Dossier : analyse des tendances homme de la fashion week automne/hiver 2016/2017

fashion week paris
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« On est conditionnés à ne pas toujours voir la beauté là où elle est, alors qu’elle peut être partout » – Jean Paul Gaultier.

Avec justesse, l’enfant terrible pointe les dogmes et les restrictions singularisant la mode masculine.

Si l’histoire démontre que les hommes furent mille fois plus extravagants en d’autres temps que nous ne le sommes aujourd’hui, il convient néanmoins de constater une « explosion » de styles beaucoup plus variés et audacieux qu’il y a ne serait-ce que quinze ans. C’est cela qui est si passionnant avec la mode : elle évoque une époque, caractérise un lieu, une culture.

histoire mode homme

La mode définit une époque, un lieu, une culture.

Tout le monde peut percevoir les changements profonds survenus depuis quelques années : le succès de ce blog dont l’objectif est d’aider les hommes à bien s’habiller en est la preuve. Par cet article, j’espère vous donner envie, vous inspirer et, plus encore, rendre compte de ce qu’est le style masculin aujourd’hui, dans toute sa diversité.

Gentlemen, les fashion week masculines de l’hiver 2016-2017.

Focus sur les grandes tendances 2016 de la mode masculine.

Existe-t-il encore des tendances ? L’offre devient tellement énorme aujourd’hui qu’il est possible de trouver à peu près toutes les modes sur une seule saison. Du slim ? De l’oversize ? Du denim ? Y’a qu’à demander – et à chercher.

planning fashion week

Jusqu’à 4 défilés par heure, de 9h à 22h, pendant 9 jours. Et ça, ce n’est que le planning pour NYC, après il y a Londres, Milan, Paris.

Pourtant, vous êtes bien dans une rubrique dédiée aux tendances. J’ai fait le choix de n’en garder qu’une petite dizaine, soit parce qu’elles sont vraiment très présentes cette saison, soit parce que j’ai le sentiment qu’elles pourraient se diffuser très largement dans nos penderies.

Les manteaux très longs

manteaux longs fashion week

Alexander McQueen, Juun.J, Antonio Maras, Gucci, Damir Doma

La longueur au dessus du genou s’est imposée depuis tellement longtemps dans le vestiaire masculin qu’il était temps de la bousculer. Depuis 2/3 hivers, les manteaux s’allongent sans cesse, jusqu’à flirter avec vos chevilles.

Alexander McQueen a décliné plusieurs versions du manteau militaire croisé, dont une très simple en drap noir paré de boutons métalliques.

Juun.J, un créateur coréen très talentueux, confirme un goût certain pour l’excès en faisant défiler le plus long manteau de cette série, le meilleur étant bien sûr le superbe bleu pétrole.

On a vu aussi qu’un trench a sa place en hiver, d’où sa présence lors du défilé d’Antonio Maras à Milan.

Et puisqu’il est question d’Italie, du côté de chez Gucci on trouvera une version vintage et brodée de fleurs en velours d’un pardessus croisé, lorsque le nouveau milanais Damir Doma opte pour une coupe ample et marquée de frange à la taille pour suggérer une écharpe en trompe l’oeil.

Les manteaux ceinturés

ceintures manteaux fashion week

Matthew Miller, Ermenegildo Zegna, Damir Doma, Etro, Jil Sander

La vision de Matthew Miller m’a particulièrement marquée, avec une silhouette aux épaules naturelles, jouant sur l’effet drapé, à la taille serrée.

Stefano Pilati (sur le départ) chez Zegna a beaucoup misé sur les matières et les motifs, à l’image d’un manteau aux volumes généreux contenus par la ceinture.

Pour un esprit plus créateur, comptons sur Damir Doma et ses superbes manteaux d’inspiration kimono.

Toujours à Milan, Etro a, comme toujours, su imposer la fantaisie de luxe avec une version cachemire et soie d’un pardessus à la ceinture nouée : raffiné mais portable.

Enfin l’esprit militaire marche toujours, surtout lorsque Jil Sander en reprend les codes dans un manteau absolument somptueux, oscillant entre la douceur du drap et la rigueur des ceintures.

Les volumes généreux

fashion week volume

AMI, Juun.J, Dior Homme, MArni, Ermegildo Zegna.

La tendance des volumes généreux, voire exagérés, est parfaitement installée. Elle a le mérite de rompre avec la monotonie du full slim et de redéfinir les lignes de la mode masculine.

En allant vers l’exagération, on tombe sur AMI et sa doudoune massive ainsi que sur Juun.J et son douillet mouton retourné.

Les prédispositions de la ligne Dior Homme pour les silhouettes slim n’ont pas empêché quelques pantalons à plis amples de se faire remarquer, par contraste, avec des hauts beaucoup plus près du corps.

Chez Marni, l’amplitude est généralisée à toutes les pièces, d’un pull à l‘oversizing parfaitement maîtrisé à un pantalon flottant, mais resserré au niveau de la cheville. Enfin, Stefano Pilati s’est régalé des tissus de la Maison Zegna en misant sur une amplitude modérée, mise en valeur par la fluidité de la soie.

