Test : chemise sur-mesure Emmanuel Berg

Emmanuel Berg
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William, qui développe en France la marque de chemises sur-mesure Emmanuel Berg (marque à l’origine allemande), nous a proposé de faire le test de ses produits. Alors c’est vrai qu’avant cela on vous avait déjà parlé de plusieurs services similaires de chemises sur-mesure.

Mais on avait pas encore eu l’occasion de tâter du (vraiment) haut-de-gamme ailleurs que dans le prêt-à-porter. C’est maintenant chose faite (et c’est toujours utile d’avoir une vue d’ensemble pour pouvoir juger ensuite l’intérêt de telle ou telle marque dans l’entrée et le milieu de gamme).

Précisons qu’on reste ici dans le sur-mesure abordable : je ne parlerai donc pas de la grande mesure (= le véritable « sur-mesure » des puristes) où un plastron est d’abord réalisé à votre mesure (avec un prix exhorbitant en sortie). Ici on reste sur du sur-mesure classique, avec un plastron déjà existant qui est retouché en conséquence.

Vous allez voir que j’ai volontairement choisi une chemise coupée dans un coton à motifs, histoire de m’amuser et de changer un peu des chemises blanches, grises et bleues (d’autant que je ne travaille plus dans une entreprise avec des codes vestimentaires stricts : c’est plutôt l’inverse maintenant…).

Eh ouai, des petites fleurs pour changer un peu !

Comme vous le voyez sur la photo, c’est une sorte d’imprimé liberty en moins floral et en plus aéré. Le liberty est un imprimé très répandu chez la femme mais beaucoup moins utilisé chez l’homme. Le nom vient du grand magasin londonien Liberty & Co qui a très largement popularisé ce motif au début du 20ième siècle.

Voici quelques exemples :

Je dirai que dans l’usage, c’est un peu l’équivalent féminin du paisley, ce motif oriental que l’on croise parfois sur les cravates ou les foulards :

Comment porter une chemise avec des imprimés ?

Mais retournons aux imprimés floraux : c’est effectivement plutôt féminin ET chargé. Et encore je ne suis pas allé chercher les imprimés liberty les plus girly.

Celui que j’ai choisi est assez aéré : je dirai que c’est un juste milieu (même si je ne suis pas certain qu’on puisse vraiment qualifier le tissu que j’ai choisi d’imprimé « liberty »).

Autant changer radicalement avec un tissu un peu original ET un col cutaway

Sur les liasses de tissu du tailleur, les motifs peuvent faire peur. Pourtant c’est facile à intégrer dans une tenue :

  • l’imprimé est plus facile à porter en layering comme ça la surface de motif est moins grande et ça se voit moins, tout simplement,
  • casser le côté féminin du motif avec des vêtements résolument masculins : un beau costume, de la maille, voire la barbe de 3 jours,
  • atténuer le motif soit en restant dans une même gamme de couleur, soit avec du gris,

Beaucoup de motifs mais dans une palette de couleurs resserrée. Et pas de surcharge d’imprimés au delà de la cravate (source : Soletopia.com).

Dans un style moins formel, ici encore on incorpore les motifs grace à des couleurs simples et des matières bien masculines (source : bloggedcharityfashionshow.com).

Assemblage très sobre avec du gris et du blanc.

Contre-exemple avec la chemise beaucoup trop voyante par rapport au reste (le bonhomme en jean moulant doit faire une sale tête face à une rangée d’escaliers…)

Test de la chemise sur-mesure Emmanuel Berg

Grosse grosse qualité

C’est clairement la chemise la plus qualitative que j’aie pu observer, on est encore un poil au-dessus de Melinda Gloss ou La Comédie Humaine. La confection est extrêmement précise et tous les détails de la chemise haut-de-gamme sont là.

Popeline à la trame très régulière, motifs bien définis (je pense que c’est de l’impression laser).

Gros travail sur le montage des manches. Réalisé super-proprement.

Hirondelles de renfort à la taille.

Hirondelles de renfort, face intérieure.

Le col est notamment très propre. Au passage sachez que l’intérieur d’un col (son montage) est révélateur de la qualité d’une chemise. Sur l’entrée de gamme l’intérieur du col est rigidifié par une pièce en carton. En montant en gamme on trouve ensuite des doublures avec une couche supplémentaire de popeline ou parfois une toile un peu plus épaisse.

Et sur du très haut-de-gamme, le col est composé de plusieurs parties à l’intérieur, à la manière d’un blazer entoilé. Attention à ne pas croire qu’un col à l’intérieur irrégulier est signe de mauvaise qualité.

Col parfaitement coupé, bien rigide.

Travail de couture très net à l’épaule.

Boutons montés en « patte d’oie » (zampa di galina), et non en croisé. Les boutons sont également sur une tige, et non cousus à même le tissu (de profil ils ressemblent à un champignon, ouai je sais c’est plus la saison).

Les points de couture sont très rapprochés et proches du bord, ce qui limite très largement le « gondolage » de la toile.

Zoom sur la couture.

Une bonne coupe mais un poil en retrait par rapport à la qualité extrême du montage

La coupe de la chemise est également satisfaisante. Pour autant, cela a beau être une chemise sur-mesure, ce n’est pas pour autant que ce sera la chemise qui vous ira le mieux.

