Conseils : le guide ultime sur comment choisir et porter un jean de qualité

Jean japan line
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Nos autres guides sur le jean dataient respectivement de 2011 et de 2007 !

Des années plus tard, nous avons jugé utile de synthétiser l’essentiel sur ce vêtement si important.

En huit ans, l’offre et la qualité des jeans ont bien évolué, vos attentes aussi. C’est donc un tout nouveau guide sur le jean que nous vous proposons ici.

Sommaire du dossier

Le jean pour homme, son histoire, sa vie, son oeuvre

Les hommes ont toujours eu une affinité particulière avec ce pantalon, en témoigne un langage publicitaire, à peine vétuste, l’érigeant en emblème de virilité.

publicité jean denim vintage levi's

« Robustes, comme les hommes qui les portent ». Notez sur celle de droite l’encart « une paire gratuite si les rivets se détachent ».

Plus d’un siècle après sa création, le jean s’adapte à son temps et reste le basique intemporel que nous aimons tant. Pour revenir rapidement sur son histoire, il faut remonter au début du XIXème siècle. Le mot jean est une déformation de « Genova », soit Gênes, la fameuse ville italienne.

C’est là-bas que des bâches de transport en toile ultra solide voient le jour, les tous premiers jeans furent taillés à partir d’elles. Nîmes, alors haut lieu du textile, retravaille cette toile pour lui apporter plus de souplesse et l’adapte aux exigences de la confection. Plusieurs hypothèses sur l’origine du jean existent, mais celle-ci est la plus communément retenue.

Le tissu « de Nîmes » devient le « denim ». En 1873, Levi Strauss et Jacob Davis l’utilisent pour proposer aux mineurs des pantalons à l’épreuve des déchirures, en y ajoutant des rivets.

publicité jean levis 1873

 

Les différents types de toile denim

Le schéma ci-dessus montre comment obtenir la texture si reconnaissable du jean : les fils de trame sont entrelacés avec les fils de chaîne, blancs.

armure tissage classique vs armure selvedge

C’est pour cette raison que l’endroit et l’envers du denim (l’intérieur du pantalon) n’ont pas la même teinte !

Différence entre le denim classique et le selvedge

Comme le montre le schéma ci dessus, sur un selvedge le fil de trame n’est pas coupé aux extrémités, offrant des bords parfaitement finis et solides. Ce tissage est obtenu grâce aux métiers à jet de navette (l’élément qui transporte le fil) permettant de lancer un même fil d’un bord à l’autre. Le denim classique est plus fragile sur les bords et peut surtout être fabriqué

Sur un métier ancien, la navette part de gauche à droite, puis revient en arrière, ce qui est moins productif. Plus concrètement, je vous propose de découvrir la navette en question sur cette vidéo, où on voit très rapidement la navette qui glisse à l’horizontal entre les fils :

Le sens de tissage des fils

Right hand twill :

Les diagonales créées par le tissage partent habituellement de la gauche pour remontent vers la droite, on les dit « droitières ». Ce sont les toiles les plus communes.

On parle de twill en Z.

On parle de twill en Z.

Left hand twill :

Si, en revanche, le sens de la diagonale est inversé, les diagonales remontent vers la gauche, alors vous avez une toile gauchère, nécessitant deux fils de chaîne au lieu d’un seul.

twill toile gauchère denim

On parle de twill en S. Sur ce denim en toile gauchère (jusque là, vous me suivez ?) on aperçoit bien les diagonales qui montent vers la gauche (on parle bien de la toile visible, et non du revers, où le sens est évidemment inversé).

Au-delà d’une particularité esthétique, ces deux toiles se différencient par leurs textures : la droitière est réputée plus lisse, alors que l’on prête à la gauchère un toucher plus doux.

Broken twill :

Enfin, Wrangler a inventé par le suite le broken twill.

Pas de diagonales, mais une orientation du tissage aléatoire d’où son nom de « twill cassé ».

Il combine les avantages des tissus droitiers et gauchers pour éviter les torsions

Autrement dit, il est censé éviter au jean de se déformer sous la tension qu’il subit chaque jour. C’est la toile qu’il vous faut si votre quotidien est gâché et fait de sueurs froides à cause d’un jean qui « vrille » légèrement.

broken twill selvedge

Un broken twill en fabrication selvedge. La texture est plus originale, avec un envers de la toile qui ressemble à de petits chevrons.

