Test : Du mouton à votre dressing, la confection d’un pull Epicure

Pull laine
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Disclaimer : J’ai rencontré Thibaud de la marque Epicure il y a quelques mois. J’ai apprécié le produit pour son bon rapport qualité / prix (pull col V à moins de 100 € par exemple), mais je ne savais pas trop quoi écrire en dehors de cela, les designs étant très simples (quoique efficaces).

Du coup j’ai proposé à Thibaud de nous raconter une histoire où on tond des bêtes à cornes pour ne pas avoir froid aux épaules. Il a été très honnête et a vraiment joué le jeu, notamment sur la confection chinoise, ce qu’on a beaucoup apprécié. Et voilà !

Rapide présentation d’Epicure

Epicure n’est pas qu’un vieux barbu, c’est aussi une toute nouvelle marque de prêt-à-porter parisienne qui débute tout juste avec une collection Automne/Hiver 2012, disponible en ce moment. Et uniquement avec des matières naturelles. La définition de l’Epicurien le résume très bien : « Un Epicurien est quelqu’un qui aime plaire et se faire plaisir ». Quant à notre crédo, c’est la gourmandise des matières.

La marque a été créée par nous deux, Peter et Thibaud. Et on nous questionne souvent tous les deux sur la confection d’un pull. Alors voici en image la confection d’un pull en laine mérinos extrafine.

Alors déjà, un pull ça ne se fait pas en 2 semaines comme le fait si bien Zara (bon, ok, pas avec de belles matières, ni un détail de confection top…). Avant d’arriver dans votre garde-robe (ou garde-pull, on peut dire les deux), un bon pull aura fait le tour du monde. Pas en 80 jours, mais presque !

Le mouton, une belle bête

Un mouton australien recouvert d’une belle laine avant tonte.

Avant de finir dans nos assiettes, le mouton nous fait plaisir grâce à sa laine pour les hivers rugueux. La laine c’est chaud ! Mais ça peut parfois piquer, je vous l’accorde. Il existe la laine mérinos, déjà plus noble, plus douce… Mais le must, c’est la laine mérinos extrafine.

Un peu de culture du mouton pour se coucher encore plus intelligent ce soir ? La race de mouton mérinos, principalement élevée en Australie et en Nouvelle-Zélande, produit une laine de très grande qualité, comme je vous l’ai dit. Elle est très souvent considérée comme étant l’une des meilleures laines du monde. La laine mérinos est caractérisée par une fibre jusqu’à trois fois plus fine que celle de la laine traditionnelle.

Je vous vois venir « une fibre » ? On parle de la laine ou du mouton ? je ne vois pas le rapport avec la fibre là… Pour faire simple, ça veut dire que la laine (et non pas le mouton) est beaucoup plus confortable à porter car elle est très douce et, surtout, elle ne pique pas ! La laine mérinos extrafine est le summum de la laine mérinos : la douceur du cachemire associée à la qualité de la laine (ça bouloche nettement moins !).

La laine mérinos extrafine au pays des Kangourous

Notre laine mérinos extrafine provient du sud de l’Australie où les moutons sont élevés dans la ferme familiale de Mount Hesse. Créée en 1882, cette ferme est aujourd’hui l’une des plus importantes d’Australie (et si on mettait « Epicure, depuis 1882 »… ça le ferait, non ?).

Les fermiers Australiens la tondent et la lavent avant de l’inspecter méticuleusement à la main à la recherche du moindre défaut de qualité. Il faut se l’avouer, un mouton c’est marrant, c’est sympa, mais ce n’est pas toujours très propre … Alors cette étape d’inspection est essentielle.

Bon, la laine est encore brute. Il faut la rendre apte au tricotage, il faut la filer comme on dit. Mais les australiens ne sont hélas pas les meilleurs dans ce domaine. Et non ! Ce sont nos amis les Italiens qui cartonnent en termes de filature.

Direction l’Italie !

On envoie donc la laine mérinos extrafine chez les Italiens, en Lombardie, plus précisément entre Milan et Turin. Les filatures italiennes étant réputées pour être parmi les meilleures !

Elle est ici transformée en une multitude de pelotes. Cette transformation se fait selon l’épaisseur du fil souhaité. Nous on a retenu un fil très fin pour préserver la souplesse du vêtement.

