mar 16 2010

Décryptage : Uniqlo

Contrairement à la croyance populaire, Uniqlo n’est pas qu’un grand flagship japonais installé à Opéra depuis novembre dernier qui vend des pulls col V et autres basiques dans des couleurs rigolotes.

Imaginée en 1984 par Tadashi Yanai et implantée partout dans le monde (Londres, Pékin, New York etc), cette marque japonaise justifie son succès par des produits accessibles, de qualité, innovants et disponibles dans de nombreuses déclinaisons, aussi bien en terme de couleurs que de tailles. Voilà une combinaison d’atouts qu’on ne retrouve pour l’instant pas chez ses concurrents fast retailers d’où le nom de la marque Uniqlo, contraction d’Unique Clothing.
Bref, Uniqlo arrive d’abord en France en décembre 2007 avec l’ouverture d’une boutique de 200m² à La Défense, aux 4 temps. Premier concept à l’ouverture, la ligne de tee shirt UT, ligne aux imprimés manga variés effectués en collaboration avec de nombreux artistes.
Distribués sous forme de capsules, voilà ce que ça donnait:

L’étape suivante a lieu en été 2009: une boutique éphémère est ouverte au marais de juillet à septembre. Elle vend les grands basiques symboliques de la marque (pulls en cachemire, pull en mérinos, jeans) et sert uniquement à promouvoir l’ouverture du flagship d’Opéra.

Elle est appuyée d’août à fin septembre par une seconde boutique éphémère au deuxième étage de la boutique Colette, qui vend elle aussi les classiques de la marque.
Le flagship d’Opéra ouvre ses portes quant à lui le jeudi 1er octobre 2009 et c’est la déferlante immédiate de milliers de clients cherchant un vêtement à leur taille comme si leur survie en dépendait.

Voilà pour la nécessaire piqure de rappel.

Concentrons nous maintenant sur les produits Uniqlo à proprement parler.
Parlons d’abord des jeans, puisqu’Uniqlo a lancé la gamme UJ, classifiée selon 3 critères Fit Fabric and Finish (coupe, matières et finitions): on obtient au final 54 combinaisons possibles dans ces tons de couleurs.

Plusieurs prix possibles: 29 euros pour les jeans basiques, 39 euros pour les jeans basiques et 49 euros pour les jeans selvedge en toile japonaise.
Dans une interview donnée il y a quelques années, un des responsables denim d’Uniqlo compare un jean à un bon vin. Au début, on a une matière brute qu’on travaille ensuite pour arriver à un résultat unique.
Si la matière de départ ne vaut rien, en vin on aura du vinaigre et en jean on aura un délavage cheap et une toile fragile.
C’est pour cette raison que ces fameux jeans à 49 euros sont particulièrement intéressants : fils, rivets, toile et boutons, tout est ici de fabrication japonaise, et en plus de ça ils sont selvedge
Ici, la toile est une toile Kaihara, issue des moulins japonais traditionnels Kaihara en activité depuis 1893, compagnie à la base spécialisée dans la culture des plantes indigo, dont la teinture a d’abord été utilisée pour les kimonos puis le workwear en denim. En bref, Kaihara est un fabricant de denim renommé pour utiliser les techniques de production les plus exigeantes.Le crédo du patron de Kaihara: « Japanese denim is a big industry now. But before Japanese denim, there was Kaihara denim. ».

Les jeans selvedge se reconnaissent grâce à cette étroite lisière blanche, comportant parfois une ligne de couleur (rouge pour les jeans Uniqlo).
Elle indique l’utilisation d’un métier à tisser étroit (29 pouces) et d’un procédé de fabrication plus lent et plus soigné.
En pratique, le tissage est de meilleur qualité et cette lisière empêche la trame de s’effilocher.
Le selvedge en lui même n’assure pas une toile de meilleure qualité. Cela étant, comme sa fabrication est plus exigeante, on utilisera en général de meilleurs matériaux.

En bref, si vous achetez un jean de la gamme UJ, pensez que la plus value est de loin sur le jean brut selvedge à 49 euros que vous pourrez garder des années plutôt sur les jeans à 29 et 39 euros qui pour la plupart proposent des coloris et délavages cheap.

Jean ordinaire d’entrée de gamme, délavage cheap et toile lambda

Jean brut, trame selvedge et toile japonaise.
Un classique à garder des années.

