de silhouettes comparables à celles de "soldats urbains", la profondeur de cette collection raconte VRAIMENT quelque chose.


Ce que l'on admire : la force de l'émotion au travers du vêtement.


MELINDAGLOSS 

La collection FW15-16 étant déjà visible en ligne sur le site de la marque, je vous invite à d'abord la regarder afin de vous faire votre propre avis !

Melindagloss

J'ai toujours apprécié l'honnêteté de la démarche incarnée par la jeune marque française. La recherche autour des matières donne toujours une belle consistance au vêtement, portée ici par la superbe palette de couleurs et d'imprimés.

Néanmoins, si chaque élément pris séparément semble intéressant, j'ai eu beaucoup de mal à trouver un fil rouge à tout cela. La marque s'inscrit habituellement dans une approche rationnelle du vêtement (pratique, bien coupé, belles matières...) et plonge soudainement dans une espèce de rêverie fantasmagorique troublante. On est typiquement face à une nonchalance que beaucoup aiment, mais qui, personnellement, et quelle qu'en soit la finalité, me laisse sur l'impression d'un travail brouillon.

Ce que l'on remarque aux premiers abords, ce sont les volumes du bas. L'ère des pantalons très ajustés aux cuisses se termine peu à peu chez la plupart des créateurs, et MELINDAGLOSS en fait partie. Il en ressort une impression de décontraction des tenues, même sur les pièces très tailleur.

Je ne suis pas un habitué de ce genre de pantalon large, mais j'ai très envie d'essayer pour le confort, je me laisserai sûrement tenter cet été (la collection SS15 s'était déjà faite remarquer avec des bas fluides et amples). Il est intéressant de voir comment la marque va bien au-delà de la silhouette ajustée que l'on retrouve partout dans le milieu de gamme.

J'ai apprécié l'effort de mettre de la couleur dans une collection d'hiver où de nombreuses nuances de gris, de pourpre, de rouges et surtout de beige se côtoient. Cela dit, je reste réservé quant aux quelques épaules sciemment tombantes que j'ai vues sur quelques pièces, mais j'ai été très emballé par certains jeux de couleurs.

Enfin, notons une collection complète sur les chaussures, aux designs plutôt atypiques : j'ai reconnu le goût de Mathieu de Ménonville pour les slippers et autres mocassins, qui fleurissent dans cette collection, malgré une intrigante paire de bottines grises.

Les sneakers ne sont pas en reste, avec un design qui ne s'inspire d'aucun autre modèle. Il semble qu'elles soient montées sur une semelle Margom, mais à confirmer en boutique. Bref, il y a beaucoup de designs forts pour cette première incursion dans le footwear, qui auront réussi à éveiller ma curiosité pour les "voir en vrai". Même si je n'ai jamais été très attiré par des mocassins.


Ce que l'on admire : des couleurs beaucoup plus joyeuses que ce que l'on voit habituellement en hiver.


Lee Roach

Je suis, depuis ses débuts, ce tout jeune designer lancé sur les podiums il y a quelques saisons seulement, et apprécie la rigueur futuriste de son style.

lee roach

La marque de fabrique Lee Roach fait parti de mes favorites : il se sert de sangles pour modifier la structure du vêtement. Les pulls à col cheminée (longs !) sont ceinturés, ce qui évite d'ailleurs le risque d'une silhouette trop linéaire. Sur deux tops à l'aspect métal brossé (si je puis dire), les sangles reviennent serrer légèrement la taille mais par les flancs : avec une encolure ras de cou presque "bateau", le résultat est vraiment très intéressant.

Le dernier look fonctionne un peu moins bien, desservi par l'androgynie du mannequin et la référence trop nette des chaussures aux ballerines pour femmes. Les inspirations "techno" et futuristes construisent un style unique, d'autant plus que la fabrication semble suivre : good job !


Ce que l'on admire : des silhouettes futuristes dessinées par des sangles.


Les Maisons historiques

À Londres

Burberry Prorsum

Burberry est un petit empire construit selon un modèle pyramidal avec, au sommet, la ligne Prorsum. Elle incarne un esprit purement British alliant élégance et fantaisie, ce qui ne veut pas dire que ce soit toujours réussi.