Le tissage, un gage de qualité ?

Le denim classique droitier est ultra dominant dans l’offre de jean car il est peu cher et rapide à produire : les métiers à tisser à jets d’air le fabriquent presque dix fois plus vite que les métiers traditionnels.

Le denim selvedge reprend peu à peu sa place dans le prêt à porter moyen et haut de gamme, en parallèle d’un regain d’intérêt pour les vêtements solides et durables.

Très concrètement, en plus de ces bords finis vus plus haut, le self finished edge est une méthode de fabrication du denim qui suppose un tissage plus serré – plus de matière au m2, un tissu plus lourd, plus épais, donc plus résistant. Pour simplifier, c’est un denim fabriqué avec plus de soin.

La couleur du liseré n’a aucune importance, il peut y avoir des liserés bleus ou verts par exemple. Les anciens fabricants de toile de jean (Cone Mills et la défunte Amoskeag Manufacturing Company principalement) utilisaient des couleurs de liseré différentes selon la destination de la toile. Ainsi, le selvedge était rouge quand la toile devait être livrée pour Levi’s, orange pour Lee, etc.

jean selvedge délavé usé

Ce genre de délavage naturel et magnifique n’est possible qu’avec une toile selvedge. Dites-vous bien qu’à la base, ce jean était brut et d’un bleu uniforme ! Sur une toile standarde (parfois appelée « toile slack »), le jean aurait été probablement déchiré bien avant de se délaver.

Le délavage naturel de la toile selvedge

Un beau travail de teinte donne une superbe pièce prête à vous suivre dans toutes vos aventures. L’intérêt d’acheter un jean brut est de voir la toile se délaver avec le temps. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela rend votre jean absolument unique, les marques dépendants de votre morphologie, de votre démarche…

Cette question du délavage est fondamentale pour comprendre l’attrait des toiles selvedge : Heddels, anciennement appelé Rawr Denim (le BonneGueule du workwear), a d’ailleurs créé une rubrique dédiée aux délavages de jeans.

jean délavé 26 mois

(n’oubliez pas que Benoît aussi abordé l’histoire du selvedge japonais dans l’article de présentation du jean Kurabo, et que Milone a fait un dossier très complet sur l’indigo : partie 1, partie 2)

Acheter un jean brut en espérant qu’il ne se délave pas vous mènera forcément à d’immenses déceptions. Non, si votre toile selvedge « perd » son bleu nuit, ce n’est pas signe de mauvaise qualité, bien au contraire !

Comment éviter de se tâcher avec un jean neuf ?

Vous venez d’acheter votre jean, tout beau tout neuf, et commencez à le porter. C’est à ce moment là que vous vous dites :

Mais c’est nul un jean qui se délave, j’en ai partout sur mes chaussures en daim ou mes sacs en besace qui frottent contre la toile !

Certains puristes considèrent que l’indigo qui se délave un peu partout fait partie du plaisir de porter un jean neuf. Néanmoins, si vous n’êtes pas fan de l’idée, n’hésitez pas à le faire tremper 20 minutes dans l’eau tiède, une ou deux fois, pour atténuer ce phénomène… mais sachez que le délavage sera moins contrasté.

Pour les cuirs velours, vous auriez effectivement raison de ne pas trop les mettre au contact d’un jean neuf qui laissera des traces pas toujours faciles à enlever. Pour les chaussures en cuirs lisses, un petit coup d’éponge humide de temps en temps, un lait nettoyant (type rénomat Saphir) ou du Jason Markk seront d’une aide précieuse.

Mais après avoir porté personnellement et intensivement nombre de jeans neufs, je vous assure que bien rares sont les fois où ça pose réellement problème.

selvedge retroussé

Il n’est pas rare que les cuirs clairs bleuissent au contact du jean on passera sur les converses

Les différents poids de toile de jean

On peut établir une dernière classification du jean grâce à… son poids ! L’unité de mesure est l’oz (dérivé de ounce, unité anglo-saxonne), et il pèse environ 28 grammes. L’indication de poids est calculée pour 1m² de toile. Pour vous donner une idée :

  • 9 à 11 Oz : toile légère, jeans d’été ;
  • 11 à 13 Oz : toile courante, jeans quatre saisons ;
  • 13 à 16 Oz : toile épaisse : pour la mi-saison, l’hiver, et ceux qui cassent vite leurs jeans ;
  • 16 Oz et + : toile très lourde (peu courante) ;
  • 22 Oz : toile pour les plus courageux d’entre vous (son épaisseur et son aspect très cartonné rendent la marche inconfortable les premiers jours). L’offre se raréfie dans ces poids là, mais on en trouve encore ;

Jean le plus lourd Naked and famous Kiahmad18

 

Comment évaluer la qualité de la matière du jean ?