On y est presque… C’est à partir de ces pelotes que les pulls vont être tricotés. Les pelotes sont toutes blanches. Un blanc un peu écru… Bref, il faut la teindre, sinon on n’aurait qu’une couleur et ce ne serait pas top. Un peu en mode «pin naturel», la couleur des meubles Ikea de base.

Comme on veut faire quelque chose de jeune et frais, il faut des couleurs, alors comment passer à côté de cette étape ? Il faut savoir que la teinture est très variable selon les couleurs. Les couleurs chinées par exemple nécessitent une approche un peu différente. Ceci explique parfois une légère différence au toucher entre les différentes couleurs : vous n’avez jamais remarqué ? Encore une info pour se coucher plus intelligent.

A présent, il faut tricoter pour ne pas vous vendre des pelotes mais un modèle fini. Au travail !

Le fil peut être teint en une multitude de couleurs grâce au savoir-faire italien.

Et un passage par la Chine

Bon, tout est prêt pour être envoyé dans notre usine de maille à Shanghai. Oui, oui ! Shanghai en Chine.

Le «Made in China» peut faire peur. Mais on a plus d’un tour dans notre sac dans le prêt-à-porter : avec 35% de la valeur ajoutée on peut étiqueter nos modèles «Made in France». Alors forcément, beaucoup le font.Oui, beaucoup beaucoup même !

Car il faut savoir que tout le monde fabrique en Chine. Même les plus grandes marques de luxe. C’est connu, c’est dénoncé dans des livres (Dana Thomas en a écrit un qui résume très bien cela : «Luxe & Co»). Alors autant être honnête. Car les usines en Chine, c’est comme les bistrots en France : il y en a de très bons, d’autres très mauvais… Et puis la matière est loin d’être chinoise avec tout le chemin qu’elle a déjà effectué. Epicure pourrait être «Made in Italy» avec la filature qui coûte un bras !

Bref, revenons à nos moutons… La laine mérinos extrafine vient d’arriver en Chine. Parallèlement à tout ce processus, et pendant que la laine fait son petit tour du monde, détente, nous on travaille ! Les stylistes aussi. Vous avez cru que deux jeunes d’école de commerce savent dessiner ? Bon, il y en a sûrement quelques uns mais savent-ils dessiner des modèles ? Des silhouettes ? Faire une fiche technique ? Pas sûr.

On travaille donc avec 3 stylistes. L’opérationnelle, celle qui travaille le plus, a fait l’ESMOD à Paris et s’appelle Stéphanie. A ses côtés, deux autres nous donnent des coups de mains en termes de tendance et de stylisme. L’un sort de la Saint Martin’s School à Londres, l’autre de l’Istituto Marangoni à Milan. Tant qu’à faire…

Une fois les croquis réalisés, les fiches techniques terminées et les couleurs sélectionnées, on envoie tout ça à nos amis les chinois. Place au prototypage ! Cette phase permet de faire quelques tests et ajustements sur le modèle pour qu’il tombe bien, qu’il ait un beau porté. On parle de « modélisation » et de « montage » du premier prototype.

En complément du dessin technique, une multitude de recommandations sont envoyées : détails des finitions, jauge à utiliser, tension du maillage, nombre d’entrées de fils… On a choisi pour le pull « Roméo » des finitions en bords-côte et un travail de tricotage précis autour du col et des coutures de manches, qui soulignent le modèle.

La jauge concerne la finesse du tricotage, plus la jauge est élevée, plus le pull sera fin. Ici, la jauge retenue est de 12, avec deux fils. Mais on peut aller sur des jauges de 4 ou 6 pour les grosses mailles, ou de 20 pour des tissages très très fins.

Une usine de confection en Chine.

Il est extrêmement rare de n’avoir qu’un prototype, irréprochable du premier coup. Ou alors les mecs sont les meilleurs du monde des deux côtés (stylistes, modélistes, façonniers…). Aucune marque ne fait qu’un prototype. Il y a toujours quelques ajustement sur le tombé du modèle, sur les finitions, sur 1 ou 2 cm à rajouter ici ou là, ou à enlever… Après quelques échanges franco-chinois où se trimballe le prototype, et une fois toutes les mesures bonnes, on peut le valider et demander le proto final dans tous les coloris choisis.

