Reportage : Pitti Uomo 89 (hiver 2016), l’évolution du salon

Pitti uomo 89
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C’est devenu une tradition chez BonneGueule : partir à Florence pour savourer les tendances du Pitti Uomo.

Après avoir simplement capté l’ambiance du Pitti Uomo 87, puis interviewé les personnages récurrents de la place Fortezza da Basso durant le Pitti 88, Long et moi-même avons décidé d’aller plus loin en vous emmenant à l’intérieur des allées du Pitti. Bien entendu, nous n’échappons pas aux tendances remarquées sur la place.

Je tiens à remercier Hugo Jacomet, qui nous a consacré du temps pour nous accompagner durant ce salon. Retrouvez son analyse des tendances de cette édition du Pitti 89 sur Parisian Gentleman.

Pour les plus impatients, voici le reportage :

Le Pitti Uomo édition 89 (hiver)

Pour rappel, le Pitti Uomo est, depuis plus de 40 ans, l’un des plus célèbres événements consacrés à la mode masculine. La recette est toujours la même : des acheteurs et exposants du monde entier se retrouvent pour faire affaire ou simplement pour échanger des cartes de visite.

Aussi, depuis quelques années, de nombreux journalistes, photographes ou encore quelques hommes voulant faire croître leur communauté Instagram, se pressent sur la place Fortezza Da Basso. C’est d’ailleurs la première chose que l’on retient au Pitti : ses superstars qui posent, téléphone à la main.

Pitti uomo 89 bonnegueule

La ville entière se métamorphose pour l’occasion. Impossible de faire un pas dans Florence sans croiser de la veste croisée, du pantalon blanc, des chapeaux ou encore des cravates jaillissantes.

Pour moi, l’hiver est bien plus intéressant que l’été : les tenues sont beaucoup plus étoffées, les styles plus marqués et la prise de risque illimitée. Il est plus difficile d’assortir les motifs et les couleurs lorsque vous superposez les couches, j’étais impatient de voir le résultat.

Qu’est-ce qui a attiré mon attention cet hiver ?

Même si le reportage en dit beaucoup sur les tendances de cet hiver, je tenais à servir les quelques lecteurs qui me demandaient d’accompagner le reportage par des photos, pour mieux analyser les tenues.

Moins de couleur

C’est la première chose qui m’a frappée en arrivant, je m’attendais à être assommé de teintes incroyables, de motifs en tout genre. Finalement, il n’y a pas eu de whaou effect comme à l’édition précédente.

manteau camel pitti 3

rayure craie pitti 89

Les hommes reviennent aux essentiels de l’élégance, on y voyait beaucoup de bleu, de gris, des motifs discrets. Ça fait du bien.

fabio attanasio pitti 89

Fabio Attanasio n’en a jamais trop fait. Il est resté discret et élégant. La marche à suivre !

Parfois trop d’excentricité…

Eh oui, certains hommes ont continué d’aller toujours plus loin. Trop loin à mon goût.

excentricite pitti 3

Parfois vraiment trop d’excentricité…

Le manteau en laine Casentino

C’est le grand débat de cette édition. Personnellement, je n’adhère pas ; je trouve que les couleurs utilisées avec cette matière sont trop vives et piquent la vedette au reste de la tenue.

casentino pitti 2

casentino pitti 89 3

Luigi Cordone, chemisier.

N’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez en commentaire, j’aimerais bien avoir vos avis.

Le manteau camel

Pièce incontournable et intemporelle, le camel est aussi simple à porter que du bleu ou du gris.

camel coat pitti

L’avantage est qu’il est difficile d’en faire une pièce « chiante », ces messieurs nous le prouvent.

Le non-sartorial

Le Pitti s’ouvre à d’autres styles ! On ne voit pas que des cravates qui jaillissent et des double-boucles. Cet hiver, j’ai aperçu quelques tenues bien réalisées avec des pièces workwear et casual.

squarzi pitti 89

Alessandro Squarzi adore les pièces vintage, les tâches sur son blouson en témoignent.

squarzi pitti uomo 89

casual pitti 89

Le tartan rouge et noir était très présent durant cette édition.

Le col roulé

Je n’en ai jamais vu autant. Le cardigan fin sous la veste a laissé place aux cols roulés, lisses ou torsadés, alors que la tendance était encore hésitante l’année passée.

col roule pitti

Les cols de chemise qui en dépassent nonchalamment sont encore présents. Je ne comprends toujours pas cette tendance qui, selon moi, ne représente pas un signe de décontraction mais plutôt un moyen de distinction qui divise.

col roule pitti 89

col roule 4 pitti

La cape ou l’écharpe « façon cape »

À ne pas laisser entre toutes les mains, cette pièce est difficile à maîtriser. Il faut vraiment faire attention aux volumes, au risque de ressembler à un énorme champignon. L’exercice est bien réalisé ici par Paul Garcia de Oteyza de Sastreria 91.