Sans équivoque et depuis toujours, nous vous recommandons le selvedge pour sa durabilité et sa capacité à s’embellir avec le temps.

Le denim classique est-il pour autant à oublier ? Evidemment, non, mais il y a toujours quelques points à vérifier pour bien acheter.

D’abord une toile bien fabriquée…

Un bon jean classique, par sa fabrication industrielle, devrait avoir un aspect régulier et lisse.

S’il n’est pas assez serré, la matière paraît plus hétéroclite à la lumière… On ne donne alors pas cher de l’entrejambe qui, parfois, se déchire après quelques mois de ports seulement. Cet élément de tissage homogène et serré de la matière est important, il suffit de jeter un oeil sur l’envers de la toile à l’intérieur du jean pour qu’il livre certains de ses secrets…

denims bonne mauvaise qualité

A gauche, un denim classique au tissage aléatoire et grossier, en tout cas irrégulier.  À droite, un denim classique industriel beaucoup plus régulier et mieux fabriqué. Je l’ai depuis cinq ans, et il n’a pas bougé d’un iota !

Vigilance également quant au fil utilisé pour fabriquer la toile. Il y a des signes qui ne trompent pas, comme les effilochages, les fils trop irréguliers/grossiers… Sur une toile dite « slack » (non selvedge), vous ne devriez pas voir la moindre strie verticale.

échantillon toile selvedge

La toile forme des ondulations qui tiennent toutes seules tant elle est rigide ! La promesse d’une robustesse à toute épreuve.

Si le denim industriel doit être régulier, de son côté, le selvedge devrait presque obligatoirement avoir des irrégularités d’aspect. Elles témoignent d’un travail réalisé à partir de métiers plus traditionnels, offrant la meilleure qualité. L’aspect brut, le touché «cartonné» et l’apparente robustesse de la toile selvedge résultent d’un savoir-faire particulier, dont résulte un tissage dense et bien serré.

Petit encart sur les toiles slubby…

Attention, certaines marques de jean selvedge pointues (Paul Rose, Oni, Pure Blue Japan entre autres) font des toiles dites « slubby » ou « neppy », à l’aspect très granuleux, parfois généreusement strié, qu’on pourrait prendre pour de la toile bas de gamme. Il n’en est rien, et certains «denimophiles» adorent l’aspect « neigeux » du délavage d’une toile aussi irrégulière et duveteuse.

jean slub délavé

Les profanes ont du mal à comprendre (je me compte dedans), et les puristes adorent !

Reconnaître une bonne teinture de jean

Le dernier point pour jauger la qualité d’une toile de jean est la couleur. Et là, je me vois contraint de vous embarquer dans quelque chose d’un peu plus abstrait : une belle teinture, ça se sent avec l’expérience (mais ça se ressent très vite) !

couleur reflet jean selvedge

Une couleur intense, de beaux reflets, et quelques nuances dans la teinte tirants vers le turquoise… Amen.

La belle couleur passe par :

  • un jeu entre la matière et la lumière, avec des reflets presque métalliques ;
  • des nuances de couleur ;
  • une profonde intensité.

Regardez éventuellement ces jeans fadasses que l’on trouve dans les enseignes de grandes surfaces, le contraste avec un beau produit apparaîtra tout de suite.

Que penser des délavages artificiels ?

Évidemment, il n’est pas interdit de se laisser tenter par un jean dont la teinte a déjà été travaillée, même s’ils sont moins plébiscités ces temps-ci.

  • Faites attention à ce que la toile n’ait pas été trop endommagée lors de l’opération, et qu’elle n’apparaisse pas jaunie ou pire, verte ! Évitez aussi les délavages trop nets et réguliers, à l’aspect bien trop artificiel.
  • Le délavage, ou blanchiment, peut avoir été réalisé à l’aide de produits chimiques, au brossage ou encore au sablage, techniques décriées notamment en raison de la quantité d’eau requise (minimum 40L par jean), mais surtout à cause de leur nocivité.