Autre classique, les pulls en laine mérinos et en cachemire, épais et aux finitions irréprochables. Seul bémol: les cachemire Uniqlo boulochent.

Coup de coeur, les chemises en flanelle. Quelques excellentes associations de couleurs mariées à des motifs bien sentis.

Les tee shirt n’ont quant à eux, rien à envier à AA.
Ici, Uniqlo innove avec sa gamme Heattech, dont vous avez déjà sûrement pu voir la publicité.
Déjà distribuée depuis novembre 2008 au store de la Défense, une distribution gratuite avait même été organisée sur le parvis (ainsi qu’à NY, Pékin, etc), animée par des hommes en combinaison argentée.

Le fonctionnement est le même que celui des vêtements en cachemire: votre corps dégage une chaleur naturelle que le vêtement retient
Ces tshirt ont autant de fonctions qu’une combinaison d’astronaute: ils sont doux grâce à des protéines de lait incorporées, stretch, anti statique et anti bactérie.
Ils feront probablement aussi office de gilet pare balle la saison prochaine.
Pour en porter régulièrement, ça tient plus chaud que la normale mais pour autant je m’aventurerais pas à faire comme le mec de la pub.

A moins d’avoir lu l’article en diagonal, vous aurez compris qu’Uniqlo excelle dans les basiques.
Mais Uniqlo, c’est aussi de la création à travers une stratégie poussée de collaborations permettant de mélanger dans ses boutiques luxe et consommation de masse.
La plus connue d’entre elles, c’est la collab Jil Sanders, aussi appelée J+, dont le lancement a coincidé avec l’ouverture du flagship d’Opéra.
Contrairement à une collaboration ordinaire ponctuelle, c’est ici un vrai contrat qui est signé entre Uniqlo et Jil Sanders sur plusieurs saisons.
Comme dans ses collections classiques, son travail ici est sobre, minimaliste et le travail des coupes est minutieux.

J+ a malheureusement fait de l’ombre à une autre collaboration Automne-Hiver 09-10 : celle avec Kimimori Morishita. A l’inverse du travail léché de Jil Sanders, cette collaboration a un côté sauvage et authentique : certains vêtements pourraient presque etres portés par des esquimaux sibériens retirés depuis 10 ans de la civilisation. Les coupes sont amples et les matières comme qui dirait oldschool : on trouve du velours, des mailles épaisses et de la fausse fourrure. Il s’agit ici d’une collaboration ponctuelle pour la saison Automne-Hiver 09-10.

En conclusion, Uniqlo parvient à répondre à des besoins très différents : la marque satisfait à travers ses basiques low-cost une consommation de masse tout en parvenant à attirer une clientèle plus exigeante et plus sensible aux codes du luxe qui sera séduite par le travail de création fournie dans les collaborations, avec en plus une promesse de qualité et d’innovation chère à Uniqlo.
En France, le flagship d’Opéra est blindé de monde chaque samedi et il est pour le chaland parfois difficile ne serait-ce que de faire des essayages.

Article de Khal, pour la liste BDA Kissmyart.fr

Mise à jour du 18 mars 2010 : Geoffrey, de togapicta livre ici un feedback d’un jean Uniqlo selvage intensivement porté.


mar 6 2010

Renhsen

Il y a quelques temps, j’étais tombé sur cette petite griffe complètement par hasard. Etant repassé un an plus tard à la boutique, je me suis aperçu que cette marque méritait largement un article ici.

Renhsen, c’est donc une marque française de jeans, qui s’adresse clairement à des puristes. Leurs jeans en toile japonaise ne présentent pas de fioritures. Ici, on laisse parler la coupe et la toile, point.

Sans surprise, le prix correspond à ce qu’on a l’habitude voir ailleurs pour cette qualité (environ 240 € le jean). Mais on y trouve de très beaux jeans gris (plusieurs coupes disponibles) ou de magnifiques raws avec des reflets métalliques.

A noter : il existe également une ligne bis, rsn by renhsen, qui présente des raws à 70 € (jusqu’à 140 €). C’est clairement un rapport qualité/prix imbattable en matière de jean sur Paris.

Ils conviennent parfaitement aux personnes élancées (ils vont jusqu’au 36 en longueur !). Pour ceux qui se posent la question, oui, les cuisses sont très coupées, ainsi que les fesses. Vous pouvez y aller tranquille.