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D'abord des capes tricotées et surdimensionnées, du cuir façon poulain imprimé de tâches léopard, de la peau retournée et quelques pièces brodées de centaines de perles : voici pour l'essentiel de la garde robe hivernale selon Burberry.

Au fil des ans, Bailey a marqué la Maison britannique d'une empreinte rustique en utilisant par exemple des lainages très épais, des matières brutes et naturelles. Sa fantaisie rafraîchit ses collections d'imprimés animaliers et kitschs, créditées de quelques pièces extrêmement travaillées, à l'image de la dernière pièce toute rebrodée.

Un exercice intéressant, mais parfois un peu essoufflé et répétitif.


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : l'intégration des motifs ou matières très excentriques dans des tenues beaucoup plus formelles.


E. Tautz

L'une des références de Savile Row revisite son style de manière à proposer un prêt-à-porter doté de sa propre identité, en parallèle du bespoke (sur-mesure).

Tautz

En plein dans la mouvance de silhouettes surdimensionnées, Patrick Grant donne une nouvelle perspective à l'esprit tailleur de la Maison. Les coupes amples ont ce côté intéressant qui permet de mettre les matières en mouvement : jouant avec la lumière, elles révèlent toutes leurs nuances.

It's all about grey, mais la palette chromatique déballe un nombre infini de teintes allant de l'anthracite au gris fumé très clair. Notez les manteaux très longs (sous le genou) : ils sont partout sur les podiums et vont, à coup sûr, confirmer leur suprématie chez de très nombreuses marques plus accessibles.


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : les manteaux oversize, qui seront banalisés d'ici très peu de temps.


 À Milan

Dolce & Gabbana

Après quelques années d'errance, la Maison italienne s'est rattrapée juste avant de tomber dans une suicidaire expansion commerciale, mettant en péril son exclusivité. Le duo italien a su pérenniser sa mode, et signe une collection extrêmement représentative de son style unique.

Dolce & Gabbana

Ils puisent dans l'histoire de l'Italie afin d'explorer le style baroque sous différentes formes. Ils se fichent totalement de savoir si leur mode est sobre ou non, et cela fait du bien : les tee shirts en soie et sweats en velours rebrodés d'or et de perles sont un vrai bonheur, tant au niveau de la réalisation que du style.

Niveau tailoring, vous pourrez compter sur des complets 3 pièces col châle, ou des blazers croisés en velours aux applications matelassées, bien taillés et réussissant parfaitement le twist entre pièces modernes et détails médiévaux. Une collection extrêmement cohérente.


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : Les détails dorés donnant une profondeur et un relief très intéressants au vêtement.


Versace

"Versace Versace Medusa head on me like I'm illuminati" dit Migos dans un featuring avec Drake entièrement consacré à la marque italienne. Et pourtant, Versace est une Maison ayant bien plus à montrer que ces énormes chaînes Medusa pour lesquelles Benoît a bien failli comparaître devant le tribunal de la sobriété pour abus de blingbling !

versace

Cette saison marque un assagissement considérable du style après quelques années de délires artistiques discutables. Superbes pièces tailleurs avec en star des vestes asymétriques fermées par un clip de métal doré.

La matière principale de la collection est le cachemire : il est présent absolument partout, à commencer par de superbes manteaux longs aux cols appliqués de fourrure de vison. Le glamour et le luxe sont parfaitement assumés, et il faut bien reconnaître que les silhouettes sont impressionnantes.

J'ai été un peu dérangé par quelques looks trop androgynes, composés de leggings ultra moulants souvent portés sous un pull trop long. On ne peut, en revanche, qu'admirer la noblesse de pièces telles que ce hoodie en cachemire doublé de fourrure, ou ce blouson de biker en agneau plongé parsemé de nombreux détails dorés. Même remarque pour les sneakers façon bottier à tomber par terre !


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : l'opulence assumée des matières nobles pour rehausser une tenue plus simple.


