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Sneakers 101 : trucs, astuces… et réflexions.
Cet article se veut « bref » (comme la série) et essentiel sur pas mal de questions que nous recevons sur ces charmantes petites bêtes. Savoir les déguster et apprécier en même temps doit se faire comme pour le sashimi : cru, vif et incisif (pour la fraîcheur du produit) et préparé par 2 chefs, Benoît et Gill derrière le comptoir.
Commençons avec Gill :
Pourquoi porter des sneakers ?
Parce qu’il s’agit de la pièce alternative la plus versatile après les souliers / chaussures de ville que tu as enfilé avec ton costume depuis ce matin pour te rendre sur ton lieu de travail.
A moins d’avoir un certain attrait pour l’ordre et la morale, le sudoku et les dictées de Bernard Pivot, les sneakers sont des pièces « casual/décontractées » (comme votre voisine d’en face sur sa terrasse le samedi) qui s’intègrent facilement dans une tenue sans aucune prétention.
Il y a aussi une dimension de confort et de choix au niveau du style, qui définit le reste de ta tenue et ne la restreint pas au niveau « veste/chemise/cravate/machine à café ».
Elles sont ce que le ketchup est aux frites, le cornichon au jambon-beurre et le menu de 14,90 € en pause-déjeuner.
Les sneakers simplifient et subliment pas mal de choses sur une tenue, et rendent les pièces faciles à porter et à accorder. Avec une certaine liberté et sans faire trop d’erreurs.
“Oui mais les sneakers, ce n’est pas chic, c’est surtout moche et ça fait ado attardé”
Non, c’est l’ensemble contradictoire d’une tenue qui te donne cette impression. Il existe pour simplifier, 3 types de sneakers :
Ce type de sneakers, tu en vois tous les jours. Tellement que ça en devient presque banal. Les Converses bas de gamme, les Nikes de course, les New Balances au design pourri à n’en plus finir qui semblent avoir été produits à la chaîne et vendus aux même personnes chez Footlocker. Ils véhiculent un stéréotype (souvent péjoratif), et servent beaucoup plus de signe distinctif social et consumériste qu’autre chose. C’est la saveur vanille sans goût du style vestimentaire. Bien sûr, il existe d’excellents modèles au sein de ces marques, mais ils représentent à peine 1 % de la production totale… qu’il faut chercher.
On sent un début de qualité, un minimum de standard dans le visuel, et surtout une grande facilité de ladite paire à donner du punch au style vestimentaire de celui qui les adopte. C’est le parfait compromis entre budget, style et qualité.
Là, on est dans l’autre côté de la barrière et la pièce doit être considérée comme quelque chose à part entière. Littéralement au sens propre. Une paire de sneakers d’un créateur a souvent énormément de caractère, et il faudrait presque construire des tenues en fonction du type de sneakers qu’on a aux pieds. Sous peine de finir comme un rappeur U.S qui confond Lanvin et mocassin lorsqu’il en met… car ces derniers transcendent leur statut de « baskets » et en font parfois des objets de déguisement alors qu’il conviendrait de les maîtriser.
“Et les couleurs ? Pourquoi on les choisit toujours blanches ? Je n’ai jamais compris…”
Une paire de sneakers = connotation sportive. Le blanc est la couleur à la fois la plus neutre (dans le sens où elle peut s’accorder avec toutes les couleurs sans en influencer l’association) et la plus facile à assortir avec le reste de la tenue. Tout simplement. Il existe également le beige et le gris comme substituts en cas d’overdose du blanc.
99 % des gens portent des jeans plus ou moins foncés (bleu délavé ou bleu marine). Prendre des sneakers claires permet de les mettre plus en valeur en créant des contrastes sympathiques.
On vient par la suite au cas des sneakers foncés : faut-il s’y risquer ? A cette question, je réponds que tout dépend de la matière qui constitue ladite paire. Une couleur foncée aura plus tendance à amplifier cette problématique et faire ressortir la pauvreté du design si le cuir travaillé est de moins bonne qualité qu’un cuir souple, lisse et confortable (agneau, veau, etc…).
Essayez de porter des sneakers foncées + jean bleu délavé pourri V.S sneakers claires + jean bleu délavé pourri. Bon, dans les 2 cas, on voit que le jean est pourri, mais l’une des associations ACCENTUE plus ce défaut que l’autre.
