Comment choisir et porter une légende : la souvenir jacket ou sukajan

Temps de lecture : 12 minutes

deux hommes marchant souvenir jacket
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Je vais vous avouer quelque chose.

Après avoir vu Drive de Nicolas Winding Refn, j’ai cru que je pouvais avoir l’air aussi cool que Ryan Gosling. Et ça passait principalement par le blouson brillant et brodé d'un scorpion jaune qu'il portait tout le long du film. Alors, je me suis lancé à la poursuite d’un blouson semblable, rien qu’à moi, qui me transformerait illico en voyou au grand cœur.

Seulement voilà : je ne suis pas Gosling.

Et chaque fois que je passais une de ces vestes, j’étais aussi crédible que Michael Cera sur une Harley Davidson.

Après réflexion, je me voyais mal avec ce blouson de chef de meute sur les épaules, ce blouson pour mener une vie extraordinaire, pour casser des gueules et sauver le monde de l’apocalypse... en train de valider mon ticket de transport tous les matins dans le bus.

Pas possible. Ciao le criminel charismatique dans la lune en plan séquence. Bye-bye la BO de Kavinsky.

Malgré tout, et après avoir séché mes larmes, en recherchant de toutes mes forces l'objet de mon désir, j’ai pu développer une certaine fascination pour ce blouson que Gosling portait. Pas tellement le sien, avec le scorpion, mais ce type de blouson en général.

En creusant un peu, j’ai pu apprendre que c'était la souvenir jacket, un blouson flamboyant d'après guerre avec des broderies mystiques pleines de couleurs et de secrets, née de la rencontre violente et féconde des cultures américaine et japonaise.

De quoi déclencher une obsession non ?

La fabuleuse histoire de la veste souvenir

Mick Jagger noir et blanc souvenir jacket

Mick Jagger dans les années 1960 avec une souvenir jacket sur le dos.

Comme beaucoup de vêtements du vestiaire masculin, l’origine de cette veste est militaire.

Sauf qu'elle n'a jamais connu les champs de bataille. Et pour cause : elle n'avait aucune utilité pratique liée à l'exercice de la guerre mais une vocation purement esthétique et de réminiscence, puisqu'il s'agit d'un souvenir rapporté à la maison. D'où son nom.

Selon la légende, cette fabuleuse histoire commence avec la volonté d'un seul homme à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C'est un marine américain en station à la base navale de Yokosuka qui a l'idée de faire broder, sur sa veste de baseball, ses faits d'armes et son interprétation personnelle de la culture japonaise.

Pour Gauthier Borsarello, fondateur de Gauthier Borsarello Showroom et Directeur du Style pour Holiday Boileau, qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions, la vérité est tout autre :

"Je pense que ça a commencé au départ de façon naturelle dans les villes dans lesquelles étaient basés les américains qui voulaient rapporter un vêtement typiquement asiatique. Et, avec le temps, les asiatiques ont commencé à faire des modèles de plus en plus américains pour plaire aux GIs. Les premières des 40's ne sont ni doublées ni réversibles, avec deux poches à plis watteau sur la poitrine, boutons en bois. Petit à petit, ils les ont doublées, puis ouatées puis rendues réversibles à partir de la Guerre de Corée."

D'une manière ou d'une autre, la souvenir jacket était née.

veste satin tailor toyo bleu rose jaune vert broderies

C'est l'entreprise Tailor Toyo (alors appelée Kosho & Co) qui serait à l'origine des premières souvenir jackets. Ici, je vous montre une partie du lookbook 2017 ! Eh oui, elle est encore en activité.

Ce qui est sûr en tout cas c'est que, rapidement, la demande pour ces vestes a explosé. On raconte même que les tailleurs se seraient servis d'excédents de voilures de parachutes pour en fabriquer davantage, donnant à la veste sa brillance grâce à la soie des parachutes. Les broderies, quant à elles, se faisaient dans la ville de Kiryu.

