Construire son style, part II : le goût

Vous l’avez lu dans l’article précédent, se trouver un style, c’est un voyage qui ne s’improvise pas, vous ne pouvez pas vous permettre de partir sur un coup de tête, en ayant aucune idée des bons endroits à visiter et du budget à y consacrer.
Appliqué au sujet qui nous intéresse, il va falloir apprendre à vous forger un de vos outils indispensables : le goût.

Développer son goût, c’est repérer le nécessaire et le meilleur, c’est apprécier pleinement une belle pièce et surtout, c’est éviter de mettre n’importe quoi n’importe comment. Nous allons voir comment exercer votre oeil face à un vêtement.

La première chose que vous devez savoir, c’est que développer son goût prend du temps, beaucoup de temps. Il va vous falloir être patient et y aller de manière progressive. Ne brûlez surtout pas les étapes. N’espérez pas avoir un oeil infaillible en quelques mois, il vous faudra au minimum une bonne année d’entraînement assidu.

Avoir du goût, c’est aussi faire un investissement, le résultat ne vient pas tout de suite. Mais que l’on soit clair : c’est un investissement que l’on fait avec plaisir. Si, pour vous, arpenter des kilomètres de ruelles à la recherche de la pièce rare est une corvée, ou si vous répugnez à rester longtemps dans une boutique parce qu’elle est surchauffée et qu’il y a un monde fou, laissez tomber. Affiner votre oeil doit être plaisant, enrichissant, mais pas un supplice. Sinon, vous pouvez quitter ce blog sans plus attendre.

Posons d’abord le premier postulat : si, pour la plupart d’entre vous, discerner une belle matière est difficile, c’est essentiellement parce que vous n’avez jamais vu/touché de vêtements haut de gamme, et donc, vos points de comparaison sont ultra limités.

Le premier conseil que je vous donnerai donc serait de sortir de chez vous et de partir à la recherche de petites boutiques qui proposent de l’exclusivité. Fuyez les Célio, les H&M et et autres Zara, vous les connaissez déjà. Orientez-vous donc vers des petits tailleurs, des petites boutiques distribuant des marques confidentielles, c’est là que vous avez le plus de chance de voir des perles. Allez aussi dans des boutiques haut de gamme toucher les matières. Si aller dans une enseigne Christian Dior vous impressionne, rabattez-vous sur les corners des Printemps et autres Galeries Lafayette. Faites-le souvent, au minimum trois fois par mois. Quand vous passerez votre samedi après-midi à arpenter frénétiquement les pavés de votre ville dans l’espoir d’en voir toujours plus, c’est (très) bon signe…

Quand vous n’êtes pas en boutique, observez partout. Regardez comment sont habillés les hommes de goûts. Osbervez aussi les femmes bien habillées, vous aurez de bons exemples d’assortiments de couleurs et un aperçu de la richesse de la mode féminine. Obervez les silhouettes, les matières, les coupes, les détails, les couleurs, observez tout et tout le temps.

En trois mots : regardez, touchez, comparez. Regardez les défilés de mode si ça vous chante, mais à votre niveau, c’est loin d’être une obligation, et ça risque surtout de vous embrouiller vos idées ; vous risqueriez de penser que la mode, au final, ce ne sont que des tenues assorties bizarrement.

Après plusieurs mois de ce régime, vous ressentirez l’envie d’essayer quelques pièces haut de gamme. Allez-y, ne vous privez pas. Mais si un beau vêtement vous impressionne encore au lieu de vous attirer irrésistiblement, vous n’êtes pas encore prêt. Ne vous forcez pas, d’ailleurs, ne vous forcez jamais. Tout doit découler naturellement.

A vos pérégrinations, ajoutez-y quelques lectures. Si visionner défilé de mode sur défilé de mode est franchement déconseillé, des magazines comme L’officiel Hommes, Optimum, ou même GQ ne peuvent vous faire que du bien. Alors lisez, et apprenez. Vous avez de la chance, aujourd’hui, il existe des tas de sources d’informations sur le net : Spike et ses relookings évidemment, FSH, ADM, etc… Profitez en !

Le menu « sorties + lectures régulières » devrait vous permettre d’acquérir au bout d’un an ou deux une toute nouvelle intuition (et assurance face à une pièce de plusieurs centaines d’euros).

Attention tout de même. Comme tout voyage, il y a quelques ornières à éviter :

  • en bon débutant que vous êtes, vous serez tenté de voir la mode comme un monde noir ou blanc. C’est beau ou c’est moche. Avant de pouvoir en arriver là (et croyez-moi, ça prend bien plus de temps que vous ne le pensez), acceptez le fait que vous n’aurez pas toujours un jugement tranché. Acceptez de n’avoir pas toujours un avis clair. Certains vêtements laissent de glace ou de marbre, d’autres sont aussi intéressants qu’une conserve premier prix à Leader price, point.

  • si à présent il y a des forums où chacun parle de fripes comme des poissonniers, prenez garde au formatage insidieux qui se produit quand on demande systématiquement l’avis des autres. Dans la vie, il n’y a pas que les jeans bruts, les chaussures à bout pointues ou les vestes cintrées au scalpel.

  • soyons bien clairs, s’y connaître en mode ne vous donne en aucun cas le droit de juger ceux qui n’ont strictement rien à faire des doublures fluo Boateng. De la même manière qu’il y a des vêtements sans avis à formuler, il y a des gens qui voient ces bouts de tissus assemblés comme des objets purement fonctionnels. Acceptez le. Cela ne doit pas être un prétexte à la moquerie abusive et systématique (oui, nous soutenons La police du mauvais goût…)

Bon courage dans la construction de votre goût, le prochain épisode concernera vos premiers achats.

Crédit image : sablier, de fabienne & co


7 Responses to “Construire son style, part II : le goût”

  • Atrus Says:

    Ce fut ma démarche quand j’ai commencé ! J’adhère donc totalement !

    Je rajouterais juste de ne pas hésiter à poser des questions aux vendeurs (sur le vêtements, pas sur le fait qu’il vous aille : il ne sera JAMAIS honnête, ou vous êtes trouvé sur une vraie perle) Au début, en posant toutes ces questions, on a l’air très cons, mais c’est comme ça que l’on progresse. Sur le terrain et en discutant avec des gens de goût.

  • Atrus-editor Says:

    J’ajouterais l’adjectif « compétents » après le mot vendeurs.

  • Bowgowsseuh Says:

    Bon alors les petites tapettes, ya plus d’articles publiés ou merde?

  • D.E Says:

    Chaos, je crois qu’on te parle…

  • D.C Says:

    Chaos, je crois qu’on **bip**dans ton sommeil…

  • ChaoS Says:

    L’article est fini. Reste à le valider. Pour demain un gros dossier vous attend les enfants ;) .

  • henry Says:

    Permettez-moi de comprendre cela, je tiens à vous remercier. Je vais toujours revenir ici

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