Renhsen
22, rue Beaurepaire (à deux pas de la Maison Jean-Baptiste !)
75010 Paris


jan 21 2010

la-canadienne.com [billet sponsorisé]

La Canadienne (et son slogan « Et si vous changiez de peau ? » ), vénérable spécialiste des vestes et des blousons cuir depuis plus de 60 ans, change de site, et le moins que l’on puisse dire, c’est que de gros efforts ont été faits sur les services annexes, dont certains devraient prendre exemple :

  • règlement par Paypal
  • garantie à vie (!!!) finis les boutons pressions cassés ou les coutures des poches effilochées !
  • des conseils d’entretien très complets si vous avez des blousons en cuir
  • la retouche gratuite (!) plus d’excuses pour avoir des manches trop longues.
  • l’espace client des plus pratiques

Ce sont plus de 940 références en ventes, avec une large gamme de prix et de marques : Chevignon, Oakwood, Ed Hardy, Schott (et son mythique perfecto), Kaporal, etc.

L’espace haut de gamme du site (appelé Canadienne Griffes) est tout aussi intéressant, je suis fan des blousons en cuir gris, j’ai trouvé quelques modèles intéressants, notamment au regard des prix soldés : modèle 1, modèle 2. En fouinant un peu, je suis tombé sur ce très joli perfecto bien proportionné (attention, ne faites pas comme le mannequin sur la photo, portez un bas plus foncé et uni) et ce blouson Kaporal (oui, vous avez bien lu) qui m’a agréablement surpris.

Aussi, en réponse à une discussion sur les manteaux et doudounes par grand froid, les meilleures sont définitivement les doudounes Canada Goose (soldées également, ce qui n’est pas du luxe vu le prix), qui allient duvet et tissus techniques.

N’oubliez pas les soldes, c’est le moyen d’investir dans un cuir de qualité, et surtout, de profiter de la garantie à vie, car il y a peu de sites qui peuvent se targuer d’en faire autant.


déc 16 2009

Les chaussettes Gammarelli

Là aussi, je n’aurai jamais pensé écrire un article sur des chaussettes. Mais comme les caleçons de Monsieur Chat l’Heureux, j’encourage vivement ces produits de niche de haute qualité.

Les chaussettes Gammarelli sont, au sein du Vatican, légendaires, puisque elles habillent les papes depuis plus de 200 ans !

Cette maison propose trois coloris immuables, le rouge cardinal, le violet d’évèque ou le noir. A noter que le pape porte en fait des chaussettes blanches, bientôt en vente sur le site.

J’étais très curieux de la qualité avant de les recevoir. Et là qu’elle surprise ! Le coton est d’une finesse incroyable, ainsi que le tricotage.Je ne pensais pas que ça pourrait m’arriver un jour, mais j’ai réellement été surpris d’une telle qualité de chaussettes.

Elles sont d’une élégance très raffinée, surtout si comme moi, vous pensez qu’une tenue très formelle avec des chaussettes de couleur vive épice un peu l’ensemble.

Elles sont largement connues par les amateurs de culture sartoriale, et l’unique boutique nichée à Rome fait partie du carnet d’adresses confidentielles que l’on devrait tous avoir.

Vous pouvez les commander sur le site meschaussettesrouges.com. Pensez-y pour Noël, c’est le meilleur moyen de ravir un fan de culture sartoriale (on en connaît tous un).

Mise à jour du 17 décembre 2009 : quelques jours après la publication de cette article, j’ai pu recevoir les chaussettes coloris violet d’évèque. La couleur est magnifique, originale, précieuse et de bon goût. La sensation de légèreté et de douceur une fois ces chaussettes enfilées reste toujours autant incomparable. Un produit qui ravira vraiment les plus exigeants d’entre vous.


oct 26 2009

BonneGueule chez Vincent du Sartel

dusartel logo

Aujourd’hui, un compte-rendu d’une visite chez un créateur, Vincent du Sartel, dans son atelier à Saint-Cloud.

J’imagine que ce nom ne vous dit probablement rien, pourtant, cet homme est derrière de nombreux sacs à main de grandes marques de Louis Vuitton à la Maison Martin Margiela.

du sartel

Pourtant, rien ne destinait Vincent du Sartel à travailler pour de grandes maisons. Ayant suivi une formation d’ébénisterie, il décide plus tard de faire une école de design industriel.