Gauthier Borsarello :

"Les plus belles sont en soie (très répandue en Asie à l'époque), en acétate (fibre de bois) ou encore en rayon (connue en tant que viscose en Europe)."

Dans l'excellent livre Ametora : How Japan Saved American Style de W. David Marx, l’illustrateur Yasuhiko Kobayashi, témoin de cette époque, se rappelle “Yokosuka était bondée de jeunes marines - beaucoup d'américains qui passaient leur temps à vagabonder. Ils portaient des vêtements de voyous comme les jeans, et sifflaient et juraient.

Ils portent aussi les fameuses souvenir jackets.

Et, alors que ces vestes sont humiliantes pour le peuple japonais, il se passe quelque chose d'extraordinaire.

Ces blousons intriguent les jeunes japonais du mouvement de mode appelé "sukaman" qui imitent déjà les marines en portant des jeans, des vestes en cuir et même leur coupe de cheveux (la pompadour à la James Dean). La souvenir jacket ne fait pas exception : les sukaman se l'approprient.

C'est ainsi qu'elle passe du statut d'objet souvenir à celui de symbole de rébellion contre la société mainstream et acquiert alors un nouveau nom : celui de sukajan (ou sukajyan).

Et cela ne s'arrête pas là : avec le film Buta to Gunkan (Cochons et Cuirassés - 1961) de Shohei Imamura, qui habille son personnage principal avec un sukajan, la souvenir jacket entre définitivement dans la culture japonaise et gagne une notoriété nationale. Bientôt elle revêt le même statut que le perfecto en cuir de Marlon Brando dans L'Équipée sauvage (1953) : c'est le blouson des rebelles et des délinquants.

image film cochons et cuirassés groupe d'homme riant

Au centre, le personnage de Kinta, membre du gang Hitori, dans le film Cochons et Cuirassés. L'intrigue se passe à Yokosuka et raconte les relations entre les soldats américains et la pègre japonaise.

Et l'histoire n'est toujours pas finie.

Avec la Guerre de Corée (1950-1953) et celle du Viêt Nam (1955-1975), les GIs se font faire de nouvelles souvenir jackets, en utilisant comme toile vierge le coton 9oz de leurs field jackets (dont la très connue M-65).

Les thèmes choisis laissent moins de part au mythe et aux symboles puisqu'il s'agit surtout de cartes de batailles, d'aigles menaçant, de cartoons. Ou encore de Marilyn Monroe chevauchant une bombe A.

Et, plus funeste, on trouve désormais aussi des inscriptions telles que "When I die I'll go to heaven, because I've served my time in Hell" ("Quand je mourrai, j'irai au paradis, parce que j'ai fait mon temps en Enfer"), qui traduisent l'enlisement d'un conflit interminable et le cri d'horreur de la jeunesse confrontée à la guerre du Viêt Nam.

Pourquoi la souvenir jacket est-elle fascinante ?

Parce qu'elle est un moyen d'expression personnelle

Bon, je suis toujours très frileux à dire qu'on peut exprimer sa personnalité grâce au vêtement. Pour tout vous dire, je ne pense pas que cela soit réellement possible. Peut-être à part à exprimer un degré d'excentricité et de confiance en soi plus ou moins élevé, mais c'est réducteur bien sûr.

Je dois dire toutefois, qu'avec le sukujan, on s'en rapproche quand même pas mal.

Selon moi, pour celui qui connaît vraiment son histoire et qui a choisi le sien avec soin, il produit les même effets que la veste en peau de python de Nicolas Cage dans Wild at Heart (Sailor et Lula - 1990).

gif Nicolas cage Sailor et Lula

L'acteur porte une veste en python qui lui appartient d'ailleurs. Et celui-ci a convaincu David Lynch de la faire porter à Sailor Ripley, le personnage principal.

Dans le film, Sailor exprime à plusieurs reprises que cette veste en peau de serpent, c'est « le symbole de son individualité et de sa foi en la liberté individuelle ».