Les mailles toujours plus sophistiquées

mailles fashion week homme

Fendi, Emporio Armani, Missoni, Lou Dalton, Issey Miyake

Depuis quelques temps, les mailles ont pris une place prépondérante dans les collections masculines. Fini le col V en maille fine, aujourd’hui les marques ont bien plus à offrir. Entre mailles techniques innovantes, tricotées en 3D ou matières improbables, il y a de superbes découvertes à faire.

Fendi et Emporio Armani restent fidèles à eux même avec l’utilisation de la fourrure, en plastron pour la première et habilement tricotée dans un cardigan à emmanchures raglan pour la seconde Maison.

Missoni, l’experte du tricot, a frappé très fort cette fois grâce à un pull réalisé dans d’innombrables matières comme…le métal ! De petites pièces argentées viennent anoblir un pull à la complexité extrême.

Ceinture, volumes généreux et couleurs fraiches chez Lou Dalton et sa magnifique fusion d’une maille classique avec une sorte d’autre maille filet : la fabrication est irréprochable ! Issey Miyake surprend avec ce pull oversize à col cheminé tissé à partir de laine et de… crin de cheval ! J’aurai l’occasion d’y revenir.

La soie en version homme

soie defile fashion week

E.Tautz, Maison Margiela, Christopher Raeburn, Boglioli, Balmain

Elle est là où personne ne l’attend : la soie s’offre une place de choix à Londres et Paris notamment.

Le tailleur anglais E.Tautz et la célèbre Maison Margiela assument cette matière féminine en n’hésitant pas à confectionner un tee-shirt et une chemises aérienne, très intéressants par contraste avec les pantalons mats.

Une texture satinée est habilement exploitée dans une pièce masculine chez Christopher Raeburn, où la soie contrebalance la «dureté» d’un blouson bombardier à col côtelé.

Et quand la matière se mélange aux lainages comme chez Boglioli, cela donne un manteau à l’aspect métallique remarquable, au carrefour du bleu, du vert et du gris.

Enfin, aucune mesure chez Balmain, les vestes en satin se portant avec une ceinture smoking taillée dans la même étoffe, le tout sous une fourrure. De l’everyday wear quoi.

Le carré sous toutes ses formes

carreaux fashion week

Dior Homme, Fendi, Marni, Oliver Spencer, Etro

Plus qu’une tendance, le carreau a désormais le statut envié de basique pour l’homme. D’autant plus qu’il englobe à la fois le tartan, le prince-de-galles, les damiers etc.

Et c’est justement ce dernier que Kris Van Assche a utilisé en rouge et noir pour sa collection Dior Homme, ce sweat à capuche étant vraiment très réussi.

Pour Fendi, more is more puisque le quadrillage se porte en total look, mais attention : il ne s’agit pas d’un imprimé. Vous noterez les carrés de tissus appliqués sur le pantalon pour former le motif, c’est vraiment très très bien joué de leur part.

Plus simplement, le tartan et le fameux prince-de-galles sont apparus sur d’innombrables manteaux longs, en particulier chez Marni, O. Spencer et Etro. La Maison italienne frappe fort une nouvelle fois avec un ensemble chargé en motif mais réalisé dans de superbes matières.

Le retour des rayures

rayures fashion week hiver

Berluti, Andrea Pompilio, Oliver Spencer, Corneliani, Гоша Рубчинский (avec notre système alphabétique, ça donne Gosha Rubchbinskiy).

Pour changer du carreau, la rayure s’est aussi faite remarquer et a permis la démonstration de savoirs-faire intéressants. J’ai en effet choisi majoritairement des rayures non imprimées, à l’image de Berluti et Andrea Pompilio avec leurs assemblages de bandes d’étoffes jouxtées pour former le motif.

Spencer opte pour le drapé cousu de fil blanc posé comme une cape, quoique la démonstration la plus impressionnante est à mon avis celle de Corneliani, avec un pull tricoté en gros points d’une régularité incroyable.

Et enfin, le jeune russe Rubchbinskiy surfe sur la vague de l’ample avec un sweat à plusieurs poignets et encolures cotelées rayé.

Les couleurs comme en été !

couleurs estivales fashion week

Issey Miyake, Salvatore Ferragamo, Roberto Cavalli, Richard James, Versace

Les températures douces du moment semblent inspirer à nos créateurs des couleurs très réchauffement climatique estivales.

Miyake a toujours fait la part belle aux motifs psychédéliques, cette saison ne déroge pas à la règle : le bleu électrique et les nuances oranges crèvent les pupilles.

Salvatore Ferragamo part plus simplement sur un look printanier, avec trench clair et pantalon coupé feu de plancher.

Chez Cavalli le résultat est assez moyen : j’ai un peu de mal avec le costume fleuri et soyeux façon pyjama… Je préfère largement la vision aquatique du tailoring de Richard James, véritable virtuose des couleurs.

Finalement, la seule marque a rester sur des pièces hivernales est Versace, dont la palette très douce de sable et de blanc illumine à merveille un luxueux bomber.

Critique des défilés marquants de la saison hiver 2016-17

Nous commencerons par 3 coups de coeur, 3 collections particulièrement réussies, avant de passer en revue le reste des meilleurs défilés mode de l’hiver 2016-17. Avant, en quelques mots, je vais répondre à une question que l’on me pose souvent.