Gucci

Sous la direction de Frida Giannini (qui a quitté la marque précipitamment en début d'année), Gucci a été la seule marque crédible à revendiquer un style dandy, par contraste avec les innombrables usurpations de ce terme. Son travail est précis, rigoureux, d'une élégance renversante. Imaginez la fébrilité des pros du secteur, impatients de découvrir le "nouvel homme Gucci".

gucciPlutôt que de parler de déception, le terme d'incompréhension serait plus approprié. Blouses en mousseline de soie aux imposantes lavallières (les gros nœuds autour du cou), capes nouées, tops en dentelle : le côté androgyne de ce style dénature l'élégance à l'italienne de Gucci.

Et finalement, il n'y a pas grand chose que l'on aurait envie de porter, si ce n'est un blazer aux liserés blancs dessinant le col, ou une veste en cuir suédé qui ira à la perfection avec un pantalon blanc et de jolies solaires aux verres dégradés : rital bien comme il faut.

En tout cas, reste à savoir si Zara & Co oseront copier ce style comme ils le font souvent, ou si la marque d'Inditex se trouvera une autre source d'inspiration/plagia.


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : pas grand chose, si ce ne sont les couleurs très 70's pour apporter un peu de fantaisie à sa garde robe.


 À Paris

Dior Homme

L'un des défilés les plus impressionnants auxquels j'ai pu assister : un long rideau noir s'est soulevé pour dévoiler des musiciens (violonistes, trompettistes, percussionnistes...) assis en file, tous vêtus de costumes noirs et de sneakers blanches. Grosse pression pour cette collection qui se doit d'être à la hauteur d'un tel spectacle !

Dior

Kris Van Assche s'en sort bien en réussissant un bon mélange entre l'affirmation d'un style fort et la maîtrise d'une certaine sobriété : la plupart des pièces peuvent se porter très facilement. La partie tailleur est la plus concordante avec le thème du show, reprenant queue de pie, nœud papillon et autres détails typiques d'un chef d'orchestre.

Pour le casual/sportswear, j'aime particulièrement l'idée de confectionner des pantalons de jogging dans un cuir plongé ou une flanelle rayée : avec une chemise habillée et des sneakers, l'effet est top. Enfin, le plus long des manteaux est chez Dior, et il sera teinté d'un lie-de-vin soyeux. Une belle collection très inspirée !


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : le mix au sein d'une même pièce entre le formel et le casual, succès à tous les coups !


Lanvin

Nombreux sont les lecteurs de Bonne Gueule à beaucoup aimer Lanvin, notamment pour les chaussures que Benoît et Geoffrey affectionnent tout particulièrement. Pour ce qui est du PAP, je serai un peu plus réservé car la vieille Maison française est capable du meilleur comme du pire.

lanvin

Le style Lanvin, parce qu'il exprime un langage très spécial, est plus facile à dépareiller qu'à porter en "total look". Ossendrijver et Elbaz semblent s'en amuser, car ils ont composé toute une série de pièces superposées les unes aux autres, comme si l'on devait "effeuiller" la silhouette et choisir ce qui nous plaît.

Je prendrai personnellement cette veste à encolure ronde et poches à rabats, certes un peu féminine par écho à la veste d'un tailleur Chanel, mais diablement bien taillée. À porter avec des sneakers, un jean brut très simple et une chemise à col officier ; pourquoi pas une fine cravate noire.

Le pardessus imprimé Prince de Galles irait parfaitement avec un pull rouge à encolure ronde et un chino foncé, de même que la Parka technique noire complèterait à merveille une tenue "biker" au pantalon surpiqué et près de la jambe.

Le top sans manche mérite le détour pour la manière dont il dessine une carrure vraiment magnifique aux lignes très originales. Tout cela est très inspirant en tout cas, vous ne trouvez pas ?


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : l'idée de dépareiller certains éléments pour casser la monotonie de la tenue, même si cela est très risqué.


Wooyoungmi

La jeune marque coréenne est souvent apparue dans les articles de BonneGueule : elle ne cesse d'évoluer et ne se repose pas sur ses lauriers, malgré une notoriété très forte au sein des défilés parisiens.

WYM

La créatrice sait brouiller les pistes : hormis un sens inouï de la coupe et l'utilisation de matières superbes, elle explore tellement d'univers qu'il est difficile de "codifier" le style Wooyoungmi. Qu'importe, car c'est encore une très belle collection que nous avons là, même s'il m'a fallu voir le vêtement de près pour apprécier la qualité des détails et des matières. À commencer par un tweed à chevrons absolument superbe, si intelligemment utilisé pour tailler un tee shirt aux épaules contrastantes : brillant !