Et je pense que porter le sukujan de nos jours, de la même manière que Sailor Ripley, c'est exprimer son attachement aux libertés individuelles, dont la première d'entre toutes : celle de se vêtir comme bon nous semble !

Parce qu'elle est héroïque et sensible à la fois

Enfant, on a un rapport spécial aux vêtements. Ils sont dotés de pouvoirs magiques protecteurs (les manteaux sont des armures, les cartables des boucliers). Ou, plus souvent, ils décuplent les performances physiques des enfants : ce sont par exemple les “chaussures qui courent vite”, qu'on a tous pu tester un jour dans sa vie.

Il existe donc une mythologie de cour de récré dont le vecteur principal est le vêtement. Le monde est enchanté et le vêtement est un moyen d'y accéder.

Et, à mon avis, c'est exactement le rôle du sukujan pour les adultes que nous sommes.

Dans notre monde désenchanté, le sukujan prolonge cette mythologie de cour de récré et confère à son porteur un pouvoir héroïque : c'est le phénix renaissant de ses cendres, c'est la carpe koï qui porte-bonheur, c'est le dragon immortel, c'est le tigre mangeur d'hommes !

veste souvenir velours noir rouge or

On retourne sa veste pour montrer le tigre quand vient le moment de se battre. Photo Japan Lover Me.

Cependant, ce n'est pas seulement ça : le sukujan traduit aussi la sensibilité de la personne qui s'en revêtit.

Quand on y pense, il est fait de soie à l'origine : une matière délicate, vivante et douce. C’est la représentation métonymique de la peau du porteur, de la surface sensible de son être. C'est l'homme tel qu'on le voit en apparence. Et, au contraire, les broderies sont les témoignages de ce qui le caractérise véritablement, en profondeur, au fond du cœur, ce qu'il est vraiment en tant que personne : ce sont ses tatouages. Ce qu'il choisit ou non de montrer (fonction réversible de la veste).

Par exemple, dans Drive, quand le personnage principal vient de tabasser un type à grands coups de marteau et qu'il vient de dévoiler pour la première fois au spectateur sa nature violente et excessive, le blouson, mis en valeur par un plan fixe sur le dos de Gosling, se soulève au gré de la respiration du personnage, faisant ainsi bouger le scorpion brodé, comme s'il était en vie, comme un tatouage à même la peau qui bouge avec vous. C'est un être à la fois sensible et héroïque (au sens mythologique du terme).

Parce que c'est une pièce unique dans le vestiaire masculin

La veste est faite d'une matière principale bicolore (souvent), brillante et délicate, une forte dimension esthétique y est attachée (les broderies) et son histoire est militaire ! Ça en impose, y'a pas à dire. Si on rajoute à cela que c’est une pièce rare, si on veut une originale, alors on obtient un produit d'ultra niche, pour ne pas dire hipster.

veste brillante brodée tigre homme casquette

Utilisation très mode de la souvenir jacket. Justement un peu hipster.

Pensez-y : on a peu de pièces de ce type dans le vestiaire masculin. Et j'envie souvent l'hétérogénéité de la garde-robe de la femme, qui peut se permettre tellement plus qu'on ne le pourra jamais.

Ce qui sauve la souvenir jacket de tomber dans l’abysse des pièces vulgaires, comme la chemise dragon par exemple, c’est d’avoir de son côté le poids de l’histoire et les références aux cultures américaine et japonaise.

Ce que j’aime avec le sukajan, c’est que, dans le vestiaire de l’homme, il s’agit d’une véritable pièce “créateur”. Rien que pour ça, je souhaiterais en posséder une. Pas vous ?

Qu'est devenue la souvenir jacket aujourd'hui ?

Alors oui, on pourrait dire que le contexte historique n'étant plus le même par définition, ces vestes n'ont plus la même saveur. Et ce n'est pas faux. Mais il reste qu'il s'agit tout de même de beaux objets avec une histoire digne d'être racontée (si on écarte les versions les plus modes à destination de la génération Z).