Cape pitti

Cape pitti 5

On a également aperçu quelques écharpes jetées sur les épaules.

Cape 2 pitti

Les cardigan ceinturés

J’en ai vu passer quatre ou cinq durant le salon. Je n’avais jamais envisagé de porter ce genre de pièce mais le rendu est finalement très beau.

Alessanro squarzi pitti 89

Notez que le pantalon blanc sous la pluie ne lui fait pas peur. Alessandro Squarzi porte ici un Drew and Co. en laine, marque qu’il distribue dans son showroom.

Bonus : un Long métamorphosé

C’est une petite victoire pour moi ! Certes, ce n’est pas la tenue la plus confortable pour tenir une caméra mais Long a enfin pris goût à la sprezzatura. J’en profite pour le remercier d’avoir consacré autant de temps à la réalisation de ce reportage, ce n’était pas une tâche facile. N’hésitez pas à lui faire des retours en commentaires, il est toujours très content de connaitre vos ressentis.

Un grand merci également à Rafik et Nicolò pour les traductions !

Long Pitti uomo 89

Notez la nonchalance avec laquelle il range son micro. Saharienne et pantalon SuitSupply, chemise, gilet et cravate Gutteridge, souliers achetés dans une petite échoppe à Florence, pendant le Pitti.

Merci à tous les intervenants de ce reportage :

  • Marco et l’équipe de Marol – marol.it
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  • Nicolò – BonneGueule

    Désolé :p

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Najah !

    Merci !

    Je ne saurais pas te dire, le montage a été fait il y a un certain temps et c’est trop court pour utiliser Shazam :p

  • Merci Eve 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Tus !

    Très franchement je ne sais pas, je n’en ai vu des comme ça que chez eux :/

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci pour tes compliments Romain 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Alex !

    C’est un Koolerton acheté sur Amazon 🙂

  • Xavier P.

    Ciao!
    Je dois dire que ça dépend sûrement du physique de chacun. Si tu es plutôt fin et de taille moyenne (physique assez répandu en Asie) je pense que ça devrait tailler « normalement ». Si t’es un peu plus charpenté comme moi, faut passer sur la taille au dessus.
    Ça me rappelle un costume acheté chez J Crew à NYC : la coupe de la veste est faite pour le physique américain, soit très carré au niveau des épaules et assez en V. En Europe on ferait plus en H, ou du moins un V moins prononcé. Résultat toutes les tailles essayées étaient soit trop grande au niveau du buste soit trop fittée au niveau du ventre. Je ne mets plus que le pantalon :-).
    Pour revenir à Bastong, pour à peine plus chère qu’une Barbour on a quand même un produit plus original et plus actuel. Mon prochain investissement, c’est sûr 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Xavier !

    C’est marrant, moi je fais un bon S en général (un M sur les vêtements hyper fittés) et le S de chez eux (sur le modèle qu’on avait en boutique) m’allait.

    Ceci dit merci pour la contribution, c’est cool de savoir que tu peux commander en leur envoyant un mail 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Antoine !

    Etant donné que c’est mon pays d’origine je sais de quoi tu parles, et pour le coup, si on a la chance d’avoir de l’excellence niveau style en italie, on a aussi nos « truzzi » comme on dit de par chez moi, ou plus communément « tamarri »… Ce qui signifie, en gros, « gros beauf ». (Je n’ai pas trouvé de façon moins clivante de le traduire.)

    Et si le bon goût se distingue et impressionne par sa témérité là bas, le mauvais goût aussi…

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Mike !

    Non pour le coup c’est réservé uniquement aux professionnels (médias, marques…)

  • Luca – BonneGueule.fr

    Merci Nicolas pour ce gentil retour, il nous va droit au coeur !

  • Luca – BonneGueule.fr

    Merci Xavier !

    Comme tu le dis, il en faut pour tous les goûts 🙂 Cela permet d’ajouter de la dynamique au montage.

    Ahah tu es bien curieux, il faut ouvrir les paris 😉

    En ce qui concerne l’after, Long a perdu volontairement les images. Elles appartiennent aux abysses désormais !

  • Luca – BonneGueule.fr

    Merci pour ce retour Thomas ! Effectivement, tout le monde a joué le jeu, pour notre plus grand plaisir 🙂

  • Luca – BonneGueule.fr

    Merci Sébastien pour ton retour.

    Effectivement, Bastong reste une marque discrète mais qui tend à se faire connaître ! Bientôt en ligne on l’espère 🙂

  • Sébastien

    Super reportage, que j’ai beaucoup apprécié !

    Je suis vraiment content de voir que vous avez choisi de vous focaliser sur l’intérieur du Pitti, car le côté « foire » de l’extérieur est sympa visuellement, mais parfois un peu éloigné de la réalité.

    Mention particulière pour le stand de Bastong, qui donne vraiment envie… Dommage que la marque soit si confidentielle pour envisager des achats en ligne !

