mar 16 2010

Décryptage : Uniqlo

Contrairement à la croyance populaire, Uniqlo n’est pas qu’un grand flagship japonais installé à Opéra depuis novembre dernier qui vend des pulls col V et autres basiques dans des couleurs rigolotes.

Imaginée en 1984 par Tadashi Yanai et implantée partout dans le monde (Londres, Pékin, New York etc), cette marque japonaise justifie son succès par des produits accessibles, de qualité, innovants et disponibles dans de nombreuses déclinaisons, aussi bien en terme de couleurs que de tailles. Voilà une combinaison d’atouts qu’on ne retrouve pour l’instant pas chez ses concurrents fast retailers d’où le nom de la marque Uniqlo, contraction d’Unique Clothing.
Bref, Uniqlo arrive d’abord en France en décembre 2007 avec l’ouverture d’une boutique de 200m² à La Défense, aux 4 temps. Premier concept à l’ouverture, la ligne de tee shirt UT, ligne aux imprimés manga variés effectués en collaboration avec de nombreux artistes.
Distribués sous forme de capsules, voilà ce que ça donnait:

L’étape suivante a lieu en été 2009: une boutique éphémère est ouverte au marais de juillet à septembre. Elle vend les grands basiques symboliques de la marque (pulls en cachemire, pull en mérinos, jeans) et sert uniquement à promouvoir l’ouverture du flagship d’Opéra.

Elle est appuyée d’août à fin septembre par une seconde boutique éphémère au deuxième étage de la boutique Colette, qui vend elle aussi les classiques de la marque.
Le flagship d’Opéra ouvre ses portes quant à lui le jeudi 1er octobre 2009 et c’est la déferlante immédiate de milliers de clients cherchant un vêtement à leur taille comme si leur survie en dépendait.

Voilà pour la nécessaire piqure de rappel.

Concentrons nous maintenant sur les produits Uniqlo à proprement parler.
Parlons d’abord des jeans, puisqu’Uniqlo a lancé la gamme UJ, classifiée selon 3 critères Fit Fabric and Finish (coupe, matières et finitions): on obtient au final 54 combinaisons possibles dans ces tons de couleurs.

Plusieurs prix possibles: 29 euros pour les jeans basiques, 39 euros pour les jeans basiques et 49 euros pour les jeans selvedge en toile japonaise.
Dans une interview donnée il y a quelques années, un des responsables denim d’Uniqlo compare un jean à un bon vin. Au début, on a une matière brute qu’on travaille ensuite pour arriver à un résultat unique.
Si la matière de départ ne vaut rien, en vin on aura du vinaigre et en jean on aura un délavage cheap et une toile fragile.
C’est pour cette raison que ces fameux jeans à 49 euros sont particulièrement intéressants : fils, rivets, toile et boutons, tout est ici de fabrication japonaise, et en plus de ça ils sont selvedge
Ici, la toile est une toile Kaihara, issue des moulins japonais traditionnels Kaihara en activité depuis 1893, compagnie à la base spécialisée dans la culture des plantes indigo, dont la teinture a d’abord été utilisée pour les kimonos puis le workwear en denim. En bref, Kaihara est un fabricant de denim renommé pour utiliser les techniques de production les plus exigeantes.Le crédo du patron de Kaihara: « Japanese denim is a big industry now. But before Japanese denim, there was Kaihara denim. ».

Les jeans selvedge se reconnaissent grâce à cette étroite lisière blanche, comportant parfois une ligne de couleur (rouge pour les jeans Uniqlo).
Elle indique l’utilisation d’un métier à tisser étroit (29 pouces) et d’un procédé de fabrication plus lent et plus soigné.
En pratique, le tissage est de meilleur qualité et cette lisière empêche la trame de s’effilocher.
Le selvedge en lui même n’assure pas une toile de meilleure qualité. Cela étant, comme sa fabrication est plus exigeante, on utilisera en général de meilleurs matériaux.

En bref, si vous achetez un jean de la gamme UJ, pensez que la plus value est de loin sur le jean brut selvedge à 49 euros que vous pourrez garder des années plutôt sur les jeans à 29 et 39 euros qui pour la plupart proposent des coloris et délavages cheap.

Jean ordinaire d’entrée de gamme, délavage cheap et toile lambda

Jean brut, trame selvedge et toile japonaise.
Un classique à garder des années.