Au Japon

japonais assis barrière masque souvenir jacket

Jeune japonais avec son sukajan (Photo Japan Lover Me)

Les sukajan ne sont pas morts. Non Monsieur. La preuve dans cette vidéo drôlement récréative datant de février 2017.

Au Japon, on peut les acheter comme souvenir dans le Tokyo touristique. Ils se trouvent également sur les épaules de la jeunesse urbaine japonaise : la veste s'intègre notamment parfaitement dans les tenues des écolières (chemise blanche et jupe).

Efu Shokai, Switch Planning et Tailor Toyo sont les principaux fabricants toujours en activité. Ils éditent bien sûr des copies des originaux, mais pas seulement, puisqu'ils s’inspirent également des bikers, des tatouages et de la culture rock en général. Car il y a, décidément dans ce blouson, comme un vent de liberté inépuisable. Même s'il est devenu un symbole des Yakuzas, largement relayé par le cinéma.

Egalement, la gamme se développe : aujourd’hui on voit l’apparition du sutajan (“stadium jumper”), qui prend pour racine le sukajan, mais avec, comme support d’expression, la varsity jacket, épaisse, hivernale.

Gauthier Borsarello :

"La plus répandue (car issue majoritairement des années 50 et très rééditée dans les 80's), c'est la bomber jacket. Varsity c'est pour les universités, Teddy est un mot purement français qui n'a aucun sens pour parler d'une veste en anglais (pour eux une Teddy Jacket c'est une veste en mouton ou en grizzly), Stadium c'est pour le sport. Le terme "bomber" définit simplement le fait que la veste a une forme de boule due à son bord côte autour de la taille)."

Dans le reste du monde

En 2016, on voit la souvenir jacket dans les défilés de Gucci, Louis Vuitton and Stella McCartney pour ne citer qu’eux. Et Issey Miyake dès 2015.

femme portant veste souvenir Issey Miyake carpe koï

Campagne Issey Miyake de 2015. On peut lire "Sukajan, le choc des cultures".

Dès lors, on l’a vue aussi sur le dos d’artistes pop célèbres comme Harry Styles, Pharrell Williams, Katy Perry et Miley Cyrus.

Cette dernière information serait d'ailleurs une raison suffisante pour ne pas porter la souvenir jacket.

Où en trouver quand même ?

Ne vous précipitez pas sur la première venue, car les broderies sont comme un tatouage sur la peau. Vous pourrez bien sûr toujours la laisser au placard, mais vous empêcheriez alors un autre du plaisir extatique de la porter.

Parce que c'est le genre de pièce avec laquelle il y a une véritable dimension affective, renforcée d'ailleurs par l'irrationalité qu'il y a à porter une pièce comme ça : elle n'est pas particulièrement pratique, n'est pas polyvalente, ni ne s'intègre facilement dans le contexte de nos sociétés d'aujourd'hui. Et en plus, elle est fragile. 

Mais je suis presque sûr qu'à terme, on la donne en héritage à ses enfants. C'est toute la beauté de cette pièce.

Je vous conseille deux trois choses tout de même :

  • Essayez d'en trouver une réversible, avec un côté sobre et un côté carrément épique. Comme ça, si vous avez le sens du spectacle et que vous tombez malheureusement dans une bataille de rue, vous retournerez votre veste (au sens propre) et pourrez entrer dans le combat avec puissance.
  • Oubliez le rapport qualité/prix, c'est un achat coup de cœur que vous n'achetez pas pour sa technicité. Et, bien souvent, celles que l’on trouve dans les friperies et le commerce, à des prix décents, sont faits en polyester ou nylon pour donner un aspect brillant à la pièce.
  • Dirigez-vous plutôt des pièces vintage plus en lien avec l'histoire des sukajan. Et aussi, l'aspect brillant sera quelque peu atténué par les ans, ce qui vous aidera à le porter.
étalage vestes souvenir sukajan colorés

Etalage de sukajan à Yokosuna dans la rue Dobu Ita.