Note de Geoffrey : Voici l’outil qu’utilisent les créateurs pour choisir les coloris. Ça s’appelle un nuancier, et le marque Pantone que vous connaissez peut-être est leader dans ce domaine de la définition des couleurs. C’est quelque chose qui parait bête mais c’est très précis et ça demande un vrai savoir-faire.

Nuancier de la marque Pantone.

Et voilà le résultat final :

Avant d’arriver chez vous, ce pull a donc parcouru une bonne partie du globe, pour trouver à chaque endroit les meilleurs façonniers et producteurs. Et pour remercier tous ceux qui nous supportent depuis le début de notre marque, nous leur avons demandé de donner le nom qu’ils souhaitaient au produit qu’ils sélectionnaient. Alors quelqu’un a donné au col V le nom « Roméo ».

Aujourd’hui, les Roméo sont entreposés dans nos appartements, dans des boîtes pour ne pas qu’ils se fassent la malle… Bon, on en n’a pas des masses car on ne fait que des séries limitées. Un modèle est commandé à 100 exemplaires. Toujours en 3 tailles (1, 2 et 3 ou S, M et L). Ce pull est proposé dans 3 coloris : bleu, gris et rose.

Allez, finissons sur une touche scientifique : Si un pull est proposé à 100 exemplaires et qu’il y a 3 tailles, ça fait … 33 exemplaires par taille. Mais s’il y a 3 couleurs, ça veut dire qu’il n’y a plus que (33 / 3) ……. 11 exemplaires par modèle et par couleur ? Donc seulement 11 Roméo bleu en taille 1 ?? Et oui ! au moins, il y a peu de chances que vous ne croisiez une autre personne dans la rue avec le même modèle Epicure !

Le parcours complet de la laine.

Pour finir, on a pris l’exemple de l’Australie, mais on voyage aussi en Mongolie (soie) ou au Pérou (le fameux coton Pima) pour sélectionner nos matières.

Vous pourrez trouver les produits Epicure sur leur site web. Et pour un article test à proprement parler, vous pouvez lire celui de nos amis les Yers.

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  • avec plaisir !

  • j’ai reconnu votre transparence, qui est un premier point louable, et je ne cherche pas à vous diaboliser. Mais très clairement d’un point de vue factuel qui va au delà de toute forme d’intention, les résultats sont exactement les mêmes. Mais il semble effectivement plus judicieux de poursuivre en PV

  • c’est d’ailleurs l’object d’un prochain article avec l’interview de Ming, la créatrice de 3 animals, qui est très fière (à raison) d’annoncer que tout est fait dans son atelier en Chine.

  • Merci Geoffrey pour cet article et tes réponses qui ont suscité beaucoup d’échanges, parfois mouvementés.

    J’ai mis quelques jours pour vous répondre avec pour motif non excusable un gros déménagement… A tous, je vous présente toutes mes excuses.

    Je reste à votre disposition si vous souhaitez échanger avec nous : [email protected].

    Bonne journée,
    Peter

  • Bonjour Ludovic,

    merci pour cette judicieuse remarque. Effectivement, le dernier fini le tour du monde avec ses copains de cartons. Si par exemple nous avons 33 pulls gris, 33 pulls roses, il y aura 34 pulls bleus.

    Si ne ne faisions pas cette recherche de matières douces et de grande qualité, nous achèterions les matières directement en Chine pour vous proposer des produits 100% made in China. Ce n’est pas ce que nous avons souhaité. La gourmandise des matières 😉