On dénombre plusieurs cas morts dus à des affections pulmonaires directement et médicalement imputées aux activités de sablage… Heureusement, certaines marques ont su innover, et de nouvelles technologies se mettent en place.

marithé françois girbaud denim

On reste sur une marque créateur, avec des designs très forts et surtout un patronage exceptionnel, qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Mais on voit ici un aperçu de ce que permet le wattwash, qui va au delà du simple délavage.

Marithé+François Girbaud ont révolutionné l’industrie du jean. Les premiers délavages, c’était eux, grâce à des pierres ponces (Stonewash) qu’ils frottaient sur les jeans.

Avec l’essor de cette technique, mais surtout à cause de la toxicité des procédés industriels mis en place, ils mettent au point le Wattwash mêlant un travail au laser et un traitement à l’ozone. Résulat : 97,5% d’eau économisée par rapport à la méthode classique. J’ai écrit un article sur cette maison et ses nombreuses innovations (coutures à ultrasons…) si vous voulez en savoir plus.

Pour terminer sur le sujet, un beau jean délavé coûte cher ! Si l’on veut réaliser un beau délavage, il faut beaucoup de minutie, de savoir-faire et de dextérité… Cela étant, la différence se voit vite :

jean kuro délavé

On ne dirait pas, mais il s’agit bien d’un délavage artificiel de la marque Kuro, qui affiche régulièrement un savoir-faire unique dans ce type de traitement. Cela se paye au prix fort : comptez au moins 300 euros pour un jean Kuro…

jean délavé basique

A comparer avec le délavage d’un jean en entrée de gamme, beaucoup moins subtil et intéressant (autour acheter directement un brut). Quand on vous dit qu’un beau délavage ça coûte cher !

Le montage et les détails d’un bon jean pour homme

En plus d’une toile de qualité, l’assemblage du jean se doit d’être irréprochable si on veut le conserver longtemps.

Ce n’est pas parce que le jean est confectionné en selvedge que la réalisation est bonne, surtout sur les produits d’entrée de gamme. On va donc voir tous ces petits détails justifiant un prix élevé.

Coutures et assemblage d’un bon jean

Des points bien serrés, pas trop fins et alignés révèlent un travail régulier et soigné : en matière de confection, ce sont souvent les mêmes critères qui reviennent. A l’inverse, on voit sur des jeans bas de gamme des points de tailles différentes, cousus de travers et grossiers : c’est incompatibles avec la durabilité d’un pantalon.

Votre jean en main, vous pouvez tirer légèrement de part et d’autre d’une couture pour en apprécier le serrage. C’est mauvais signe lorsque les deux empiècements s’écartent et que la lumière passe à travers les points de couture…

A savoir également : des marques old school comme Real McCoys ou Flat Head proposent des jeans avec un nombre de points au centimètre relativement bas, tout simplement car c’est comme ça qu’on fabriquait les jeans vintage. Mais ce ne sont pas celles que vous retrouverez dans la plupart des boutiques !

toile brute jean denim

Tolérance zéro pour les effilochages du fil : si certains puristes préfèrent le fil 100% coton, il est moins résistant qu’un fil en polycoton (un mélange de polyester et de coton) utilisé par la majorité des marques. Encore une fois, Heddels explique très bien ce point. Mais je reconnais que ces derniers éléments, assez techniques, sont très rarement connus par les vendeurs et encore moins précisés sur les étiquettes.

L’intérieur du jean livre de nombreux indices lui aussi. Les coutures y apparaissent plus nettement. On regardera à l’intérieur des cuisses, plus exposées aux frottements et à l’usure.

  • Surveillez aussi la jointure arrière au niveau du fessier et la braguette, très régulièrement sollicitée !
  • Ainsi que les coutures le long de jambe à l’extérieur de la cuisse, les ourlets, les poches etc.