Comment fais-tu une critique ? Comment peux-tu rester objectif ?

Voilà une interrogation inhérente au job de critique. J’envisage plusieurs éléments.

  • Le style : quelle est la démarche créative ? Est-elle perceptible ? Y a-t-il une cohérence esthétique ?
  • La fabrication : la réalisation est-elle bonne ? Les matières sont-elles nobles ou innovantes ?
  • L’univers de la marque : y a-t-il  une identité forte, affirmée ? Ressent-on une « personnalité » ?

Bien sûr, il y a une dimension subjective dans tout cela. Certains créateurs ont imaginé un univers fort et cohérent, auquel cas je juge la démarche; je peux ne pas «aimer» une collection, mais reconnaitre qu’elle est géniale. J’attends au tournant les griffe au style plus classique : la fabrication et les matières doivent être irréprochables.

Enfin, certains créateurs ont leur style à eux depuis très longtemps et ne créent plus vraiment la surprise. Dans ce cas, je m’attache à comprendre leurs codes afin de savoir s’ils ont proposé une bonne ou une moins bonne «version» de leur travail.

Quand le talent de la nouvelle génération s’exprime : 22/4 hommes

Rien ne laissait présager la direction de cette collection, si ce n’est un lieu atypique (le nightclub situé sous le palais de Tokyo). En réalité, ce fût tout simplement le meilleur défilé que j’ai vu cette saison.

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Les motifs vintage et le tailoring mettent vite sur la piste du vestiaire british, mais teintée de la vision allemande, un peu comme avait su le faire Jil Sander à ses débuts. On a donc un twist percutant entre des éléments très classiques et des coupes contemporaines… voir avant-gardistes.

Je veux parler de cette veste aux manches contrastantes, admirablement rapiécées au costume ; de ce gilet sans manches zippé et doté d’un col en nylon ; ou encore d’une superbe blouse en popeline, nette aux épaules puis plus ample, avec ses manches trompette.

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Au fur et à mesure, l’aspect techno(logique) prend le pas, affirmé par la présence de tissus de plus en plus techniques. On les remarques sur les vestes de costume plastronnées pour marquer le buste, portés en écharpe matelassée ou utilisés pour confectionner une parka futuriste.

Résultat : un savant dosage entre la texture mate des flanelles et l’aspect artificiel des matières synthétiques. Le top ceinturé, sans manche, façon gilet pare-balle, sera plus difficile à porter, contrairement à la parka emmanchée raglan. Mais rien n’empêche d’apprécier, dans cette tenue, un futurisme discret.

L’extrême lisibilité de cette collection témoigne du travail considérable fourni en amont.

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Par la suite, Stéphanie Hahn présente des tenues quasi monochromes oscillant entre le bleu paon et le bleu pétrole. Avec ses manches kimono sans couture visible et sa fermeture cuivrée, le polo fait partie des pièces que j’affectionne particulièrement, aussi remarquables que minimalistes.

Le bomber et le blazer bi-matières inspirent déjà un mariage parfait avec un jean brut selvedge et une chemise blanche ; signe que la créatrice allemande a compris ce que recherche l’homme d’aujourd’hui.

L’exécution, l’inspiration, la cohérence : tout, absolument tout était au rendez-vous chez 22/4 Hommes.

Vous recherchez quelques pièces racées mais faciles à porter pour personnaliser votre garde robe ? Vous êtes en quête d’une mode masculine véritablement intelligente, à la fois fonctionnelle et stylée ? Tout est là.

Issey Miyake’s nomadism

Le défilé Issey Miyake Men 2016 promet toujours de la couleur, de belles matières, de quoi émerger d’une marée de vêtements trop sobres, trop tristes et trop noirs dont nous submergent les créateurs.

issey miyake 1 defile

Ça n’a pas loupé. Dès les premiers looks, une belle énergie s’installe, portée par un joli nuancier de rouges pourpre et grenat, des couleurs très peu répandues chez l’homme qui mériteraient d’être beaucoup plus portées.

Si le total look n’est pas évident, le pardessus tout simple ou le blazer à col officier donnent sacrément envie d’être portés sur un cargo neutre, avec une chemise texturée en dessous.
issey Miyake 3 fashion week

Peu à peu, les couleurs chaudes laissent place à des teintes plus froides, presque glacées. Le style se fait plus strict, à mesure que les vestes kimono présentent leurs reflets métalliques. La première, en particulier, est vraiment superbe. Avec ou sans manches, les mailles sont là aussi. Ayant eu la chance d’accéder aux coulisses, j’ai pu prendre quelques clichés des matières vues de près. Rien n’est aussi simple qu’il y paraît.

backstage issey miyake fashion week

À gauche, on retrouve l’étoffe utilisée pour confectionner la veste kimono présentée plus haut : un enchevêtrement complexe de bandes irrégulières dans un tissu noir avec, pour rendu, une texture et un aspect unique et précieux.