Autre classique, les pulls en laine mérinos et en cachemire, épais et aux finitions irréprochables. Seul bémol: les cachemire Uniqlo boulochent.

Coup de coeur, les chemises en flanelle. Quelques excellentes associations de couleurs mariées à des motifs bien sentis.

Les tee shirt n’ont quant à eux, rien à envier à AA.
Ici, Uniqlo innove avec sa gamme Heattech, dont vous avez déjà sûrement pu voir la publicité.
Déjà distribuée depuis novembre 2008 au store de la Défense, une distribution gratuite avait même été organisée sur le parvis (ainsi qu’à NY, Pékin, etc), animée par des hommes en combinaison argentée.

Le fonctionnement est le même que celui des vêtements en cachemire: votre corps dégage une chaleur naturelle que le vêtement retient
Ces tshirt ont autant de fonctions qu’une combinaison d’astronaute: ils sont doux grâce à des protéines de lait incorporées, stretch, anti statique et anti bactérie.
Ils feront probablement aussi office de gilet pare balle la saison prochaine.
Pour en porter régulièrement, ça tient plus chaud que la normale mais pour autant je m’aventurerais pas à faire comme le mec de la pub.

A moins d’avoir lu l’article en diagonal, vous aurez compris qu’Uniqlo excelle dans les basiques.
Mais Uniqlo, c’est aussi de la création à travers une stratégie poussée de collaborations permettant de mélanger dans ses boutiques luxe et consommation de masse.
La plus connue d’entre elles, c’est la collab Jil Sanders, aussi appelée J+, dont le lancement a coincidé avec l’ouverture du flagship d’Opéra.
Contrairement à une collaboration ordinaire ponctuelle, c’est ici un vrai contrat qui est signé entre Uniqlo et Jil Sanders sur plusieurs saisons.
Comme dans ses collections classiques, son travail ici est sobre, minimaliste et le travail des coupes est minutieux.

J+ a malheureusement fait de l’ombre à une autre collaboration Automne-Hiver 09-10 : celle avec Kimimori Morishita. A l’inverse du travail léché de Jil Sanders, cette collaboration a un côté sauvage et authentique : certains vêtements pourraient presque etres portés par des esquimaux sibériens retirés depuis 10 ans de la civilisation. Les coupes sont amples et les matières comme qui dirait oldschool : on trouve du velours, des mailles épaisses et de la fausse fourrure. Il s’agit ici d’une collaboration ponctuelle pour la saison Automne-Hiver 09-10.

En conclusion, Uniqlo parvient à répondre à des besoins très différents : la marque satisfait à travers ses basiques low-cost une consommation de masse tout en parvenant à attirer une clientèle plus exigeante et plus sensible aux codes du luxe qui sera séduite par le travail de création fournie dans les collaborations, avec en plus une promesse de qualité et d’innovation chère à Uniqlo.
En France, le flagship d’Opéra est blindé de monde chaque samedi et il est pour le chaland parfois difficile ne serait-ce que de faire des essayages.

Article de Khal, pour la liste BDA Kissmyart.fr

Mise à jour du 18 mars 2010 : Geoffrey, de togapicta livre ici un feedback d’un jean Uniqlo selvage intensivement porté.


mar 6 2010

Renhsen

Il y a quelques temps, j’étais tombé sur cette petite griffe complètement par hasard. Etant repassé un an plus tard à la boutique, je me suis aperçu que cette marque méritait largement un article ici.

Renhsen, c’est donc une marque française de jeans, qui s’adresse clairement à des puristes. Leurs jeans en toile japonaise ne présentent pas de fioritures. Ici, on laisse parler la coupe et la toile, point.

Sans surprise, le prix correspond à ce qu’on a l’habitude voir ailleurs pour cette qualité (environ 240 € le jean). Mais on y trouve de très beaux jeans gris (plusieurs coupes disponibles) ou de magnifiques raws avec des reflets métalliques.

A noter : il existe également une ligne bis, rsn by renhsen, qui présente des raws à 70 € (jusqu’à 140 €). C’est clairement un rapport qualité/prix imbattable en matière de jean sur Paris.

Ils conviennent parfaitement aux personnes élancées (ils vont jusqu’au 36 en longueur !). Pour ceux qui se posent la question, oui, les cuisses sont très coupées, ainsi que les fesses. Vous pouvez y aller tranquille.