Les détails qui font la différence sur un jean

Le point d’arrêt

Grâce à lui, les frottements, tensions et autres portefeuilles trop chargés n’auront pas raisons des coins, souvent fragiles. Ce type de renfort peut être exécuté par un bon retoucheur.

point arrêt poche

Les doublures de poches

Elles accueillent nos clés, portables et une multitude d’autres choses. Une toile épaisse et régulière est donc bienvenue. Attention à son assemblage, qui peut l’endommager s’il est mal réalisé. Avec un produit haut de gamme, on retrouve cette doublure sur les poches arrières.

doublure de poche denim

L’ourlet en point de chaînette

C’est un cas particulier en matière de finitions. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le point de chaînette est moins résistant qu’un point classique, mais c’est plus joli et c’est ainsi qu’étaient confectionnés les jeans vintage dans le temps. Il s’avère que c’est beaucoup plus simple à réaliser qu’il n’y paraît, même à la main !

point de chainette

Un point de chaînette très régulier, sur une toile « slubby ». Les puristes sont aux anges !

Les rivets en cuivre

Cette teinte rosée est jolie et donne de la noblesse au vêtement. Cela étant, j’ai aussi vu de nombreux jeans où ces petits poinçons de métal étaient personnalisés par chaque griffe.

Dans ce cas, cela peut être intéressant, surtout lorsqu’il y a un travail supplémentaire et donc un soin particulier apporté aux détails. On les voit principalement sur la face extérieure du jean, mais ils sont bienvenus à l’intérieur notamment au niveau des poches arrières.

rivets jean kurabo python

Hormis les rivets cuivre, il est intéressant d’avoir des rivets personnalisés, tel celui de droite, gravé d’un motif python.

Les coutures intérieures et la braguette gansées

Recouvertes d’une bande de tissu aux extrémités, évitant à la toile de s’effilocher lors des lavages.

braguette doublure cuir jean

Ici nous avons carrément une braguette doublée en cuir !

Enfin, il y a bien sûr la petite poche à monnaie selvedge…

poche ticket selvedge

Quelle coupe de jean choisir ?

Même si l’on peut trouver quelques spécificités d’une marque à l’autre, on dénombre globalement cinq coupes, chacune adaptée à une silhouette et un style bien spécifique :

La coupe de jean bootcut

Le bootcut, c’est un peu la version denim du patte d’éléphant. À moins d’être très grand et costaud, je vous déconseille cette coupe qui déséquilibre vite la silhouette.

coupe jean bootcut homme

En plus, un jean bootcut nécessite des chaussures imposantes pour un résultat acceptable (contrairement à ici). On a donc : ouverture de jambe élargie + grosses chaussures = exercice hasardeux !

La coupe de jean droite

Faux ami des personnes minces, le jean droit se destine surtout à ceux qui ont les cuisses bien musclées. Autrement, vous donnez l’impression de nager dedans, sans mettre votre silhouette en valeur.

coupe jean droit homme

Le Levi’s 501 est un modèle emblématique de jean coupe droite, adapté aux cuisses musclées.

La coupe de jean tapered

La coupe tapered est particulière. Elle est confortable jusqu’au genou, puis se fuselle. On est donc proche d’une coupe carotte, sans pour autant avoir une fourche aussi basse. Je vous conseille d’avoir déjà de bons basiques en denim avant de tenter ce genre de coupe, plus pointue niveau style.

coupe jean tapered homme

C’est une coupe jouant pas mal sur les volumes, à éviter si vous n’êtes pas sûr de vous.

La coupe de jean slim

Le slim peut être connoté « adolescent ». Quoi qu’il en soit, il flatte davantage les silhouettes graciles et minces, s’insèrant plus facilement dans des looks d’inspiration rock (un peu à la manière de ce que fait Slimane chez Saint Laurent, par exemple).

Il en est de même pour sa petite sœur, la coupe skinny, plus serrée encore. Attention à l’effet cuisse de grenouille qui n’est jamais bien loin.

coupe jean slim homme

Le modèle Cure de chez A.P.C. Encore trop serré.

La coupe de jean semi-slim (ou « coupe droite ajustée »)

C’est LA coupe dont nous vous avons le plus parlé. Les cuisses sont ajustées, mais le bas de la jambe garde une ouverte décente (= au-dessus de 17cm d’ouverture).

Cela lui permet de :

  • affiner votre silhouette tout en évitant l’effet jambes en cuisses de grenouille ;
  • mettre juste ce qu’il faut les fesses en valeur ;
  • convenir à un maximum de morphologie.
coupe jean semi-slim homme (2)

Semi-slim ACNE, dit modèle Max.