À Paris

Gauthier Borsarello :

"Si vous voulez des souvenir jackets années 40-50 à Paris c'est impossible à trouver à part un miracle. Vous pouvez tomber sur certaines des années 80-90, mais la mode chez les GI's est retombée à la fin des 80's et il n'y avait plus autant de bases américaines en Asie à partir de ce moment-là."

Reste donc à s'en procurer une sur internet.

Au Japon

Je rêverais de pouvoir la rapporter du Japon. Ce serait véritablement, pour moi, la meilleure des manières pour la choisir. Je mets de côté ce doux rêve pour le moment, un voyage à Yokosuka n'étant pas prévu pour le moment. Mais vous, sait-on jamais, peut-être y êtes-vous, y allez-vous bientôt, avez un ami sur place qui peut s'occuper de trouver une pépite pour vous.

Si vous allez à Tokyo, les friperies Harajuku et Shibuya sont un bon point de départ. Sinon rendez-vous dans les quartiers de Nakano Broadway, Takeshita-Douri, Okuma Shoukai et Ameyoko market.

Si vous allez à Yokosuka, impossible de ne pas passer par Dobu Ita Street, dans laquelle vous trouverez des magasins comme Prince Shokai et First Shokai notamment.

Sur Internet

C'est bien sûr votre terrain de chasse le plus susceptible de vous apporter des résultats.

Pour une pièce vintage (il faut compter une centaine d'euros), vous avez Etsy, Ebay, Grailed et Japan Lover Me.

Pour du neuf (très variable au niveau du prix, selon le travail, la renommée luxe de la marque donc pas forcément toujours pertinent), il faut scruter les eshops comme Mr Porter, Farfetch, End Clothing

En dehors des marques japonaises Efu Shokai, Switch Planning et Tailor Toyo, il faut regarder selon les saisons : Edwin, Levi's, The Real McCoy's, RRL, Beams+, Kirikomade, MKI Miyuki Zoku, Studio D'Artisan, Blue Blue Japan et toutes les marques d'Americana en général et japonaises d'inspiration workwear et militaire.

bomber souvenir jacket the real McCoy's velvet noir rouge

Souvenir Bomber en rayon, soie et velours de chez The Real McCoy's, très belle mais très chère.

Comment la porter ?

Comment faire quand on n’est pas une star américaine, morose et sculpturale du cinéma ? Eh bien, moi qui aime porter, de temps à autres, des pièces qui sortent de l'ordinaire, je ne me risquerais pas forcément à la souvenir jacket. Ou alors, une réversible avec un côté vraiment sobre et un côté vraiment artistique.

Dans cette veste, il y a beaucoup d'audace, et donc il faut être sûr de son style personnel, de ce qu'il est, de ce que le port de cette veste va changer dans la perception que les gens ont de soi. Avec elle, le déguisement est proche et il faut se préparer à opérer une distorsion de sa propre image.

Si vous souhaitez la porter quand même, et c'est tant mieux !, alors voici comment faire à mon humble avis :

  • Contrastez le brillant de la veste par des matières rustiques et mat : le denim, c'est parfait, le coton en général ou la laine par exemple.
  • Soyez sobre dans le reste de la tenue : un jean, un t-shirt et... basta.
  • Pour les chaussures, je pense que les sneakers blanches précisément ici n'iraient pas vraiment, car elles feraient trop adolescent. Des derbys bien épais, d'inspiration workwear feront l'affaire. Ou mieux : des boots !
  • Restez sur une palette de couleurs très réduite.
  • A éviter également : des lunettes de soleil trop clinquantes qui pourrait donner un côté vulgaire à la pièce, trop tape-à-l’œil.

Exemple : si votre souvenir jacket est dans des tons de bleu marine et de blanc (ce que je vous recommande), peut-être qu’il serait judicieux de la porter avec une jean brut et un t-shirt blanc. Ou même l’inverse, un jean blanc et un t-shirt marine. Comme cela, on a une tenue cohérente dans laquelle la souvenir jacket s’intègre bien.