À droite, une maille modelée grâce à… du crin de cheval ! L’amour de Miyake pour la technologie textile et l’innovation n’a pas disparu, bien au contraire. Déjà en 2013, le jeune Yusuke Takahashi était encore dans l’ombre du fondateur de la marque. Aujourd’hui seul aux rênes de la ligne homme, on lui reconnaît les mêmes capacités que son prédécesseur. Ce genre de recherche et d’expérimentation permet de vraies évolutions de fond.

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Mais l’évolution et l’expérimentation, n’impliquent pas forcément un style barré. Les costumes et les très fameux bombers sont venus rappeler que la griffe japonaise sait aussi se servir de ces matières riches pour fabriquer des pièces destinées à être portées le jour.

Une chose est donc certaine : que l’on aime ou non le travail d’Issey Miyake, on ne peut que respecter sa capacité à faire, chaque saison, de vraies innovations techniques et artistiques.

Neil Barrett le magnifique

Le défilé Neil Barrett 2016 m’a beaucoup plu. Vous avez sans doute déjà entendu parler de ce créateur britannique passé par Prada, désormais installé à Milan. Si ce n’est pas le cas, il est plus que temps de découvrir un travail dont j’admire la discrétion et la rigueur.

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Cela se voit dès le début dans les silhouettes qu’il dessine : tout est propre, net, d’une précision chirurgicale. Les motifs géométrique valorisent les bustes en veste néoprène, en maille ou en blouson de mouton retourné.

On notera l’excellente qualité des découpes et des assemblages, impeccables au point de donner l’illusion qu’il s’agit d’un imprimé. En bas, nous allons retrouver tout au long du défilé des pantalons à plis en flanelle coupe droite, dotés d’une bande smoking de couleur sur les côtés (qu’on ne voit pas bien sur les visuels), ou des joggings en néoprène. La démonstration d’un sportwear chic non feint, presque théorisé par Barett lui même.

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Puis le prince-de-galles et les carreaux s’immiscent doucement. Grâce à un imprimé abstrait, entre fond anthracite et fond gris souris, le motif se retrouve mis en relief avec une grande intelligence. Mais la plus belle pièce, à mon sens, est le troisième blouson en micro pied-de-poule quadrillé. Ses applications en fourrure de mouton produisent un superbe effet sur les carreaux : on ne sait plus ce qui est au premier ou au second plan.

Neil Barett 3 defile fashion week

Quand les looks se font plus « simples », Barett mise sur des couleurs audacieuses comme le jaune ou le bleu électrique, en plus de toujours choisir des matières techniques ou nobles. Aucun superflu, il y a un équilibre permanent dans toute sa collection : que l’on choisisse le total look (parce que là, c’est carrément permis) ou seulement certaines pièces seules, cela ira avec tout, très facilement.

Une telle profondeur et surtout un telle rigueur dans le travail de conception ET dans la fabrication me laissent toujours rêveur.

Je le confesse, j’ai un faible pour les modes un brin futuristes, en tout cas à base de structures géométriques et de minimalisme. Objectivement, les créateurs indépendants, avec une patte puissante qu’ils savent nourrir sans la corrompre m’impressionnent beaucoup. Mirifique Neil Barett.

Grand déballage de matières pour l’américain Billy Reid

billy reid hiver 2016 defile fashion week

Le défilé Billy Reid 2016 m’a surpris à plus d’un titre. Eh oui, les Américains ont aussi leur fashion week et leurs «Maisons» de mode. Je mets des guillemets car la mode à l’américaine n’a souvent de luxueuse que le prix.

Michael Kors, Alexander Wang, Marc Jacobs et j’en passe. Tous ne savent faire qu’une chose, produire massivement des vêtements en polyester ou en viscose, dans des pays à la main-d’oeuvre peu chère… Un peu comme H&M finalement. Mais cent fois plus cher. Bref

Billy Reid n’est pas de ceux là : sa marque est réputée pour ses somptueuses matières et la robustesse de son made in USA. Cette fois encore, il ne déçoit personne en offrant de superbes associations de matières et de textures…

Veste en cuir brossé sur un pull brut et un pantalon ample en velours, blouson bi-matière en fourrure de mouton et cuir de mouton enduit au dessus d’un pantalon prince-de-galles ou, encore, parka en toile brodée et enduite sur une surchemise en cuir avec un pantalon en flanelle rayée… Pas besoin de vous faire un dessin : les oppositions de textures mettent dans le mille.

billy reid hiver 16-17

Ses manteaux double face et bicolores confirment l’audace parfaitement maitrisée du créateur, tout comme les imprimés ton sur ton ou les mailles sophistiquées. On remarque les tendances des vêtements amples, des manteaux longs en prince-de-galles bien présents, quoique le style de Reid demeure perméable à cet aspect de la mode.

À ce propos, j’allais oublier : la marque mise sur l’élégance intemporelle, pas sur la mode. Tout pour plaire non ?

Cerruti 1881, ou l’élégance de la sobriété

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Le défilé Cerruti 1881 2016 m’a rappelé que certains font dans la simplicité mieux que personne. Mais simplicité ne veut pas dire simplisme : détails, originalité et luxe peuvent en être sans problème. Cerruti incarne cette vision dans une collection raffinée, moderne, à la fabrication remarquable.