L’appellation « semi-slim » n’est pas systématiquement utilisée, on la désigne parfois comme coupe straight, voire « slim » chez Uniqlo. Dans tous les cas, n’hésitez pas à interroger la marque à ce sujet pour qu’elle vous oriente.

Comment bien choisir sa taille de jean ?

Le meilleur jean du monde acheté trop grand sera, au mieux, quelconque. Il doit donc être serré (vraiment serré) :

  • à la taille
  • aux cuisses

Si vous fermez trop facilement le dernier bouton du jean à l’achat, c’est qu’il est encore une taille trop grand.

Par contre, au moment de fermer le pantalon, peut-être aurez-vous l’impression que la « ceinture » du jean est lâche à l’arrière : pas d’inquiétude. Selon votre cambrure, le galbe des fesses a besoin de se faire.

Le tombé du jean sur vos chaussures

Il est rare de tomber sur un jean pile à votre longueur de jambe. Puisque certaines boutiques proposent elles-mêmes de faire la retouche, autant s’assurer que le vendeur qui marque l’ourlet à l’aiguille ne se plante pas.

Pour info, les couturiers recommandent souvent de laver une première fois les vêtements en coton et en lin. Ces matières tendent à rétrécir au lavage, même si les toiles fines ou de qualité médiocre risquent plus que les autres.

coupe jean selvedge

Garder quelques plis au-dessus de la chaussure permettra aussi de faire un revers ! Mais on est ici face à un grand maximum.

Vu que le jean n’est pas aussi fluide ni aussi habillé qu’un pantalon en flanelle, je vous conseille de laisser une bonne cassure, voire deux, sur la chaussure. Il n’y a rien de pire qu’un jean trop court remontant avec insolence au dessus des chevilles lorsque vous vous asseyez.

Un ourlet feu de plancher (ou 7/8ème) est envisageable, mais un peu casse-gueule. Roulottez plutôt le pantalon au-dessus de la cheville en été si besoin.

L’ouverture de jambe (leg opening)

On termine avec l’ouverture de jambe, plus ou moins grande selon votre volume de mollet et votre morphologie. L’idée est de choisir une ouverture de jambe qui accompagne votre mollet sans le mouler.

En général, on est entre 17 et 19 cm pour les morphologies classiques (ce qui correspond à la plupart des jeans semi-slims).

Sélection shopping de jeans homme

Pour faciliter vos recherches, on vous a fait une petite sélection de bonnes marques de jeans. Du denim selvedge correct d’entrée de gamme aux trésors de perfectionnisme, il y a de quoi répondre à toutes vos attentes !

Jeans entrée de gamme (40 – 110 euros)

  • Uniqlo propose des jeans selvedge à partir de 40 euros.

Jeans milieu de gamme

  • APC (145 euros, toile selvedge / attention, jamais soldés)
  • Naked and famous : des puristes du jean à l’excellent rapport qualité / prix (180 euros)

Jeans haut de gamme (pas d’amalgame gamin) / Pour les puristes

  • Paulrose et son brut workwear rugueux (230 dollars)
  • Flat Head, marque adoubée par les puristes (235 dollars)
  • Renhsen, une marque française qui fait des jeans coupés au scalpel. (à partir de 200 euros)
  • Phi, une marque franco-japonaise qui vous propose de récupérer votre jean au bout de six mois pour le faire tremper dans de l’eau de mer afin de magnifier le délavage (240 euros)

Jeans délavés

  • La marque Rick Owens DRKSHDW

Ce qu’il faut retenir

N’essayez pas de retrouver tous les détails de puristes, ils ont l’importance que vous leur donnez.

Cependant, soyez intransigeants sur la qualité de la confection, de la toile et surtout, apprenez à choisir les jeans à votre taille. Le principal obstacle est de ne pas les choisir trop grands.

Enfin, vous pouvez retrouver nos conseils en vidéo pour choisir un jean :

Romain Rousseau A propos Romain Rousseau

Voir un tailleur marquer sa toile m’impressionne, regarder une brodeuse faire virevolter son aiguille me donne des frissons, admirer un cuir parfait me fait sourire. Je suis passionné par le Luxe pour ce qu’il est (rigueur, excellence, amour du beau), et plus encore j’aime partager et transmettre cette passion. [email protected]

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  • Benoit – BonneGueule

    Alexandre, notre chef produit, les a rencontré, il a pu voir le produit « en vrai » et il a dit qu’il était de très bonne facture, tout simplement !