  • Bonjour Plutarque,

    nous n’avons jamais dit avoir lu qu’Epicure était quelqu’un qui aimait plaire et se faire plaisir. «La définition de l’Epicurien le résume très bien : Un Epicurien est quelqu’un qui aime plaire et se faire plaisir ». Nous ne parlons pas d’Epicure, mais d’un Epicurien, comme nous appelons toutes les personnes qui font confiance à notre marque.
    Lorsque l’on souhaite appeler une marque Epicure, il est vrai qu’il est essentiel de s’attarder sur la philosophie de ce dernier. Chose que nous avons faite, il y a plusieurs années déjà (entre les cours à la fac et la culture personnelle). Nous n’avons pas confondu hédonisme et épicurisme, nous avons créé un univers de marque, comme tout le monde fait et doit faire. Nous aimons la philosophie d’Epicure, nous le rejoignons sur plusieurs points et « adhérons » au mouvement populaire que les gens en ont fait (et qui ne résume en aucun cas la pensée d’Epicure !). Nous sommes des épicuriens comme le caractérisent la majorité des gens aujourd’hui. Nous sommes des Epicuriens, comme nous avons souhaité le définir. C’est notre univers de marque, voilà tout 🙂 Si tu souhaites que l’on en parle davantage, n’hésite pas, je suis tout-à-fait preneur et aime échanger : [email protected]

  • Bonjour Geoffrey, absolument d’accord avec toi. Les médias poussent les gens à penser certaines choses. Parfois pour dire des choses vraies, parfois pas…

  • Bonjour Benjamin, merci pour ta réponse. On va finir par faire des tables rondes si ça continue 🙂

  • Bonjour JM, je suis d’accord avec toi, fabriquer un vêtement qu’il soit cher ou bon marché par des gens qui peuvent à peine vivre décemment est affreux. Comme c’était le cas il y a quelques années : des gens se chauffaient grâce au charbon que les mineurs sortaient des fonds de la Terre, pour de grandes bâtissent dans lesquelles ils ne vivaient pas, ou pour alimenter les voyages en train que peu pouvaient se payer au début du siècle dernier…
    Notre volume de production nous impose un coup de fabrication élevé. De plus en plus de gens s’intéressent aux critères du bilan carbone ou encore du lieu de fabrication du vêtement (lourdement floué par les règles de valeurs ajoutées – cf. Plus haut). Encore une fois, n’hésitez pas à me faire part de vos échanges : [email protected], je me ferai un plaisir de vous répondre.

  • Bonjour Jérémie, non, je ne vous prends pas «pour des ….». Nous avons visité nos usines et elles paraissaient tout-à-fait respectables. Il est possible qu’ils cachent les «vices» ou les «irrégularités» lorsqu’un de leurs clients passe dans les usines pour vérifier l’avancée du travail ou pour contrôler la qualité de la production. Si nous vous avions pris «pour des ….», nous aurions, comme je l’ai dit dans le message précédent, inscrit un «Made in France» ou «Made in Italy» comme beaucoup font . Ce n’est pas le but d’Epicure. Nous souhaitons juste être transparent avec le consommateur.
    Enfin, les médias ne sont pas à écouter à 100%, il existe des exceptions, parfois et même très souvent ils dirigent la pensée des gens comme nous tous… C’est le 4è pouvoir, ne l’oublions pas ! [email protected] si vous souhaitez en parler davantage.

  • Bonjour Romain,

    je comprends tout-à-fait ta réaction, mais
    sache que nous avons voulu travailler avec des pays de l’UE qui,
    finalement, ne travaillaient pas aussi vite et pas aussi bien que les
    Chinois. Effectivement, il est possible de travailler avec l’Italie, ou
    la France, mais les prix de vente n’auraient pas été les mêmes. Nous
    avons voulu proposer un produit de bonne qualité et qui corresponde aux
    attentes des consommateurs dans ces périodes de «crise». C’est vrai,
    Saint James s’en sort très bien, mais ils n’ont pas le même volume de
    production que nous avons (pris dégressifs). Si nous avions toutes leurs
    boutiques (et leur CA), nous aurions pu faire quelques chose de
    similaire (en termes de prix ou de lieu de production…). Enfin, sache
    que pour 35% de valeur ajoutée, il est possible de coller le «Made in
    France» sur une marque… Nous avions le choix, faire le packaging,
    quelques finitions en France et hop, nous aurions pu faire la même chose
    que beaucoup de marques font. Ce n’est pas le résultat que nous voulons
    puisque nous ne souhaitons pas nous moquer du consommateur et, au
    contraire, être transparent avec lui. D’où cet article.

    Si tu
    souhaites en parler davantage, n’hésite pas à me contacter à
    [email protected], je me ferai un plaisir d’échanger avec toi.

  • je pense que les économies de volume entre 100 et 1000 elles sont pas hyper significatives, mais entre 10 et 100 si.