L’accent est mis sur le manteau, forcément long, ceinturé, à carreaux ou bien à fermeture asymétrique. Dans tous les cas c’est une réussite, mais le modèle du milieu à capuche concilie casual et formel d’une façon que l’on aime tout particulièrement.

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Côté décontraction, même topo : la veste en nylon intérieur cuir réversible, le blouson cuir et fourrure de mouton ou encore le teddy aux poches gansées de cuir sont à tomber.

Extrêmement facile à porter mais luxueuse à souhait, on est en présence d’une mode bien pensée et bien faite. Le style n’est pas révolutionnaire (il n’en n’a pas la prétention), mais il est d’une efficacité redoutable, ce qui est déjà bien !

La partition bien rodée de Dior Homme

Dior Homme 1 defile fashion week

Après des débuts aléatoires, dirons-nous, Kris Van Assche est parvenu à recréer une signature pour la ligne masculine de Dior : il respecte les codes insufflés par l’une des éminences les plus marquantes de l’histoire de la mode tout en captant l’air du temps.

Et en ce moment, tout le monde l’a remarqué, l’air du temps c’est le sportwear. Voilà pourquoi on retrouve des costumes composés d’un pantalon de jogging en flanelle à plis, côtelé aux chevilles et à la taille. À l’évidence, Van Assche maîtrise parfaitement ce type de pièce.

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Plus formelles, les vestes longues font un retour timide mais remarqué : j’ai toujours trouvé ces pièces particulièrement élégantes, même si le blazer long ne va pas à tout le monde.

Enfin, comme partout ailleurs, les manteaux ont envahi le podium. Un perfecto revisité en version longue, un pardessus aux lueurs sanglantes… ou encore une parka en drap à la doublure travaillée. Un travail solide et cohérent.

MELINDAGLOSS devient Editions MR

editions mr hiver 2016 fashion week

Évoluer, s’adapter et continuer à faire grandir la marque : Melinda Gloss devient Editions MR, sans pour autant perdre ses influences.

Dans une chambre d’hôtel cosy, l’homme imaginé par le duo parisien se vêt avec décontraction et nonchalance sans renoncer aux matières nobles. Il porte un pardessus oversize façon robe de chambre, un costume croisé porté sur un polo en velours ou, encore, des pantalons et pulls amples à imprimé géométrique.

editions mr hiver 16 defile

Il peut aussi se tourner vers les emblèmes de la marques que sont le manteau en peau lainée et, plus encore, la fameuse veste col châle. De l’easy-wear à l’état pur, où la simplicité des coupes souligne la noblesse des matières et la précision de la fabrication. En un mot ? Gracile.

Maison Margiela incorrigible iconoclasme.

maison margiela 1 defile fashion week

Le défilé Maison Margiela 2016 promettait beaucoup. Impossible de savoir ce que l’on va voir à l’avance car ni l’invitation (un carton blanc) ni le lieu (un hangar bas de plafond presque vide) ne donnent le moindre indice.

C’était pourtant simple : nous avons eu droit à du Martin Margiela chimiquement pur. Les assemblages improbables de matières, ces pantalons artisanaux en grosse maille et les duffle-coat très revisités incarnent une mode qui n’en n’est pas une, faite de bric et de broc.

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On arrache les manches, on fusionne les pièces et les matières, on créé des ensembles saugrenus, comme une sorte de conglomérat de tout ce qui se fait aujourd’hui.

Le style de cette Maison n’a jamais été basé sur le beau, bien au contraire : la Maison Margiela est antifashion, ce courant venu de créateurs rejetant le dogme de la mode et du glamour. Dans une période où la mode meurt, intoxiquée quantitativement et qualitativement par ses propres travers, ce type de travail fait sens, vous ne trouvez pas ?

La poésie poignante de Mihara Yasuhiro

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Le défilé Mihara Yasuhiro 2016 fut une bonne surprise. Ce créateur est jeune créateur japonais que je connaissais assez peu mais dont l’univers mérite vraiment d’être connu. J’ai découvert une vision très artisanale de la mode : qu’il s’agisse des mailles, du tailoring ou des cuirs, tout est travaillé avec une authenticité rare.

Entre les patchworks, les assemblages complexes et l’emploi d’une grande variété de matière, nous avons eu droit à une belle démonstration de savoir-faire.

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À la fois sombre et optimiste, le travail du jeune créateur reflète parfaitement l’époque pour le moins turbulente dans laquelle nous vivons. Tout y est très sincère, mais surtout très poétique : on se laisse vite embarquer dans un univers de rêve ou de cauchemar, très expressif.

L’opposition constante entre la douceur des laines et la violence des brulures, entre les pièces structurées ou déconstruites et entre le sombre ou le clair est aussi habile que touchante.

Mode américaine contemporaine, par N Hollywood

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Le défilé N Hollywood 2016 fut intéressant à plus d’un titre. Même s’il défile à New York et signe ses créations d’un nom très américain, Daisuke Obana est un créateur japonais. Son style minimaliste, un brin dark et tourné vers des matières techniques en font un designer très en vogue.