C’est en 1987 qu’il entre chez Vuitton en tant que chef de produit. Ses créations seront aussi luxueuses que variées : flacon de parfum, sellerie, coffrets, etc. Aujourd’hui encore, il garde un profond respect pour la ligne de sac Louis Vuitton la plus luxueuse (fabriqués sur mesure, commandes spéciales, etc).

Seize ans plus tard, il quitte LVMH pour Loewe, à Madrid. De cette collaboration naîtra une ligne de sac et de chaussures extrêmement qualitative au niveau des peausseries utilisées :

loewe

De ce passage en Espagne, il restera admiratif du savoir-faire espagnol en matière de maroquinerie. Nous arrivons ici au coeur de la marque de fabrique de Vincent Du Sartel : c’est cet amour pour les belles matières qui nourrit sa créativité. Vincent insistera beaucoup sur son goût pour l’artisanat. A ce titre, il dit ne pas aimer le luxe industriel et toutes ces tendances du « prêt-à-frimer », préférant largement une démarche no-logo.

C’est cette amour du travail bien fait, de la sobriété et de l’artisanat qui le conduira à créer sa propre marque, Vincent du Sartel. À travers ses sacs pour femmes, il s’adressera à « la cliente idéale », celle qui aime les belles matières et l’élégance discrète. Inès Sastre représente, selon lui, sa vision de la femme moderne, cultivée et surtout pas ostentatoire. Sa sobriété fera notamment mouche au Japon.

En 2007, il repart sur des bases plus créatives et fonde son propre atelier de design pour travailler main dans la main avec les Directeurs Artistiques sur des projets de maroquinerie, pour lesquels il intervient en tant que spécialiste et conseil. Parmi toutes ces collaborations, il est surprenant de trouver l’iconique Maison Martin Margiela, griffe réputée pour ses détournements et l’humour qui parsème ses vêtements.

Il nous confiera avoir « adoré » travailler avec « Martin », et cette confrontation entre ce créateur issu de l’école belge conceptuelle et l’Atelier du Sartel sera des plus intéressantes.

Pourtant, malgré sa préférence marquée pour des travaux très sobres (je cite à ce titre deux créateurs qu’il affectionne,Stéphane Verdino et Isaac Reina), son expérience lui permet de se frotter à des projets très variés, tel que ce magnifique sac très créateur de la ligne ZZegna (marque type créateur et moderne d’Ermenegildo Zegna) :

zegna

… ou ce sac Davidoff beaucoup plus classique :

Capture

… tout en passant par des modèles beaucoup plus grand public, comme ces sacs Mango :

mango

En effet, la force de Vincent Du Sartel c’est de pouvoir travailler et concevoir aussi bien pour des marques accessibles aux problématiques différentes que pour de grandes marques avec la même énergie et la même passion.

Et maintenant, place aux photos de la visite :

DSC05972C’est dans cette salle que sont stockés les différents sacs que Vincent a chiné au gré de ses envies. En plus d’être une source d’inspiration, ils remplissent une fonction surprenante : ils constituent une banque de matières et de silhouettes qui font gagner du temps quand Vincent doit appuyer ses idées par un toucher ou des proportions auprès de ses clients.

DSC05975

Ici se trouve le studio de création, c’est dans cette pièce que sont fabriqués les prototypes que vous pouvez apercevoir sur la table avec une matière à mi-chemin entre le feutre et le papier. Ils permettent d’avoir un bon aperçu du port et de la silhouette générale. Ensuite, un dossier technique présentant les moindres détails est envoyé au fabriquant, et les sacs entrent en phase de confection.
La visite s’est terminée ici et BonneGueule tient à remercier l’Atelier du Sartel pour son accueil chaleureux.

mai 17 2009

Les caleçons Monsieur Chat l’Heureux

Je n’aurai jamais pensé écrire un jour un article sur des caleçons.

En effet, les sous vêtements pour hommes ne sont pas notre priorité vestimentaire sur ce blog. Et puis, quand j’ai vu que ces fameux caleçons en coton bio et labellisé « Fair trade » étaient distribués au 66 des Champs Elysées (l’un des rares shops intéressants du secteur cela dit en passant), j’ai été intrigué. Voyons pourquoi.