    En Chine ce n’est pas évident de trouver des usines qui acceptent des petites commandes. c’est plus des batchs de 300 / 400 minimum.
    Après la Chine c’est grand : il y a de tout comme partout.

  • Sid

    Si j’ai bien compris, la marque ne fait que des séries limités (cent exemplaires pour le Roméo). Pourquoi aller en chine pour si peu ? De plus est il simple de trouver une usine prête a confectionner si peu de pièce (surtout en trois taille et trois couleurs) ?

  • Que ce soit très clair, je n’ai jamais défendu les mauvaises conditions humaines ou la souffrance animale.

    Simplement depuis le début je conseille aux gens d’avoir un peu la vision à 360 degrés qui permet de se rendre compte que les alternatives ne sont pas forcément toutes enviables et que le monde n’est pas noir ou blanc.

    Après il est vrai que je ne me sens pas particulièrement concerné par la cause animale, ce qui fait que je peux répondre parfois avec humour. Mais chacun ses sensibilités… et je ne juge jamais celles des autres.

  • MartinW7

    Etant lecteur assidu de Bonne Gueule, je suis déçu de ta réaction Geoffrey et j’ai envie de te faire part de mon point de vue.

    Les matières premières qui composent notre habillement quotidiens proviennent de ressources végétales ou animales. Or, la laine mérinos, le cuir, la fourrure (et tant d’autres) sont des industries qui génèrent énormément de souffrance animale inutile. Par exemple, je t’invite à lire en entier l’article de ton lecteur sur la laine mérinos et à regarder la vidéo jusqu’au bout.

    Pour ma part, internaute peut-être trop sensible, ce sont des images que je n’oublierai jamais et bien que j’apprécie autant que vous la mode masculine et les belles matières, j’évite d’acheter dorénavant certains articles, générés sur de la souffrance animale. Après, je ne cache pas qu’il m’est difficile d’être cent pour cent fidèle à cette éthique, mais comme dirait Brassens, c’est ma règle et j’y tiens.

    J’abordais le cuir, mais il est intéressant de se pencher sur cette filière. Les peaux ne viennent non pas de nos abattoirs (avec l’idée erronée) qu’on y récupère la peau. Mais elles proviennent pour la plupart d’Inde et de Chine. Les bêtes y sont écorchée vives dans des abattoirs à ciel ouvert dans les grandes villes (pour le cas de l’Inde, pour la Chine ça reste opaque, mais ça ne doit être guère mieux…) Je vous invite aussi à voir les différentes vidéos ou articles sur le site de la Péta par exemple.

    Je conçois tout à fait ,et partage le fait qu’on ne peux pas vivre de polyester, ni tout nu, si on veux tomber dans la caricature. Ce qui me dérange, ce sont ces tortures sur des animaux douées d’une sensibilité pour notre comfort et notre société consumériste.

    Je ne vais pas faire trop long, et je vais m’arrêter là, mais je voulais parler d’un sujet avec vous qui me tenais à coeur depuis longtemps.

  • Plutarque

    Heuuu concrètement tu as lu ce que j’ai écris ?
    Ou t’as vu que je te parlais de conditions de travail dans des ateliers ?

    Tu avances que le secteur textile est plus sujet au SCANDALE , plus mis en avant que d’autres ( grosso modo c’est injuste de critiquer vu que c’est pareil ailleurs – ce qui n’est pas un argument ) . Ce à quoi je te réponds que des scandales dans d’autres filières ( industrie agro-alimentaire , pharmaceutique , industrielle , électronique , exploitation de matière première etc.. la liste n’est pas exhaustive ) sont dénoncés tous les jours aux même titres que ceux du textile. Et qu’il est faux de prétendre que seule la filière textile est punie et montrer du doigt comme tu le laisses entendre. Et donc que l’on devrait être plus indulgent à son égard ..

    Je suppose que c’est le mot malhonnête qui t’as fait mal au coeur ? Allez relis la phrase en espérant que tu comprennes que je parlais pas de ta personne mais du procédé qui consiste à avancer une idée sans se justifier ( grosso modo qu’est ce qui t’amènes à penser que le textile est plus dénoncé que les autres )

    Enfin concernant l’attaque ad hominem n’ayant jamais prétendu avoir visité des ateliers en Chine , ni que je n’avais aucune chose made in China en ma possession ( d’ailleurs je n’ai même pas parlé des conditions de travail en chine dans un seul de mes messages – le lien cité plus haut était en rapport avec l’écologie ) tu sera prié de relire Schopenhauer.
    Allez pleins de bisous !