Renhsen
22, rue Beaurepaire (à deux pas de la Maison Jean-Baptiste !)
75010 Paris


nov 22 2009

Anniversaire de la maison Jean Baptiste

C’est à l’occasion de la réception pour le premier anniversaire de la maison Jean Baptiste, peu après l’ouverture de la boutique en ligne, que nous avons eu l’occasion de mieux vous faire découvrir la sélection et en photo cette fois ci. Continue reading


nov 15 2009

Ouverture de la boutique en ligne RSVP

La boutique RSVP, c’est un peu l’équivalent de notre Colette nationale, mais à Chicago, avec une hype encore plus au sommet puisque ce sont des relations de Kanye West qui l’ont fondée.

Dans ce temple de la hype, on y retrouve sans surprise, dans le prêt-à-porter et objet pop art de luxe, des têtes bien connues, d’autres moins : Mark Newson, Stephen Sprouse, Vintage Levi’s, Jeff Koons, Takashi Murakami, Kaws, Kaikai Kiki, Ambush, Dee & Ricky, Super, PLAY Comme des Garcons, Rizzoli, Original Fake, G-Shock, Incase & Boxed Water…

L’intérieur est dans la veine de ce genre d’endroit, un mélange d’industriel et de pop art.

Ce qui nous intéresse, à nous, c’est la boutique en ligne, où vous trouverez des incontournables telles que les Air Yeezy à plus de 650 dollars, les sneakers Bape en collaboration avec Undercover, ou encore les lego Daft Punk à 1000 dollars pièces.

C’est coloré, parfois inutile, de temps en temps marrant, souvent très cher, mais cette boutique a au moins le mérite d’être un bon trombinoscope de ce qui agite la hype mondiale. C’est au final, un peu comme Colette. On sait qu’on n’y achètera jamais rien, mais on ne peut pas s’empêcher d’y jeter un coup d’oeil.


juil 23 2008

Le SM à Paris (Sur-Mesure)

Bonsoir à tous !

Alors voici un article sur les différentes possibilités qui s’offrent à vous pour s’habiller en sur-mesure à Paris (pour les costumes du moins, les chaussures et chemises seront pour une autre fois).

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juil 20 2008

Pascal VanLef : le dossier

Vous n’avez pas encore remarqué que cette marque nous tient à cœur. Et pourquoi cela ? On va vous l’apprendre tout de suite et ceci juste pour nous prouver que l’on peut servir à quelque chose en vous racontant tout pleins de choses avec même un petit scoop à la fin.

Concrètement on va vous parler d’une marque discrète et confidentielle, que dis-je, d’un créateur discret et confidentiel. Et pas comme les autres, un de ceux qui sublime le corps avec des pièces de qualité à la coupe et aux détails renversants. Elle est pas belle la vie?

Et bien si, je vous le dis, elle l’est.

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août 22 2007

Les boutiques de destockages des marques

De très bonnes affaires sont à réaliser du côté des « stocks » des marques, c’est à dire des magasins de marques qui bradent toute l’année les invendus. Mais invendu est loin de signifier horreur ou rebut et ces magasins peuvent être l’occasion de s’habiller très bien pour pas trop cher.

La plupart des boutiques se situent rue d’Alesia (métro Alesia) , où se côtoient boutiques de marques et destockeurs. On retrouve ainsi les marques Sinequanone, Sonia Rikyel, Daniel Hechter ou encore Chevignon.

STOCK CHEVIGNON
122, rue d’Alésia
75014
PARIS

Cacharel Stock
114 rue d’Alesia
75014 Paris

Daniel hechter
92 rue d’Alésia
75014 Paris

La boutique Cacharel est assez grande mais je n’y ai jamais rien trouvé d’intéressant.

La boutique Chevignon est très intéressante même si le stock n’est pour le moment pas assez souvent renouvelé. Pas la peine d’y aller en ce moment, ils n’ont plus rien. Ils rentreront de nouvelles affaires vers la mi-septembre. Au niveau des prix, c’est 30euros le jean, 80 euros la veste etc…

En vous promenant dans la rue, vous verrez également de nombreuses petites boutiques globalement bien fournies. N’hésitez pas à y faire un tour, la rue ne comporte quasiment que des boutiques de fringues.