C'est crucial pour ne pas faire déguisé. C'est le principal écueil d'une telle pièce. Voilà comment faire en photo :

homme souvenir jacket beige pantalon blanc t-shirt marine

Voilà ce qu'il faut faire. Bien sûr, le pull noué à la taille comme un accessoire de mode est facultatif. De plus que le bonnet d'ailleurs. Mais sans ceux-ci, la tenue est facile.

deux hommes souvenir jacket noir vert blanc mocassins boots extérieur

À gauche : une tenue simple qui répond aux couleurs de la souvenir jacket. Typiquement ce qu'il faut faire. Des boots font écho au passé militaire de la veste et tranchent avec la délicatesse de la matière brillante. À droite : la souvenir jacket au Pitti, pantalon blanc et mocassins. Il y a fort à parier qu'il soit vêtu d'un t-shirt. C'est comme ça que je la porterais en tout cas.

Petite sélection

Je ne résiste pas à l'envie de vous en proposer quelques-unes, même si cette veste étant surtout esthétique, il appartiendra à chacun de tomber amoureux de la sienne.

veste bleu et beige broderie dragon fleur

Souvenir Jacket réversible de chez Kiriko Made, pour 525$

veste bomber kaki broderie dragon blanches

Souvenir Bomber de la marque Maharishi, qui a le mérite de proposer une veste portable. 415£

Bomber souvenir Japan broderie bleu blanc jaune

Souvenir Bomber Beams Plus x Tailor Toyo sur Grailed en S à 240$.

Le mot de la fin...

Intéressante histoire que celle de la souvenir jacket, vous ne trouvez pas ?

J'ai voulu écrire cet article car les pièces de cette envergure sont rares dans le vestiaire masculin. Et, je sais bien que de nos jours l'éclat de ces vestes s'est quelque peu terni, mais ça ne m'empêche pas de vouloir trouver mon sukujan rien qu'à moi. Il y a de fortes chances que je ne le mette jamais, mais enfin ce sera mon costume de super héros personnel.

Pour finir, je voulais vous poser une question en rapport avec cette veste : est-ce que vous pensez vraiment qu'un vêtement, une tenue ou des habitudes vestimentaires peuvent traduire fidèlement une personnalité ? À quel moment un vêtement peut-il exprimer davantage que ce pourquoi il a été créé, c'est-à-dire protéger ?

Je suis curieux d'avoir votre sentiment sur ce dernier point et sur l'histoire de la souvenir jacket, bien sûr !

Jordan Maurin Jordan Maurin

Adepte des romans d’Ellroy et de Vian, j’essaie de vivre ma vie le plus artistiquement possible (comme le disait Glenn O’Brien). Fervent défenseur du pantalon blanc (Squarzi président !), j’aime le vêtement quand il donne confiance et ne déguise pas. Pour moi, s’habiller différemment, ça veut dire se donner le droit de penser différemment.

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  • Meliael

    UNE tenue non, ne peut pas traduire une personnalité je suis d’accord. En revanche une garde robe le peux de moins de vue. Comme tu le dis, les vêtements ont leurs identités, et en achetant un vêtement tu t’identifies à ce qu’il renvoi et à ce qu’il est. Par association en voyant l’étendu de la garde robe d’une personne, et la façon dont elle s’habille, tu peux tracer à travers les différentes images qu’elle renvoie pour retrouver des idées communes derrière qui retracent, dans les grande lignes, sa personnalité. C’est plus ou moins aisée suivant les personnes mais ça peut souvent être appliqué je trouve.
    Une personne qui tient à son confort ne s’habillera que très rarement dans un costume français près du corps et préférera des formes plus ample. Une personne (comme moi par exemple) qui oscille entre plusieurs styles pourra être synonyme d’une personne ayant beaucoup d’ambivalence et ayant du mal a statuer définitivement. En revanche, une personne ayant un style poussé mais défini traduira plutôt une personne ayant la capacité de trancher dans ses choix. C’est quelques exemple rapide mais je trouve que la façon qu’ont les gens de s’habiller traduit beaucoup de leur façon de vivre, et donc par extension, de leur personnalité.