D’où une explication partielle de la fameuse règle qui dit qu’il ne faut pas porter plus de 3 couleurs sur soi : tout simplement pour éviter un maximum de comparer les pièces entre elles et de les juger individuellement.
“OK donc, c’est quoi une belle paire de sneakers ? Comment on la reconnaît ?”
Facile. On prend un modèle standard d’une marque et on compare les autres par rapport à celle-ci. Je pense que les RAF SIMONS, les COMMON PROJECTS et les LANVINS représentent parfaitement cette catégorie.
Les sneakers de différentes marques ont pratiquement toujours les même semelles (puisque le fabricant est le MÊME !). TOUJOURS.
Une fois que tu auras reconnu à chaque fois ces différences ou similitudes entre les sneakers, tu saisiras la subtilité et tu seras dès lors capable de dire ce que tu aimes ou non.
“Et le prix des sneakers ? Moi je ne dépenserai JAMAIS plus de 100 euros dedans !”
Tu as parfaitement raison. L’idée est de se prendre une paire qui convienne à tes besoins et non pour le plaisir de les faire briller au soleil… pour au final les ranger dans une boîte comme Picsou le fait avec son sou fétiche.
Ce qui nous amène à la conclusion suivante : en drogue comme en sneaker, la qualité ça se paye. Dépenser plus de 100 euros n’est pas une tare pour posséder une paire de semelle quand tu sais que la qualité suit et que tu peux la garder longtemps. Rester sur du FEIYUE ou des PF FLYERS n’est pas non plus une imbécillité. Pour des raisons de pression sociale ou de contexte (les mecs qui vous disent par exemple que « Rick Owens en sneakers, c’est super » ont de petits problèmes… et de l’argent à gaspiller). Mais ne pas faire d’effort pour comprendre ce qu’il y a d’excellent ou de mauvais, c’est être coupable de peine de mort.
Benoit a également son mot à dire sur les sneakers montantes :
Il m’arrive parfois de recevoir des questions assez surprenantes, sur des points très précis. « Comment porter des sneakers hi ? « en est une, et je me suis aperçu que certains se compliquaient parfois la tâche inutilement, avec de l’overthink à tout va.
Pourtant, vous allez voir, c’est très simple…
Porter des sneakers montantes : le fameux mythe de la taille
Quand, il y a quelques temps, j’avais déconseillé de porter des sneakers high (=baskets montantes) aux personnes de petites tailles, j’aurai dû affiner ma pensée… car j’ai souvent eu des questions du type : « je mesure 1m67, est-ce que je peux porter des high ? ». Ce à quoi je réponds que ce n’est pas une affaire de centimètres, mais plutôt de silhouette globale. Eh oui, il n’y a pas de limite de taille au centimètre près sous laquelle il est strictement interdit de porter des sneakers high, vous vous en doutez bien ! Le contraire serait bien ridicule.
En fait, j’ai souvent vu des sneakers high très bien portées par des personnes de petits gabarits. Ce qui est disgracieux (et rare), c’est de voir des jeans très fittés, avec des sneakers montantes qui font des chevilles énormes, comme les Supra Skytop par exemple.
Vous l’avez compris, le contraste entre sneakers montantes imposantes et jean très fitté, sur quelqu’un de petite taille, ce n’est pas très beau. On a l’impression de voir des pieds enflés avec des jambes toutes fines. Voilà où je voulais en venir quand je disais que les sneakers high étaient déconseillées pour les petits gabarits.
Mais je tiens à être clair, des sneakers montantes avec des chevilles énormes, ça ne court pas les rues, et c’est souvent réservé aux sneakers cheaps ! Vous avez très peu de chances d’en porter, et ce type de design est complètement absent des sneakers épurées et haut de gamme. Une simple paire de Lanvin montantes qui a un design équilibré, avec un semi-slim sans fioritures, ça passe très bien : quelque soit la taille. Ce n’est pas plus compliqué ! Et puis, ça se voit de suite à l’oeil. Sérieusement, faites confiance à votre oeil sur ce coup là.
De ce fait, si vous vous estimez être de petite taille, évitez simplement les jeans très fittés (ouverture de jambe de 17 ou 18 cm pour les plus pointilleux d’entre vous) avec des sneakers montantes très imposantes. Et c’est tout !
Et si vous vous posez encore des questions sur quelles sneakers homme porter, y compris sur les sneakers haut-de-gamme, Vianney a déjà bien mâché le travail.
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Gill
Cet été, c'est sable blanc, eau pétillante, et citron vert.