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mar 24 2009

COS : notre avis

C’est le buzz du moment, depuis l’ouverture de la boutique rue des rosiers.

Pour rappel, COS signifie  » Collection Of Style « , sa philosophie est le fameux « haut de gamme abordable » chère à H&M. Habitué au cheap de la marque suédoise et déçus des précédentes collaborations, c’était avec beaucoup d’impatience que nous attendions cet effort de qualité à travers  COS. Continue reading


nov 26 2008

La prochaine collaboration H&M

matthew_williamson

Après une collaboration avec Comme des garçons plus que mitigée, H&M annonce déjà qui sera le prochain styliste qui aura sa griffe sur les vêtements de la marque.

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nov 23 2008

Luise&Franck : Jardin à la française

Avec cet article, Bonne Gueule inaugure une nouvelle série, consacrée aux jeunes stylistes de la scène française.

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Luise & Franck

Luise (Schwarze), 23 ans, et Franck (Pouchoulin), 28 ans, ont tous deux fait des études de commerce avant de se tourner vers le stylisme – et de se rencontrer. Auparavant, Franck avait travaillé comme sales manager chez Franck&Fils. Mais la frustration induite par le seul commerce des vêtements le pousse à passer de l’autre côté, celui de la conception et de la confection.
C’est à ESMOD Paris qu’il rencontre Luise, originaire d’Allemagne, et qui a suivi un parcours similaire au sien. Pendant que Luise finit ses études, Franck commence à travailler comme styliste pour Bill TORNADE, et pour Emeyle BURGAUD, en modélisme.

En 2007, ils décident de créer leur propre marque « Luise&Franck », tout en continuant à travailler comme modélistes free-lance, notamment pour la marque 0044, qui leur confiera d’ailleurs ses chaussures pour leurs lookbooks.
Luise&Franck présente son travail dans les festivals de jeunes créateurs, notamment lors de Rendez-Vous Paris, où leur travail est immédiatement remarqué, et salué. Ils sont ainsi « invité spécial » au festival Premium Berlin (AW 08) et au salon Prêt-à-Porter Paris/CASABO (AW 08 et SS 09).
EN 2008, à l’occasion du Festival international des jeunes créateurs de Dinard, sous la présidence de Chantal Thomass, Luise&Franck reçoit le Prix Spécial de la Mairie de Paris.
A ce jour, Luise&Franck a à son actif la conception, la réalisation et la commercialisation de deux collections : FW 08 et SS 09.

Rigueur & invention

La première collection (FW 08) est remarquable par la maîtrise dont elle témoigne, loin d’une oeuvre de jeunesse ou d’une ébauche, nécessairement imparfaites. Elle est en outre d’une parfaite cohérence.
Le travail est essentiellement centré sur le vêtement comme structure formelle, avec de nombreuses références au vêtement de soirée, smoking notamment, et à ses accessoires, comme la cravate et le noeud papillon.

Le pantalon à taille très haute et large ceinture est ainsi revisité :

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Tous droits réservés Luise&Franck

Remarquons que le pantalon est modulable : le haut du pantalon peut se porter ouvert – le boutonnage est intérieur – pour laisser retomber ses deux pans, qui composent alors un losange qui n’est pas sans évoquer la forme du noeud papillon.

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Notons que le formalisme est cassé – ou plutôt adouci – par la fluidité de la matière et la construction de la jambe, tubulaire et s’évasant sur le bas, en une patte d’éléphant élégamment revisitée selon les codes de la tenue de soirée – inspirée peut-être par l’esthétique des seventies revue par la « Psyché Folk » (Devendra Bannhart) que tous deux aiment particulièrement.

Le plastron se retrouve lui acclimaté dans une salopette qui emprunte autant au monde ouvrier qu’aux soirées les plus habillées :

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Du plastron, cette salopette ne conserve qu’une trace, mais qui n’est pas une ruine élégante, à la manière de celles qu’affectionne la peinture romantique, mais un élément essentiel de la construction du vêtement et de sa silhouette spécifique.
Cette salopette a connu a grand succès et a été notamment déclinée en version féminine pour le marché coréen.

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Pour la soirée du Nouvel An , cette salopette, dans sa version blanche immaculée, sera également portée par les serveurs de l’hôtel Kube, réputé pour son fameux bar de glace.