Cette chemise me sera très utile ca elle répond à un petit défaut morphologique que j’ai : un cou assez fort qui fait que les chemises à la bonne taille aux épaules ferment rarement au cou ou m’étouffent un peu.

Remarquez aussi l’effet « texturé » du motif quand on le voit d’un peu plus loin.

J’aime les chemises plus fittées sur les hanches. Les manches sont également un chouilla longues à mon goût. Cela dit certains pourront préférer leurs chemises comme cela, ce que je conçois tout à fait.

Dos de la chemise avec un tout petit peu de jeu (à relativier car je l’ai mal rentrée dans le jean, et surtout j’ai perdu du poids).

Update de l’article : j’ai oublié de le préciser mais j’ai perdu 3 ou 4 kilos entre la prise des mesures et le shooting photo. A relativiser donc car la chemise reste très bien coupée aux épaules et aux pectoraux, là où les variations de poids influent peu.

Et une fois la chemise reçue, on la modifie si nécessaire pour qu’elle soit parfaite. Par exemple, la mienne doit être légèrement recintrée (il faut dire que perdre 4kgs ça enlève quelques cms au ventre) et peut-être raccourcie aux bras. Ce qui signifie que la deuxième sera parfaite.

Enfin, si la première est ratée, Emmanuel Berg la refait à ses frais si ce n’est pas possible de l’amener chez le retoucheur. Après ce n’est pas le cas chez tous les chemisiers en ligne, donc vérifiez avant de commander comment ça se passe si vous n’aimez pas la chemise qu’on vous livre.

Prêt-à-porter VS sur-mesure

L’expérience de cette coupe m’a fait pas mal relativiser sur la soit-disant perfection du sur-mesure VS approximation du prêt-à-porter, c’est pour moi un mythe à moins d’aller vers des artisans tailleurs. En effet il existe une ou deux marques de prêt-à-porter qui me vont mieux que les sur-mesure classiques. Alors là il y en a qui se disent peut-être « mais le chemisier a mal fait son travail ? ». Et je leur réponds : « pas du tout ».

Que vous alliez chez un chemisier sur-mesure ou une marque de prêt-à-porter, vous acceptez dans les deux cas un parti-pris stylistique quant à l’artisan ou la marque. Le set complet de vos mesures ne donnera jamais la même chemise chez tous les tailleurs, car certains donnent de l’aisance à un endroit ou un autre, d’autres ont des partis-pris très près du corps, et cetera. Mais vous y allez toujours un peu à l’aveugle, car c’est le tailleur qui décide au final.

A l’inverse, avec le prêt-à-porter, si le choix est rigide, vous savez en tout cas où vous allez car vous essayez le vêtement. A vous ensuite de vous trouver la marque qui correspond à votre morphologie en testant un peu partout.

Quant à l’argument coût, il ne tient pas. Le PAP et le SM (hors maîtres tailleurs et grandes maisons) sont aujourd’hui kiffe kiffe à niveau de qualité égal : c’est donc finalement un choix à faire selon vos besoins :

  • le PAP permettra de trouver des produits plus « mode », de sortir du classique, et de savoir directement ce que vous achetez,
  • le SM ira par contre corriger vos quelques défauts morphologiques s’ils sont hors-zone de prêt-à-porter, du genre : « je ne trouve aucune chemise avec les bras assez longs« , ou « quand la chemise ferme au cou, le reste de la chemise est trop grand« . À noter aussi un plus grand choix sur les couleurs et les tissus, mais un moindre choix sur la variété des coupes.

Bilan du test

Je pense que l’on peut dire que c’est la chemise la plus haut-de-gamme qu’on ait eu à tester à ce jour.

Au final, le prix est effectivement onéreux (179 € pour celle-ci), on ne s’en cache pas. Mais le prix reste honnête au regard du service de sur-mesure et de la qualité extrême des finitions. C’est essentiellement le choix du tissu qui va influer sur le prix, l’entrée de gamme sur des popelines plus simples (mais déjà très qualitatives) démarre à 130 €, soit le prix d’une chemise haut-de-gamme dans le PAP.

Concrètement, William (fils d’Alain Figaret) se déplace sur Paris et proche banlieue pour prendre vos mesures, et la chemise est ensuite livrée chez vous. Le service de prise de mesure à domicile est toujours proposé. Ou alors vous pouvez faire prendre les vôtres par quelqu’un qui s’y connait (faites attention : la prise de mesures ne s’invente pas, et ça ne se fait surtout pas seul devant son miroir !) et les envoyer à William (william@emanuelberg.com). Plus d’infos ici.

Dernier update : 09/01/14

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  • http://www.bonnegueule.fr/ Geoffrey – BonneGueule.fr

    ce n’est pas le souhait de l’auteure (moi j’étais juste en back up)

  • http://www.colorbar.fr/ Damien LT.

    Et pourquoi pas une version numérique ?

  • http://www.bonnegueule.fr/ Geoffrey – BonneGueule.fr

    non pas encore, on a du mal à trouver un éditeur pour celui-ci

  • http://www.colorbar.fr/ Damien LT.

    Salut Geoffrey,

    As-tu sortis ton guide pour les femmes ? J’ai montré le BGBOOK à mon associée et elle voudrait bien avoir la même base.

    Merci à toi.