    Évidement qu’on ne retrouvera pas 100% de qui je suis à travers mes vêtements. Mais soyons honnête, on ne sais jamais nous même qui nous somme à 100%. Je serrais bien incapable de décrire ma personnalités complète et je serais bien curieux de voir qui peut se vanter de pouvoir le faire.

    Pour aller plus loin dans ton idée. Je pense qu’au final nous ne somme l’instigateur que de très peut de choses. Nous passons notre enfance à nous construire autour de modèle que l’on retrouve chez nos parents, dans des dessins animés ou autre. Les vêtements en tant qu’univers n’en sont qu’une des extensions.
    Un vêtements est définitivement sociale mais l’homme aussi. C’était Aristote il me semble qui disait que l’homme est un animal politique/sociale. Nous vivons par rapport à la société, tantôt en acceptation et en empathie, tantôt en contradiction. Les vêtements que nous portons sont une marque de ce rapport sociale que nous avons tout au long de notre vie. Nos choix dans les vêtements que nous achetons traduisent notre volonté de se rallier à un (ou plusieurs) groupe sociale. De se fait ils traduisent indéniablement notre personnalité et ce vers quoi nous voulons faire tendre notre personnalités. Car au final, si nous nous définissons par le rapport sociale, notre personnalité qui importe est la somme des choix que nous faisons au court de notre vie. Or les groupes sociaux auquel nous nous identifions influent grandement dessus.

    Mais c’est très intéressant à pousser comme question en tout cas 🙂

  • Jordan – BonneGueule

    Salut Emeric,

    Merci pour l’info, je regrette seulement qu’elles soient en 100% polyester toutefois !

    À bientôt

  • Nicolò – BonneGueule

    Haha je comprends mieux, mais en même temps si tu prends la fashion week comme référent de ce qui est « banal » tu évolues dans un autre monde que 99% des gens qui liront cet article :p

  • Nicolò – BonneGueule

    Partout, partout… C’est peut-être pas aussi singulier que ça a pu l’être, mais je crois que je n’ai pas croisé une seule souvenir jacket sur un homme dans la rue depuis au moins un mois. Ce n’est pas faute de passer mes WE dans des quartiers de fashionistas en plus haha ^^

  • VoicOff

    ça a quand même perdu en originalité, on en voit partout, zara en fait..

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Anthony !

    Pour ma part je trouve ton raisonnement très sensé et je le rejoins. Tu as raison quand tu dis qu’un vêtement dispose de sa propre identité, et qu’en le combinant à d’autres, le porteur essaye de retranscrire un tout qui est lui est fidèle. L’idée de champ lexical est très bien trouvée je trouve !

  • Dam’s

    Pas de soucis.

    Au plaisir de te lire sur d’autres sujets d’articles 😉

  • Jordan – BonneGueule

    Salut Clément !

    Content que ça t’ait plu 😉 Merci d’avoir pris la parole pour raconter cette tranche de vie !

    À très bientôt

  • Jordan – BonneGueule

    Salut Meliael,

    Merci beaucoup pour cette belle contribution 😉 Oui, cela peut exprimer un certain raffinement pour sûr, une certaine vision de la vie.

  • Jordan – BonneGueule

    Hello Galorn,

    Ah ouais, timing parfait 😉 Merci pour ton commentaire et d’avoir apporté sur moi la lumière en portant à ma connaissance ce groupe de grande qualité qu’est AKB48.

    À bientôt !

  • Jordan – BonneGueule

    Salut Dam’s,

    Merci pour le compliment.