Un autre endroit signalé par Damien en commentaire est la boutique de destockage Bill Tornade (métro Chatelet-les-Halles ou Réaumur-Sebastopol:

Destockage Bill Tornade
1 Rue Turbigo,
75001 Paris

Je n’y suis pas encore allé, je posterai un commentaire dessus plus tard. A noter que la boutique Bill Tornade rue des rosiers solde toujours la collection passée à -50%, mais comme vous pouvez vous en douter, il ne reste quasiment plus rien.

Si vous connaissez de bons endroits pour se procurer des vêtements de marque pas trop cher, n’hésiter pas à les poster en commentaire.

 


juil 21 2007

H&M: de l’excellent, du bon et du très mauvais

On me demande régulièrement où j’ai acheté le vêtement que je porte et la réponse qui revient fréquemment est H&M. Pourquoi? Parce que l’on peut y trouver de très bonnes choses pour pas très cher. De la chemise à la veste, on peut s’habiller classe pour pas cher. Attention cependant, il y a au bas mot 95% de choses immondes chez H&M, 4,5% de vêtements coorect et 0,5% de vêtements vraiment très bien. Il est donc impératif d’avoir du goût en allant chez H&M sinon la cata est assurée.

H&M propose de nombreuses catégories de produits de qualité inégale dont voici le détail:

-les chemises : vendues entre 10€ et 30€, on trouve facilement de très bon modèles. Vous avez besoin d’une chemise blanche basique et bien coupée ? Pas de problème, vous trouverez votre bonheur chez H&M aux alentours de 20 euros. Faites attention aux chemises les moins chères, elles sont souvent pas cintrées/pas bien coupées (voir l’article sur Comment choisir sa chemise) . Vous pouvez également trouver des chemises plus élaborées, comme une chemise noire que j’ai acheté il y a 1 an avec de légères stries verticales et parfaitement coupées qui n’a pas pris une ride, mais les modèles stylisés vraiment bien sont rares, je n’en croise en moyenne qu’une lorsque je visite le magasin, et encore pas toujours.
Globalement, la qualité est aussi bonne que celle de Zara, et elles coûtent en moyenne 20 euros de moins. Pourquoi vous priver?

-les vestes : de même, vous pouvez trouver d’excellentes vestes chez H&M, à condition d’y passer du temps et de revenir souvent. Je croise un bon modèle environ tous les trois mois, c’est dire! Les vestes sont vendues entre 40€ et 60€ ce qui est tout à fait honorable au vue de la qualité globale.
Une chose très importante à vérifier : le tissu. Une belle veste chez H&M est une veste dont on n’a pas l’impression qu’elle sort de chez H&M. Il y a en effet un tissu typique qui caractérise H&M, indescriptible mais que beaucoup de gens savent reconnaître. C’est ce qui fait que ça m’a m’arrive régulièrement de croiser quelqu’un dans la rue et de me dire « tiens, ça vient de chez H&M », tout simplement en regardant la tête du tissu, qui fait assez cheap au demeurant.

-Les accessoires : H&M a régulièrement des accessoires très sympas, notamment les chapeaux et autres joyeusetés à mettre sur la tête. Autant leur lunettes font très cheap, de même que leur bijoux et autres babioles, autant leur couvre chefs sont souvent bien. A essayer donc.

-Les boxers et chaussettes: J’en vois parfois qui achète des boxers Calvin Klein ou équivalent archi-cher. Gardez votre argent pour ce qui est important et investissez dans des boxers et chaussettes H&M (noir unie, rien d’autre).

-les pantalons et jeans: Sympa sans plus. Je n’en achète jamais chez H&M car tout le monde en porte et ils n’ont rien d’extraordinaire, mais ils sont globalement de pas trop mauvais goût.

-les tee-shirts: De temps à autre on peut aussi tomber sur un modèle très sympa, mais leur tee-shirts sont souvent vulgaires. De même, je n’en achète quasiment jamais chez eux.

Pour conclure, je trouve que H&M est une très bonne enseigne à condition de venir souvent car le stock est fréquemment renouvelé et d’avoir le discernement nécessaire pour distinguer le grain de l’ivrai. Rassurez vous, en lisant régulièrement ce blog vous devrez y parvenir sans trop de problème ;-)