Vous remarquerez que même si les trois looks au-dessus se rapprochent du noir, cela ne les empêche d’être superbement racés et tout à fait remarquables : nylon, néoprène et laines se livrent un combat de textures exceptionnel. Notez aussi l’harmonie saisissante des volumes entre eux !

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Soyez rassurés, la collection ne manque pas de couleur et en particulier de bleus variés et de jaune. Je reste pantois devant ce perfecto futuriste en mouton retourné avec ses bords francs et ses fermetures étanches en bleu guède venant structurer l’ensemble.

Seul bémol, révélateur sur cette pièce : je crains que la qualité des coupes et de l’assemblage ne soient pas forcément à la hauteur. De bonnes intentions quoi qu’il en soit, et un bel univers.

Voyage cosmique dans le vaisseau Versace

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Le défilé Versace 2016 m’a rassuré. Enfin, la ligne masculine de la Maison italienne semble se calmer : cela ne parait pas évident à voir les looks que je vous ai sélectionné, mais on revient de loin.

La qualité et l’immense noblesse de la confection demeurent : les peaux lainées à la fourrure épaisse sont maitrisées comme n’importe quelle étoffe docile, ce qui permet de créer des perfectos très ouvragés, dessinés par des applications de cuir lisse ou surpiqués de toutes part. Techno vibes !

Un manteau écru et bleu layette, assemblage ô combien surprenant, préface une utilisation très audacieuse des couleurs…

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Framboise, cassis, bleu tout doux et blanc optique immaculé teintent une collection très fraîche, si plaisante au milieu d’une saison dominée par le noir.

Notez la confection irréprochable du pantalon de cuir, la texture luxueuse du manteau oversize double face ou la pertinence d’associer un motif comme les carreaux à une couleur très forte comme sur le premier et le troisième looks ci-dessus.

Avouons-le  ! Il y a quelques pièces que l’on aimerait bien avoir l’audace de porter, histoire d’amener un peu de pep’s dans une mode pas toujours fun. La grande force de Versace ? Ne jamais céder à la morosité, toujours proposer des collections luxueuses, irréprochables et optimistes.

La rubrique WTF.

Certains « créateurs » font parfois vivre à la mode ses derniers instants pour basculer dans un monde parallèle.  Quand la rigueur, le bon sens et la créativité se font la malle, ce n’est pas beau à voir.

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Andrea Crew fut à l’origine d’un des pires défilés qu’il m’a été donné de voir. Au sixième étage d’un bâtiment vétuste fut présentée une collection tout aussi minable, à base de frusques informes taggées et de bombers mal coupés pendant qu’une pseudo gangsta braillait dans un mégaphone. Pourtant, la « décontraction » du streetwear n’est pas une raison pour faire n’importe quoi avec !

À Milan, Philip Plein continue de plagier à droite à gauche tout ce qu’il y a de plus mauvais chez les italiens. Peter Dundas, lui, s’est craqué pour sa première collection femme chez Roberto Cavalli… Il s’est tout autant planté pour sa collection homme ! Enfin, chez Loewe, Anderson a compris que sacs et accessoires = rentabilité maximale. Mais il a vu bien trop grand, le résultat est absolument ridicule.

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Christian Dada, Moschino, Kenzo, Rick Owens

Qu’a bien pu penser Christian Dada au moment de créer sa collection ? J’ai du mal à comprendre ce qui peut amener quelqu’un à sortir un travail aussi pathétique, consistant à imprimer du porno (une femme nue, mains attachées dans le dos et à 4 pattes) sur des vêtements. Sex makes buzz, they said. 

Chez Moschino innocence et gamineries sont de mise pour Jeremy Scott et son perpétuel carnaval, pas si éloigné de Kenzo dont le seul but est désormais de vendre des sweats à logo.

Enfin Rick Owens semble arrivé au bout depuis quelques saisons : le dark a bon dos et semble devenir prétexte à présenter n’importe quoi.

burberry, topman, man, duckie brown defile rate

Burberry, Topman, MAN, Duckie Brown

Assez décevant également, le défilé Burberry nous resort des poncifs sans aucune saveur. Quand vont-ils comprendre que les basiques que tous les hommes possèdent déjà n’ont rien à faire sur un podium? Le défilé ne doit pas être une fin en soi…

Du côté de chez Topman (Topshop) on pourra compter sur des robes de chambre en velours et jean sales débraillés style hobo –un mot hype qui veut dire clochard- pour donner un bel exemple de mauvais goût frisant l’indécence.

Dans le même délire – c’est le mot- il y a le collectif de créateurs MAN qui a présenté… eh bien… des frusques de grand-mère toutes plus laides les unes que les autres ! Mais cela se passe de commentaire.

Enfin, on termine ce little horror shop par Duckie Brown, duo de créateurs américains à l’origine d’une collection de… 6 looks seulement, maladroits et imprécis qui plus est. Trop de mode tue la mode : nous sommes d’accord. Mais il y a des limites.

Voilà pour l’essentiel de ces fashion weeks ! n’hésitez pas à nous faire part de vos questions et remarques en commentaire.