  • C’est une bonne question. Peut-être que le modéliste en question a l’habitude de bosser avec cette usine, et que c’est trop compliqué de faire passer une info très technique entre deux langues (contrairement aux croquis de style, plus visuels).

  • Ravi que de ton côté tu ais poussé l’honnêteté intellectuelle jusqu’à la visite d’ateliers en Chine…

    J’imagine aussi que tu mêles l’action au verbe et que rien chez toi n’est fabriqué en Chine ?

    De mon côté j’ai déjà mis les pieds dans des ateliers clandestins du sentier. Ça aussi ça fait aussi partie du made in France. Et non, c’est pas beau.

    Par contre ce débat devient vraiment n’importe quoi… alors ma participation s’arrête ici (l’attaque ad hominem c’est jamais très engageant).

  • Akoben

    Peut être parce que la France est un ancien spécialiste du textile

  • Plutarque

    Ah bon en quel honneur » le textile cristallise toujours beaucoup plus ce genre de problèmes  » ? Enfin sérieusement il suffit de s’intéresser au minimum à autre chose que la mode pour se rendre compte que les scandales touchent toutes les filières . La preuve en est que vous êtes bien au courant des problèmes posés par les composants électroniques et les emballages alimentaires notamment ..

    Il ne s’agit pas dire qu’une filière est mieux qu’une autre ce qui est totalement idiot , par contre prétendre que l’une est plus visée qu’une autre ( par qui et comment d’ailleurs ? ) c’est malhonnête quand on avance pas de preuves.

    D’ailleurs accuser les autres de faire la même chose , voire de faire pire ne permet pas de s’exonérer soi-même de sa responsabilité. Comme dis plus bas c’est le sujet de l’article , donc si vous souhaitez discuter d’autres problèmes il faudra rédiger un autre article.

  • je ne suis pas d’accord, le textile cristalise toujours beaucoup plus ce genre de problèmes. Après loin de moi l’idée de défendre de mauvaises pratiques…

  • Dspot

    Ouais enfin avec le « y’a pire » on fait pas grand chose en fait. Et en plus être conscients de certaines choses dans le textile n’empêche pas d’être conscients d’autres dérives comme celle que tu cites…c’est juste que là c’était le sujet de l’article.

  • Plutarque

    C’est absolument faux , on en parle dans toutes les filières sauf qu’en l’occurrence c’est un blog sur la mode donc il est normal de ne pas aborder les problèmes des autres « industries  » .
    D’ailleurs l’industrie du textile est loin d’être parmi les plus irréprochables.

    Allez cadeau : http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/02/28/la-chine-asphyxiee-par-la-pollution-de-lindustrie-textile/

    Et les problèmes humains aux RDC sont surtout ethniques et dû à leur histoire plutôt qu’au coltan.

  • BenoitBG

    + 1, avant de se plaindre de la fabrication chinoise, il y a des choses bien pires, comme le coltan par exemple, métal indispensable à l’industrie électronique, qui est à l’origine d’un énorme massacre humain et écologique au Congo par exemple.

  • champoing dans le lavabo, ou filet à vêtement dans la machine. séchage à plat.

  • je crois qu’on va arrêter là, sinon on va tous finir tout nu ou couvert de polyesther (oui et le coton cause parfois des sécheresses et remplace certaines cultures vivrières bla bla bla) 🙂

  • C’est un pays pauvre si l’on se concentre sur le salaire horaire moyen, en revanche dans l’absolu c’est tout de même la première puissance économique mondiale. Ca ne voudrait rien dire si en même temps ce n’était pas la « fabrique » du monde : les richesses produites sont réelles et non virtuelles, ce qui veut dire qu’il y a des hommes derrière ces richesses, et qu’ils ne sont pas assez payés. Le problème également au niveau des salaires, c’est que c’est la première variable sur laquelle on tire non pour baisser le prix du produit (on voit que les prix ne baissent pas), mais pour accroitre les marges.