Les cols de chemise font eux aussi l’objet d’un travail particulier, comme sur cette tenue :

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Le col oversized, haut sur la nuque, joue avec le col smoking et ses deux pointes cassées caractéristiques, en l’adoucissant de nouveau, par une cassure « souple ». Quant la cravate, elle est, elle, « downsizée » et asymétrique, décalée élégamment sur la côté, cassant une nouvelle fois le côté par trop formel qu’aurait pu avoir sinon la tenue. La cravate, qui se fixe par un bouton pression intérieur, est en outre taillée dans une très belle matière, noire et moirée.

La tenue est complétée par beau pull, oversized lui aussi, qui précise la silhouette.

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On notera le très beau travail de plissé, au niveau des manches et de la taille du pull, ainsi que le sur-dimensionnement des manches de la chemise, qui sont faites pour dépasser légèrement . Le V du pull, intermédiaire entre le deep V et le U, très élégant par lui-même, revêt aussi une fonction structurante, puisqu’il met en valeur, par sa découpe, la combinaison du col et de la micro-cravate.

Certaines pièces présentent une originalité plus affirmée, comme cette chemise au col harnais.

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Les revers du col se prolongent sous la forme de bandes, qui se croisent dans le dos, avant de venir se fixer sur le devant, sur le côté opposé à leur attache sur le col. On le voit, le jeu avec le col n’est ni anecdotique ni pittoresque car il participe de la construction même du vêtement, et sert à définir – ou à infléchir – ses lignes de force.

On le voit, le formalisme vestimentaire et la tradition du tailoring à la française, parfaitement maîtrisés par Luise&Franck sont, dès leur première collection, tout sauf une fin en soi. Les codes sont réutilisés et détournés pour créer des silhouettes à la fois élégantes et souples, comme celle-ci.

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Le devant, d’une sobriété absolue et d’une grande élégance, trouve un écho dans la rigoureuse architectonique du dos, construit autour du motif presque tapièsien de la croix.
La ceinture, large, est cousue jusque sur les flancs et peut aussi bien être nouée que laissée pendante, sans aucunement alourdir la silhouette.

Ce travail de coupe tend vers une forme de minimalisme, dont l’effet repose essentiellement sur des effets de construction qui, loin de toute ostentation, doivent leur force à la seule précision de leur agencement, comme dans les photos d’Ikko Narahara, photographe japonais que Luise et Franck affectionnent.

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La rigoureuse architectonique qui caractérise le manteau se retrouve aussi dans les vestes de la collection SS 08, qui correspond plus, selon les dires de Luise et Franck, à leur véritable sensibilité.

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On retrouve ici la forme en « X » caractéristique des vestes de cette saison. Le travail de la matière et des couleurs est intéressant aussi, avec ce lin aux gris irréguliers (qui fait penser à la « rain jacket » de CCP), subtilement rehaussés par le rose pâle du col.

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Le flash rend la matière plus brillante qu’elle n’est en réalité

Pourtant, la prochaine collection, FW 09, devrait être plus sombre, si l’on croit les deux jeunes créateurs…

Ici & là

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Les observateurs les plus attentifs auront remarqué l’acclimatation, par Luise&Franck, de certaines constantes stylistiques caractéristiques de la création japonaise, notamment Attachment (Kayuzuki Kumagai), The Viridi-Anne et Julius notamment. En témoignent notamment les bas de pantalons très longs, fait pour plisser, ainsi que les manches, plissées elles aussi, comme on le voit sur le manteau. L’influence de l’autrichien Carol Christian Poell est là aussi notable.
Autre signe distinctif, les plis et fronces qui, de nouveau, tempèrent la rigueur de la coupe par quelques touches, locales et ponctuelles, d’asymétrie (intérieur du genou et extérieur de la cheville).

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Luise&Franck
partagent aussi avec les japonais le goût pour un design organique, ainsi que le souci d’adapter le vêtement à la morphologie humaine, pour créer des coupes anatomiques qui épousent naturellement les formes du corps, sans jamais les contraindre.

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Sur cette veste, les deux panneaux qui composent le dos sont ainsi taillés dans le biais du tissu, et donnent cet effet de contraste de lignes. Mais le tissu étant, dans cette orientation, particulièrement extensible, le dos de la veste devient par cette technique d’assemblage étonnamment souple (testé et approuvé par mes soins).