Romain Rousseau A propos Romain Rousseau

Voir un tailleur marquer sa toile m’impressionne, regarder une brodeuse faire virevolter son aiguille me donne des frissons, admirer un cuir parfait me fait sourire. Je suis passionné par le Luxe pour ce qu’il est (rigueur, excellence, amour du beau), et plus encore j’aime partager et transmettre cette passion. [email protected]

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  • Romain Rousseau

    Merci Gouhouf, ça me fait plaisir parce qu’avec cet article c’était exactement mon objectif de donner envie de s’intéresser, d’ouvrir à d’autres choses. Pas forcément évident parce que les lecteurs de Bonne Gueule sont probablement les plus exigeants en la matière sur le web français, mais c’est un vrai plaisir d’avoir pu avoir tes impressions.

  • Romain Rousseau

    Bonjour Gouhouf,

    Vu que je dois faire des collages et qu’il ya des tailles d’image à respecter, il n’est effectivement pas évident de voir tous les détails. Je te conseille d’aller faire un tour sur http://www.vogue.com/fashion-shows/fall-2016-menswear pour voir les photos avec un zoom possible.
    – Pour Miyake, il faut savoir que la maison existe depuis plusieurs décennies : sont but n’est pas d’innover en terme de style, plutôt de garder son identité en la faisant évoluer avec son temps. En revanche le travail du crin de cheval pour faire de la maille alliant base « rigide » et laine vaporeuse est, pour le coup, une véritable innovation technique.
    – Cerruti a plusieurs gammes, mais la ligne « défilé » est la plus intéressante. Elle ne se veut pas révolutionnaire, mais marquée par une élégance très moderne et raffinée : j’ai trouvé que la fusion entre des pièces pratiques (réversibles) et en même temps très nobles (matières, coupe…) était super intéressante, et très bien exécutée.
    – Chez N Hollywood je pense qu’il faut aimer le style un peu techno/futuriste. C’est assez cérébral comme collection, et ce qui est appréciable à mon sens c’est le sentiment que tout est maitrisé, et que les coupes sont précises pour certaines. Mais c’est aussi une question de perception, peut être que c’est la collection dans son ensemble qui m’a inspiré et que sorties de leurs contextes ces tenues sont moins intéressantes.
    – Pour Versace leur site est ultra mal géré (partie e commerce). Ca fait limite amateur, et la sélection de pièces n’y est pas super intéressante, mais la maison produit en petites quantités et privilégie largement les boutiques pour le prêt à porter. Et là, on en prend vite plein les yeux, quoique la collection été à venir soit vraiment ratée.

    Ca prend beaucoup de temps et d’énergie pour pouvoir « situer » une collection par rapport à une autre, et je ne peux le faire que sur certaines marques que je connais bien. Mais c’est passionnant, et surtout ça permet de pouvoir prendre du recul sur plusieurs années pour mieux comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui ! Une fois que tu as identifié les styles/marques qui te plaisent, en consultant leur site ou en les suivant sur les réseaux sociaux déjà tu peux « capter » plein de choses !

  • Romain Rousseau

    Il y a effectivement eu une collection il y a quelques temps qui était juste extraordinaire, quoique le mérite revienne plus aux ateliers qu’à la direction artistique. Et à l’époque, on passait donc du style punk/grunge de Decarnin (dont il reste l’esprit biker, emblème de la maison) à un univers plus raffiné. Mais quelques années après, maintenant que Rousteing a pris ses aises, le raffinement a laissé la place au bling. Il y a des pièces incroyables luxueuses et ouvragées à l’extrême, ce qui constitue une sorte de raffinement, mais en terme de style on ne peut pas dire que ce soit raffiné, en tout cas à partir de ce que l’on voit en défilé. Mais il faut dire que la ligne homme était un peu « en sommeil » et je ne suis même pas sûr qu’il s’en soit occupé dès le début.

  • Romain Rousseau

    Y’a pas de problème 😉
    Concernant le pantalon, c’est vrai qu’il est toujours « mieux » d’avoir des matières naturelles surtout lorsqu’elles sont en contact direct avec la peau. Cela étant, tissu synthétique ne veut pas dire mauvaise qualité : certains sont « techniquement performants » et apportent certaines propriétés au tissu vraiment intéressantes. Ils peuvent aussi permettre des effets de textures. Mais bon là effectivement, un ratio laine plus important aurait permis d’avoir une matière plus agréable je pense.

  • Romain Rousseau

    Merci Bastien !

    Je suis bien d’accord avec toi pour Rick Owens, en revanche j’ai quand même plus de respect pour Margiela, Demeulemeester & co : ils ont bâti ce mouvement, et y sont restés fidèles. Je ne porterai pas les looks que je présente, mais on est typiquement dans une démarche lisible, cohérente et qui a du sens.
    Pour les couleurs bien sûr ce ne sont que des « suggestions » qu’ils nous font…Cela étant, n’hésite pas à essayer juste pour voir, tu pourrais être surpris. Je pense notamment au orange : j’avais essayé un sweat ajusté assez flashy de cette couleur, et ça rendait vraiment super bien avec mon jean brut ! Mais il faut que ça aille au teint 😉

  • Romain Rousseau

    Roh mais y’a plein de vitamines pourtant dans la coke :p

  • Romain Rousseau

    Merci beaucoup Luke ça me fait (vraiment) très plaisir 🙂

    Par rapport à Balmain, le côté positif c’est que l’on reconnait la griffe de Rousteing : il a clairement un sens de l’exagération et de la surcharge bien à lui et a fini par s’imposer. Il a une démarche créative, en tout cas il essaie de créer un univers homme pour la maison Balmain, quoique ses motivations ne soient peut être pas les bonnes… Et si la réalisation est absolument extraordinaire, ce sont les ateliers bourrés de talents qu’il faut saluer et personne d’autre.