    Eh oui ! Blue Blue Japan, bien sûr ! Je vais le rajouter dans l’article d’ailleurs si tu veux bien. Elle est superbe 😉

  • Dam’s

    Article plaisant à lire & intéressant, merci 🙂
    Perso j’ai trouvé mon bonheur chez Blue Blue Japan https://uploads.disquscdn.com/images/a18ed5202d74142e834a644962d6aadb9301ad02c9d9e2766a5c9c534eb87071.jpg

    Je la trouve juste magnifique et le tissu est d’une douceur

  • Jordan – BonneGueule

    Merci beaucoup pour ta contribution qui fait voyager, Hugh !

    Ça me donne vraiment envie de retenter de la porter cette souvenir jacket.
    Oui, très bonne remarque concernant les tailles, c’est d’ailleurs un élément que je voulais mentionner dans l’article et que j’ai complètement oublié. Ton commentaire tombe à pic !

    Encore merci 😉

  • Hugh Jack

    Très bel article qui m’a rappelé mon hésitation lors de l’achat de ma veste.
    Je l’ai acheté à Osaka lors d’un voyage au Japon. Un des cotés ressemble à la dernière image de chez Taylor Toyo. En même temps elle est de la même marque. Elle a un coté bleu et blanc et l’autre bordeaux et doré.
    Je ne trouve pas si compliqué que ça de la porter, au contraire. J’adore la mettre et c’est vrai que ce n’est pas passe partout mais elle procure une sorte de confiance en soi lorsque je la mets.
    Je retourne au Japon cet été et j’hésite même à en acheter un nouvelle si jamais j’ai un coup de coeur.
    Toutefois, il faut parfois faire attention aux tailles japonaises. J’ai du prendre là-bas du XL alors que je n’en mets jamais en France.
    Bon courage pour trouver la votre, qui je suis sûr, vous procurera beaucoup de plaisir lorsque vous la porterez.

  • Jordan – BonneGueule

    Hello Romain,

    Si j’ai pu t’émouvoir alors je suis content !
    Tu trouveras ton bonheur à cette adresse : http://japanloverme-store.com/services/made-to-order-souvenir-sukajan-jacket-non-refundable-commitment-fee/

    Cela dit, bonne chance pour se faire comprendre à distance…
    Merci pour ton commentaire 😉

  • Jordan – BonneGueule

    Oui voilà ! Pas de problème. Sigel a aussi un bon gros palmarès bien dodu bien impressionnant derrière lui.

    Et l’interview, sauf erreur de ma part, le lien va dans le mur 😉

  • Jordan – BonneGueule

    Salut Renaud,

    Merci pour le compliment ! 😉

    Ah, je suis content bien d’avoir ta contribution Renaud, et si jamais tu as une photo de ta tenue avec la souvenir jacket et les Air Max Infrared, je suis preneur ! Je suis un peu frileux, c’est vrai, n’en ayant jamais vraiment porté dans la vraie vie – et dans la fausse non plus d’ailleurs. Mais qui sait, si je tombe au hasard d’un friperie sur l’élue de mon coeur, je n’hésiterai pas une seconde et on pourra alors former un gang de voyous sensibles.

  • Renaud

    Bel article bien inspiré (c’est le moins qu’on puisse dire concernant certains passages, notamment celui concernant la représentation métonymique de la peau du porteur^^). Pour ce qui est du port je ne suis pas en accord avec toi Jordan quand tu dis que c’est difficile à porter (bien que le terme ici serait presque plutôt « arborer » avec une telle pièce). Personnellement j’en possède une que j’ai ramené de Tokyo et je la porte de préférence avec mon custom pant maharishi x BG, un sweat gris simple et mes Air Max Infrared ou des sneakers plus sobres, et je t’assure que ça passe très bien 😉

  • Jordan – BonneGueule

    Hello,

    Oui, à ce niveau, c’est complètement de la pornographie sartoriale. 🙂 Mais un voyage au Japon coûte bien cher également !

  • Jordan – BonneGueule

    Salut Emmanuel !

    Merci beaucoup pour ta contribution. En revanche, après avoir pris connaissance de sa filmographie, je n’ai pas vu son nom apparaître concernant Drive. Tu peux nous en dire davantage ? Je suis curieux 😉