Éléments phares de ce vestiaire hivernal, les peaux d'agneau affichent tantôt une fourrure tondue aux reflets incroyables, tantôt une peau lisse et immaculée... ou les deux, à l'image de ce manteau double face dont l'intérieur est en cuir plongé. La palette de couleurs neutres racontent un crépuscule urbain très poétique : cette balade vespérale est un enchantement à tous points de vue !


Ce qui est intéressant de retenir/de s'approprier : le tee shirt en tweed ! De quoi sublimer sobrement une tenue.


Les créateurs qui se sont égarés...

Prada

Le nom italien est connu à travers le monde pour ses sacs et son style ultra intello/retro. Miuccia Prada est une précurseur hors paire du sportswear, et a été la première à dériver des matières synthétiques comme le nylon pour en faire du prêt-à-porter. Et pourtant...

prada

Avec une histoire aussi forte et un héritage si riche, on pourrait imaginer que Prada a tout pour réussir des défilés exceptionnels. Balivernes !

Depuis plusieurs saisons, la marque est vraiment décevante : les collections sont purement insignifiantes, et en boutique le prix apparaît honteusement abusif au vu des finitions et de la fabrication. Si l'on exclu le travail du nylon vraiment réussi pour cette chemisette et ce costume croisé, le reste n'est qu'un enchaînement fade de pardessus droits, de costumes noirs et pulls fins.

La scénographie et la musique sont absolument géniales, mais sortis de là et pris pour ce qu'ils sont, les vêtements perdent énormément de saveur.


À zapper : les coupes droites des pardessus.


Bottega Veneta

"Atelier Vénitien" (traduit littéralement) s'illustre par sa superbe maroquinerie et sa très intelligente technique de tressage du cuir "intreciatto". En revanche, niveau prêt-à-porter, gros coup de gueule pour la saison hiver 2015/16.

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C'est tout simplement le défilé le plus minable que j'ai vu. Certains font n'importe quoi mais, à la rigueur, se donne du mal pour cela. Là, on se trouve face à un ramassis de vieilles fringues mal taillées et mal coupées. Les velours se déclinent dans une palette de couleurs totalement bancale, et les mariages de teintes sont purement répugnants. Le créateur a été raconté qu'il voulait parler d'un homme qui ne réfléchit pas quand il s'habille et va vers la simplicité.

Ce qui reviendrait à dire que ne pas se prendre la tête pour s'habiller le matin signifie sortir un vieux jean du grenier, et balancer dessus un pull miteux et un caban trop grand aux emmanchures désastreuses. Mais vous savez la meilleure ? C'est qu'il faudrait débourser plusieurs milliers d'euros pour cela ! À vous d'en juger 😉


À zapper : tout, sauf les accessoires.


Maison Margiela

Il a été l'un des créateurs fondateurs d'une mode minimaliste, poussant à l'extrême sa recherche de discrétion et d'anonymat. Aujourd'hui rachetée par Diesel, la Maison se cherche un peu en termes de style et peine à convaincre. Un épisode passager, à n'en pas douter.

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Le plus difficile est de trouver une cohérence entre les différents looks : une veste bi matière - superbe - côtoie un caban en patchwork importable, un ensemble très sobre couleur taupe ainsi qu'un sweat rose glossy/métal. Les pièces les plus simples sont assurément les plus belles, mais l'on peut attendre un peu plus d'un défilé qu'une présentation d'éléments basiques déjà présents dans nos penderies.

John Galliano, récemment recruté par la Maison, prendra les rênes de la collection masculine dès cet été. On imagine alors qu'un fort parti sera pris au niveau du style et donnera à la marque un nouveau sens.


À zapper : les designs surchargés de type patchwork.


Voici pour l'essentiel : ces reviews ne sont pas exhaustives. Si une marque en particulier vous interroge, qu'elle figure dans cet article ou non, n'hésitez pas à me solliciter ! Je répondrai avec plaisir à toutes vos questions.

Cheers ! 

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