  • geoffrey2

    et le débat sur les pauvres petits moutons mérinos ? je suis surpris qu’il n’y ait pas encore de contestataire prêt à évoquer le sujet…

    http://la-menagere-ecolo.over-blog.com/article-la-laine-merinos-une-enquete-bouleversante-70882905.html

  • geoffrey2

    sinon ça se lave comment un pull en laine mérinos extrafine ?

  • Les gens choisissent toujours au mieux de ce qu’ils peuvent avoir : si ce travail même difficile n’existait pas, ils en auraient simplement un pire dans une autre industrie.

    C’est pas forcément fun, mais c’est comme ça. La bonne nouvelle c’est que ça évolue positivement petit à petit.

    Quant aux conditions de travail, il ne faut pas non plus tomber dans tous les clichés des émissions misérabilistes du genre « Enquête Exclusives » et « Capital ».

  • Après c’est pas non plus une empreinte écologique énorme de transporter des énormes containers en bateau à 10km/h. Bien moins que les derniers 20km en voiture que toi ou moi avons parcouru.

    Et si la main d’oeuvre locale est moins chère, c’est aussi parce qu’elle « consomme moins ». Si je pense uniquement en termes écologiques, employer des français sur toute la chaine, ce serait financer les modes de vie de personnes qui ont un impact écologique beaucoup plus fort que le même nombre de chinois.

    La consommation locale est pas toute rose non plus. Par exemple on importe des matières premières et de l’énergie pour produire en France, au lieu de produire directement où se trouvent ces matières premières et cette énergie).

  • Ça permet en effet d’augmenter leur niveau de vie. Et les gens choisissent toujours au mieux de ce qu’ils peuvent avoir : si ce travail même difficile n’existait pas, ils en auraient simplement un pire.

    Ceci dit, ce serait aussi louable que des marques aient une politique de transparence totale sur toute leur chaine de valeur, des matières premières jusqu’à la distribution.

    Enfin voilà, il faut tout nuancer et mettre de l’eau dans son vin.

  • Vos commentaires m’inspirent un article sur le made in France vs made in China. Le premier ne faisant pas toujours sens, et le second étant loin d’être aussi non-qualitatif / non-éthique qu’on ne le pense.

    D’autant que tout le monde hurle au moindre scandale dans le monde du textile (même si oui : certaines choses sont graves), mais personne ne se demande jamais comment est produit l’aluminium de vos emballages, vos meubles en kit, ou l’écran sur lequel vous lisez ces lignes…

  • Cgarlot28

    On doit pas avoir la même définition de « bonnes conditions de travail ».
    Et quid des conditions salariales ?

  • Plutarque

    Avant d’appeler sa marque Epicure il aurait peut être été utile de s’interésser à la philosophie du vieux barbu comme vous dîtes .. Ca vous aurait évité d’inventer une soi-disant définition de l’Epicurien ( qui est seulement une personne qui revendique suivre la pensée d’Epicure d’ailleurs ).
    Car je ne sais pas où vous avez lu que ce dernier était quelqu’un qui aimait plaire et se faire plaisir..Etant donné que c’est quasiment l’inverse de ce qu’il enseignait , l’ataraxie ce n’est absolument pas la recherche effrénée de plaisir.
    Enfin bref vous n’auriez pas confondu Epicurisme et Hédonisme.

    Et concernant la classe moyenne chinoise elle n’est pas du tout composée d’ouvrier ( en France non plus ..) , c’est donc un mensonge de dire que des emplois dans des usines leur permet de monter dans l’échelle de la société.Ils vivent simplement un peu mieux que les paysans ça s’arrête là..Ces gens là survivent et en aucun cas ne vivent grâce à ce travail ,en disant ce genre de chose on peut même arriver à légitimer l’esclavage après tout.Par Ailleurs l’Empire de Chine a toujours plus ou moins été une grande puissance ils n’ont pas attendus l’Occident et sa  » révolution industrielle  » . donc il faudrait peut être arrêter de penser que le reste du monde doit quelque chose à l’Europe et les Etats-Unis. Au contraire si nous pouvons aussi bien vivre actuellement c’est parce les autres survivent ainsi c’est plutôt nous qui sommes dépendant d’eux.