  • Thomas Garnier

    Toutes mes félicitations à l’équipe de BG qui a réalisé ce reportage. Hugo Jacomet en consultant toujours d’une efficacité extrême qui est un plaisir à écouter par son incroyable connaissance du milieu *la bible de la culture sartoriale*.
    Le décryptage des tendances et le développement du salon présentés de cette manière est très appréciable : le contenu est riche, et la forme très dynamique et très plaisante.
    Lino Ieluzzi, Luca Rubinacci, Hugo Jacomet et l’équipe de BG : tout y est !

    Merci et hâte de voir la prochaine édition.

  • Luca – BonneGueule.fr

    Merci beaucoup pour ce retour 🙂

  • Luca – BonneGueule.fr

    Un grand merci Bastien !

  • merci ! Long et Luca ont vraiment beaucoup taffés pour ce reportage !

  • je pense que rien qu’avec les fripes on peut faire pas mal de choses, mais effectivement là tu tiens des tenues d’un très haut niveau. Mais on a tous commencés quelque part 🙂

  • Chris

    Merci pour ce super reportage, vous progressez et étoffez le format pour le Pitti à chaque fois, et c’est super ! Continuez comme ça ! 😉

    La laine Casentino, je ne suis pas fan du tout. Ce ne sont pas tant les couleurs vives qui me gênent, mais la texture trop prononcée qui fait ressembler la laine à vieux produit qui a bouloché…

    Les manteaux camel sont effectivement un must have. C’est classe, ça éclaire une tenue, et ça va avec tout. Le manteau crème de Hugo est un véritable délice aussi… mais bon, on peut difficilement en attendre moins d’un manteau Cifonelli Bespoke. ^_^

    C’est bien que vous soyez rentrés dans le vrai salon. Merci pour le reportage, j’ai pu découvrir quelques nouvelles marques qui je vais devoir creuser. Par contre, la cravate de Mario Bemer rentrée dans la chemise, ça pique les yeux ! XD
    Petite question : l’entrée au salon, si on est visiteur (comme vous), est-elle payante (si oui, quel prix), ou réservée à certaines personnes ?

  • yacine

    Très bonne vidéo , bon boulot ! ça fait quand même rêver de genre de salons, mais je pense qu’il faut une certaine maitrise et un bon portefeuille pour pouvoir confectionner des tenues de ce niveau , c’est assez découragent au final…

  • Magnifique reportage, c’est exactement le genre de contenu de vidéo qu’il manque sur internet. Je me souviens PG avait fait une vidéo du même acabit il y a deux ans il me semble, avec le bottier Corthay. J’aime beaucoup cette évolution, parfaitement symbolisée par votre introduction à l’intérieur du salon, là où le vrai Pitti s’exprime.
    Quant aux tendances de cet hiver je suis moins catégorique pour le manteau en laine bouillie. Même si je suis d’accord sur le fait que les couleurs pétardes dans lesquelles il se décline ne sont pas toujours du meilleur goût, et pas très faciles à accorder avec le reste de la tenue. D’ailleurs il serait temps pour Alessandro Squarzi de se raser le haut du crane, sa calvitie commence à être vilaine :p

  • Ericb

    Reportage toujours aussi captivant, surtout sur l’envers du décor. Merci pour le boulot et les découvertes.

    Pour ma part, je trouve la texture du manteau en laine Casentino intéressante. Mais il est vrai que les coloris tape à l’œil gâchent quelque peu l’ensemble. De couleurs plus sobres rendraient la chose très sympa.

    Sans ça, très appréciable le côté « sage » de ce Pitti et son monochrome travaillé. Quant aux énormes écharpes qui drapent les « modèles » extérieurs au salon, je ne suis vraiment pas fan. Pas loin de qualifier la chose de mauvais goût. Mais bon le goût…

  • Alex

    Des photos des paons du Pitti on n’en voit partout et quand on en a vu dix ou quinze, on a tout vu (même si il faut avouer que cela reste un spectacle) et on finit par ce lasser.

    Par contre voir un aperçu du salon en lui-même je trouve cela beaucoup plus intéressant car plus rare. Et puis le reportage est vraiment sympa. On voit bien l’amélioration du travail de Long dans le temps je trouve, en plus dans des styles différents entre les teasers style pub avec la collab Howards et des reportages comme celui-ci.

  • Abdelhamid Niati

    Luca tu as fait bon voyage à ce que je vois; Le Pitti inside est à tomber. On voit beaucoup d’innovation chez des créateurs qui ne cessent de créer tant sur le plan technique qu’esthétique. J’apprécie que vous ayez montré Inis Meain qui fait une maille tout simplement divine mais qui part très vite. Tout cela me donne encore plus envie de trouver les pièces que je recherche actuellement (ça reste secret ;). L’équipe plurielle de l’article donne un résultat exceptionnel dont je ne suis pas prêt de me lasser. merci Luca, Long, Hugo et les BG