Ce design organique se lit aussi dans le travail des coutures, notamment sur ce pantalon caractéristique du stye de Luise&Franck, assez large en haut, et resserré sur la bas (20 cms), avec une jambe allongée pour plisser.

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Les coutures situées sur l’avant du vêtement se poursuivent ainsi vers l’arrière, créant une continuité à la fois de coupe et de mouvement : la ligne dessinée par la couture de la poche avant se prolonge le long de la poche arrière.

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On notera également la découpe de l’arrière du pantalon, inspirée des Lederhose bavaroises (clin d’oeil de Luise) et coupée pour épouser au plus près le bas du dos (découpe en forme de dune, et pincée).

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Le traitement de poches est également emblématique de leur effort pour adapter le vêtement aux contraintes fonctionnelles du corps : elles sont souvent placées assez basses, à l’endroit où les mains les cherchent naturellement. Elles sont en outre, non pas plaquées, mais légèrement ouvertes, à la fois pour être plus confortables et pour donner à la coupe cette nonchalance, ou mieux, ce « flou » qui contraste avec la structure rigoureuse de la silhouette que nous avons déjà soulignée.

Cette association de la rigueur et du flou, qui n’est paradoxale qu’en apparence, se lit aussi dans certaines combinaisons du lookbook.

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Le formalisme de la veste est ainsi tempéré par le drapé du tee – qui évoque aussi, une nouvelle fois, le travail de plissé qu’affectionnent tout particulièrement les Japonais.

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Cette combinaison se retrouve aussi à l’échelle d’une même pièce, comme dans ce gilet capuche, qui me semble être le vêtement emblématique de cette collection.

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Selon une constante de la collection SS 09, le centre de gravité du gilet est assez bas. Notons aussi la présence, une nouvelle fois, de poches « loose ».

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Lorsque la capuche est rejetée en arrière, dans le dos, le gilet prend sa forme la plus classique. En revanche, lorsqu’elle est portée sur la tête, les revers deviennent plus flous, et aussi plus fluides.

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Notons enfin le jeu des rayures : aux rayures larges, mais discrètes, du gilet font écho les fines rayures de la capuche, orientées en outre selon une direction différente.

Luise&Franck & vous


Luise&Franck
sont distribués en France (Marseille), en Europe (Allemagne et Suisse) et en Asie (Corée du Sud). Malheureusement, aucun magasin parisien ne les diffuse pour l’instant, car Paris est paradoxalement un lieu où les magasins susceptibles de soutenir des jeunes créateurs existent peu, ou prou. Seules les marques reconnues semblent avoir droit de cité…

Les prix qu’ils ont choisis de pratiquer sont très raisonnables, a fortiori quand on connaît leur exigence en matière de tissus (japonais) et des détails/finitions.
Voici quelques exemples :

Pantalon : 200/250 euros
Chemise : 150
Veste : 500
Manteau : 600
GIlet : 200
Salopette : 300
Maille : < 100
Bermuda : 200

La collection FW a déjà été fabriquée et vendue, mais vous pouvez, si vous le souhaitez, passer commande des vêtements de SS 09, qui partiront en fabrication d’ici deux à trois semaines et qui seront disponibles dans deux mois. Pour cela, envoyez un courrier électronique à info@luiseandfranck.com de la part de « Bonne Gueule ».

Les bonus « Bonne Gueule » :

Luise&Franck aiment écouter :
Anthony and the Jonhsons
Devendra Bannhart
CocoRosie
Cold War Kids
David Bowie

Luise&Franck aiment regarder :
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Nobuyoshi Araki

Luise&Franck et moi :
Voici quelques photos portées des vêtements que vous avez pu voir ci-dessus.

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Liens utiles :
Site web : http://www.luiseandfranck.com/
Mail : info@luiseandfranck.com

Merci à Luise et Franck pour leur sympathique accueil et leur disponibilité.
Et à bientôt pour la prochaine collection (FW 09) !


nov 20 2008

H&M – Comme des (gars)cons

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 La collection Comme des garçons de H&M a bien buzzé avant sa sortie : multiples articles dédiés sur les blogs, visuels alléchants, file d’attente au Japon,… Bref, le boulot de l’équipe marketing est remarquable et nous attendions de pied ferme les premières pièces. Seulement, si les marketeurs ont fait ce qu’il fallait, il semblerait bien que les stylistes de CDG aient pris leur mission bien trop à la légère. Continue reading