    A mon sens, la collection présentée parait embourbée dans ses propres codes (la passementerie dans tous les sens, ceintures smokings, manteaux militaires etc) et tout cela donne le sentiment de trop, quantitativement. En fait, j’aimerai voir Rousteing creuser sa vision de la mode mais à mon avis on ne lui en laisse pas le temps. Résultat : on enchaine les défilés toujours plus gros mais avec au final un sentiment de déjà vu constant.

    Rousteing demande à ce qu’on le respecte en tant que businessman, prétendant (à juste titre on imagine) que certaines boutiques sont en rupture de stock totale. Et quand il dit ça, il dit tout. Il balance de la passementerie sur le gros cul de Kardashian, déguise Kanye le mégalo et publie quelques pics de son « army » d’anorexiques momifies dans des sarcophages de broderies et voilà les hordes de groupies friquées qui s’arrachent des jean’s à 900€ et des vestes en cuir made in turkey à 3000. C’est une mode délire, et qui a trouver son public quoi, et en cela tant mieux pour eux. Si aujourd’hui on résume le succès d’un « designer » au fric qu’il amasse (doctrine Wintour), clap clap Balmain. Mais cultiver un luxe ostentatoire pour consommateurs aussi friqués qu’ignorants, incapables de reconnaitre la moindre matière et qui s’en foutent éperdument, ça revient à faire du H&M. Ce qui tombe bien, puisque Rousteing l’a très bien fait.
    On verra ce que ça donne d’ici quelques années…

  • Romain Rousseau

    Haha je suis assez admiratif de l’énergie de Versace en toutes circonstances, et effectivement la marque, sans renier ses valeurs, marche vraiment très bien ces temps ci.

  • Romain Rousseau

    Merci beaucoup Abdelhamid ! Ton commentaire fait bien plaisir et je suis ravi de voir que le travail fourni te plait !

  • Romain Rousseau

    Merci Etienne !
    J’essaie effectivement de sélectionner des marques un minimum portables, mais pas que pour représenter un peu la « diversité » de ce qui se fait aujourd’hui.
    Concernant le PAP, je me permets juste une précision avant de te répondre : « tout » est du prêt à porter. A partir du moment où tu trouves un produit en boutique, fut-ce une veste en croco à 80 000€, c’est du prêt à porter. La haute couture est une AOC très spécifique, allouées à des collections présentées pendant une fashion week dédiée que seule une poignée de Maison ont. Aujourd’hui, il n’y a des défilés haute couture que pour femme, ça n’existe pas vraiment pour homme.
    Tu as raison pour les volumes amples : ils commencent même à se diffuser dans les grandes enseignes. Mais disons que les volumes amples se généralisent et infiltrent presque toutes les collections maintenant, ce qui en fait à mon sens une tendance de fond amenée à se diffuser plus encore. Damir Doma fait partie des inconditionnels des volumes « enveloppants » et le pantalon que tu montres l’illustre bien. Je pense que la matière synthétique est utilisée pour l’effet de texture et pour faire baisser le prix de fabrication du pantalon 😉

  • Romain Rousseau

    Hello Chris ! merci 😉
    Malheureusement, le prix est souvent prohibitif effectivement, sauf sur quelques pièces et chez certains créateurs. Mais bon c’est le jeu, d’autant qu’en général j’ai tendance à mettre l’accent sur des collections où la confection ne passe pas après le design/style.

  • Romain Rousseau

    Tu as bon goût ! Vraiment c’est un super marque. Chère, mais il y a un VRAI travail de réalisation et une collaboration avec des ateliers italiens à la pointe de la confection/innovation.

  • Romain Rousseau

    N’hésite pas à donner ton avis ! C’est vrai que même si je fais l’effort de vulgariser, dans la mesure ou depuis plusieurs années je me livre au décryptage de défilé il est clair que j’ai pris certains réflexes dans ma façon d’analyser les choses. Mais merci en tout cas !

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gouhouf !

    Merci pour ton commentaire 🙂

  • Gouhouf

    Coucou,

    Même si je ne suis évidemment pas d’accord avec toute l’analyse (et je ne comprends pas toujours tout), j’adore ces articles sur les dernières créations des grandes maisons de couture. On y voit tant de choses, une telle variété.

    Ca donne plein d’idées et d’envies.

    Merci beaucoup 🙂

    Gouhouf

  • Romain Rousseau

    Merci Lio ! Effectivement le but c’était de rendre ce type de contenu accessible au plus grand nombre, je suis ravi de voir que ça fonctionne 😉 Billy Reid est effectivement une belle marque, dommage qu’elle ne soit pas distribuée en France.