  • JM

    La chine « un pays pauvre » ?
    Trololol.

  • BenoitBG

    Tout à fait, mais c’est à nuancer aussi. Il ne faut pas penser qu’absolument TOUS les ateliers chinois sont l’enfer, certains ont de bonnes conditions de travail aussi.

  • Je suis d’accord avec toi pour le côté écologique. En revanche, niveau social c’est beaucoup plus discutable. Oui les ouvriers chinois travaillent dans de mauvaises conditions et ont un mauvais salaire en comparaison avec des ouvriers italiens. Mais c’est un pays pauvre et ce travail leur permet de vivre. D’ailleurs beaucoup des ouvriers chinois accèdent ensuite à la classe moyenne chinoise et s’enrichissent. Il faut surveiller les conditions de travail c’est clair, mais travailler ainsi peut leur être très bénéfique.

  • Salut je me demandais pourquoi ne pas prendre le modéliste en France et envoyer le prototype final en chine ? Je m’intéresse a ce job donc c’est pour savoir si il y a du débouché…

  • jeremie k

    entièrement d’accord avec romain. France 2 avait diffusé un remarquable reportage sur le made in « india », « bengladesh »… Les marques mettent en avant que leurs sous-traitant respectent le droit du travail… local. Ce qui signifie que des jeunes de 14 ans travaillent environ 45h hebdo pour (si ma mémoire est bonne) quelques dizaine d’euros par mois. Tout cela est légal et conforme au droit du travail local. Comme romain je ne suis pas une passionaria du « bio-équitable-local », mais s’il vous plait, ne nous prenez pas pour des …

  • Antoine

    +1 milliard. J’allais faire le même commentaire.
    Pour moi les conditions dans lesquelles sont faites le vêtement sont le premier critère.
    Acheter un vêtement cher fabriqué par des gens qui peuvent à peine bouffer me fait vomir.

    (C’est la même chose si le vêtement est bon marché me diriez-vous, mais bon parfois certains ne peuvent pas faire autrement).

    En plus il est possible, comme tu le dis, d’avoir tout de même un vêtement de qualité sans pour autant qu’il soit fabriqué dans des conditions immorales…

    Ah, si plus de gens s’intéressaient à ce critère, le monde vivrait mieux. Bon ok, les gens auraient peut-être quelques pièces en moins car le coût serait un peu plus cher…
    Et +1 aussi pour le bilan carbone, qu’il ne faut pas non plus négliger.

  • C’est appréciable d’avoir quelqu’un qui joue franc jeu, c’est vrai. Mais au delà de l’aspect moral, d’un point de vue plus pragmatique, je trouve dommageable de complètement dédramatiser le made in China. On en ferait presque quelque chose de drôle quoi… Dire « tout le monde le fait » n’est pas du tout une raison ! Je passe sur l’impact carbone du pull, dont la plupart des industriels se foutent royalement, pour juste en venir à l’aspect social. On ne parle que de la qualité du Made in China, qui de toute façon reste inférieure à une fabrication italienne, mais ce qui est aussi gênant ce sont les conditions de travail. Je ne voudrais pas passer pour un rebelle ahuri et utopiste en disant cela, mais faudrait quand même pas oublier dans quelles conditions travaille la main d’oeuvre chinoise, et surtout à quel prix ces petites mains sont payées. Et qu’on arrête de dire que cela coûte une fortune de fabriquer en France : Saint James propose un polo à manche longues à 49€ 100% (du tissage à l’assemblage) pour 49€. Un pull de chez eux, qui a par ailleurs la réputation d’être littéralement increvable (ce qui est vrai), et qui lui aussi est absolument 100% fabriqué en France coute 119€…

  • Ludovic Chairon

    Bonjour

    Un article de culture général très intéressant et qui nous montre une fois de plus à quel point nous « marchons sur la tête ».Au cours de sa fabrication un produit va pratiquement faire la moitié d’un tour du monde simplement parce que le cout du transport est tellement négligeable comparé à celui de la main d’oeuvre qu’il vaut mieux déplacer des produit partiellement transformé que de les traiter sur place! Au mépris de l’impact écologique de tel manoeuvre! L’infos sur le Made in France est aussi bonne à savoir.

    Ps= 33*3=99 y’en a un qui finit le tour du monde?